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Représentations et images de la Vallée de Garonne

L’usage populaire de « Garonne » pour « la Garonne » est généralement interprété comme le signe d’une intimité, d’une proximité particulière entre le fleuve et ceux qui le pratiquent. Ainsi, le renoncement à l’article élève-t-il le fleuve au rang d’une personne et lui donne-t-il une place à part dans les imaginaires. Par ailleurs, les écrivains et les artistes qui se sont relativement peu arrêtés sur les paysages lot-et-garonnais ont fait en revanche de la Garonne un sujet puissant d’inspiration. « Garonne » est partout, dans les livres, dans les peintures, dans les études… et bénéficie de ce fait d’un vaste ensemble de représentations riches et complexes. Si l’imagerie « populaire » ou touristique s’arrête invariablement sur les mêmes motifs depuis plus d’un siècle et offre par là même une vision sans doute réductrice des paysages, d’autres représentations plus discrètes mais néanmoins bien vivantes comme celles de l’observatoire photographique du Val de Garonne ou celles proposées dans le cadre de parcours d’artistes le long du fleuve témoignent aussi de l’existence d’un regard contemporain sur la vallée.
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Le confluent de la Garonne et du Lot, Atlas de Trudaine pour la « Généralité de Bordeaux n° 12. Route de Bordeaux à Toulouse jusqu’à l’extrémité de la généralité », 1745-1780
Archives nationales, CP/F/14/8458

Cette très belle carte du XVIIIe siècle issue de l’Atlas de Trudaine [1] décrit la Garonne à son confluent avec le Lot et la campagne qui l’environne. La beauté du dessin, le soin apporté à la figuration du fleuve, des bois, des vignes, des champs qui l’entourent font de cette carte, par la part d’imaginaire aussi qu’elle inspire, une représentation artistique du paysage.

« Arrals et Gers, rivières lannemezannaises, à gauche, Barguelonne et Séoune, à droite, ces affluents ne valent guère ou ne valent point ; tandis que, sous Agen et Port-Sainte-Marie, qui se chauffent tous deux au midi contre de très hautes et vraiment superbes collines, après la conquête peu brillante du Gers, puis de la Baïs, courants ou plutôt dormants lannemezannais, la Garonne s’empare d’une grande rivière amenée par une vallée très large ; elle annihile le Lot, qu’elle combat au pied du coteau magnifique de Nicole. »

Onésime Reclus, À la France : sites et monuments. Sur la Garonne, Gers, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Touring-club de France, 1903

La Garonne au pied de la ville

Une composition classique

Les peintres, dessinateurs et graveurs des XIXe et XXe siècles associent très souvent la Garonne à la silhouette de la ville. Sauf exceptions [2], le fleuve est montré comme un élément à part entière du paysage urbain qu’il magnifie et rend vivant. Il semble que cela soit un peu moins vrai aujourd’hui, le fleuve dans son cours naturel prenant plus de place dans les représentations.

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Chapuy, Nicolas-Marie-Joseph, Tonneins, XIXe siècle
Bibliothèque nationale de France, Gallica

Occupant le tiers gauche du tableau, la façade bâtie de Tonneins perchée sur le coteau fait face à la Garonne. Au centre, une belle perspective s’ouvre sur la vallée amont barrée à l’horizon par une colline. L’ensemble est cadré et organisé par les lignes des coteaux et des rives. La gabare au premier plan, touche pittoresque, figure aussi la vie qui anime le fleuve.

«  A onze heures et demie du matin nous passons sous le pont suspendu de Tonneins, garni d’une foule de paysannes en cotillons rouges. C’est jour de foire à Tonneins (mot que l’on prononce ici Tonin-ce). Le balcon de fer du jardin public est aussi garni de jupons rouges garance. Cette petite ville, connue pour sa manufacture de tabacs, est bâtie sur l’extrême bord d’un rocher de pierre tendre d’une trentaine de pieds de hauteur. Le bateau s’arrête pour débarquer les voyageurs au pied d’un escalier d’une quarantaine de marches établi dans le rocher. Les maisons ont trois ou quatre étages. La ville s’étend longuement le long de la rivière. Les anciens murs au bord de la rivière ont des assises de briques mêlées à la pierre. La Garonne fait un brusque détour à droite en fuyant le rocher de Tonneins. Peu après, elle reçoit le Lot, fort gros dans ce moment [3]. J’oubliais de dire que les bords de la Loire (sic) portent toutes les traces d’une inondation récente. Les brindilles entraînées par l’eau sont restées attachées aux branches des vernes et des saules à huit pieds au-dessus du niveau actuel, et cependant beaucoup de prairies basses, plantées de saules, sont encore couvertes d’eau. »

Stendhal, le 26 mars 1838, Voyage dans le midi de la France. In : Voyages en France (Pléiade), Gallimard, 1992

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Nicolas-Marie-Joseph Chapuy. A gauche, Agen, à droite, Marmande, XIXe siècle
Bibliothèque nationale de France
Gallica et Gallica

A gauche, Marmande figure presque un port de mer. Les voiliers, les gabarres s’égayent à la surface du fleuve dont l’emprise (presque le tiers de l’image) renforce l’évocation de l’Atlantique qu’il va bientôt rejoindre.
A gauche, Nicolas-Marie-Joseph Chapuy semble, au fil du courant, emmener doucement le spectateur vers la ville. Celle-ci, bien qu’encore assez lointaine, se rapproche sensiblement. Le fleuve est présenté ici dans sa double identité, naturelle et urbaine.

« Une fois rejointe par le Lot, la Garonne serpente vers l’estuaire de la Gironde à travers les coteaux du Marmandais et surtout les cultures maraîchères. Nous voilà au cœur de l’Aquitaine, dans le val de Garonne ! C’est ici la parade de la fraise, de l’asperge, de la tomate. Certes, on distingue quelques serres agricoles qui émaillent le paysage, mais le relief se transforme vite en petites collines incitant à la flânerie à pied ou à vélo, on sillonne « Garonne », comme on dit ici, qu’on aime suivre le temps d’une promenade ou le long de la voie verte qui longe le canal latéral à la Garonne. Plus au sud, dans le secteur de Casteljaloux, pointe déjà la cime de la forêt des Landes. »

Bordelais, Landes, Lot-et-Garonne, (Guide du Routard), Hachette, 2013

Grandes vues depuis les coteaux

D’amont vers l’aval, depuis la rive gauche ou la rive droite, les coteaux offrent de belles vues sur le fleuve, sa vallée et les versants opposés. Selon la hauteur du belvédère, le dessin du fleuve, les perspectives, les cadrages choisis par les peintres [4] ou les photographes, différents caractères de la vallée sont révélés.

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Agen, 1914 ; Clermont-Dessous, sd ; Port-Sainte-Marie, sd, cartes postales anciennes, première moitié du XXe siècle
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 1/271 ; 7 Fi 66/5 et 7 Fi 214/36

A gauche, c’est à partir d’un point de vue situé certainement à Agen sur le coteau de l’Ermitage, autre figure très représenté du paysage urbain agenais, qu’est offert ce large panorama sur le méandre du fleuve et la vaste plaine cultivée en rive gauche. Dans une composition très soignée, l’image met en valeur l’espace agricole de la vallée pratiquement vierge de toute construction mais rendue vivante par des lignes d’arbres très nombreuses.
Au centre, le point de vue situé au-dessus de Clermont-Dessous embrasse dans un large panorama les deux versants de la Garonne, le village et le méandre du fleuve qui se perd à l’arrière-plan. Datée certainement du début du XXe siècle, cette belle photographie de paysage s’appuie sur la silhouette de l’église de Clermont dont la verticalité du clocher fait écho à celle des arbres du premier plan. Comme l’image précédente, elle montre une vallée et des coteaux pratiquement vierges de toute urbanisation.
A droite, à partir de Port-Sainte-Marie, dans une vue plus conventionnelle de coteau à coteau, la plaine cultivée située en rive gauche de la vallée de la Garonne est cadrée et magnifiée au loin par le plateau.

En rive droite, Tonneins et Marmande

En poursuivant vers l’aval, Tonneins et Marmande sont les deux figures urbaines marquantes des représentations de la vallée de la Garonne. Tonneins et son inscription dans un site exceptionnel a été l’objet de maintes peintures, gravures, photographies. A Marmande, le château bénéficie de toutes les attentions. Au-delà des images qui leur sont consacrées, les deux villes proposent également de belles vues sur le fleuve que la carte postale ancienne a bien valorisées [5].

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Tonneins, sd ; Marmande, sd, cartes postales anciennes
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 311/19 et 7 Fi 161/96

Dans l’image de gauche, c’est à partir d’une promenade plantée le long du fleuve que le paysage d’une Garonne « naturelle » est ici appréhendé dans son ampleur derrière le mur qui la sépare du monde urbanisé. Les images disponibles via Internet (Google Street View) montrent que ce paysage est resté pratiquement inchangé depuis.
A partir d’un bâtiment de Marmande, le panorama est construit en deux grands plans successifs : le paysage des toits et des arbres –celui de la ville- puis celui de la Garonne habitée par la figure du grand pont.

En rive gauche, Le Mas-d’Agenais et Meilhan

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Le Mas-d’Agenais ; Meilhan, cartes postales anciennes, première moitié du XXe siècle
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 163/28 et 7 Fi 169/9

Situés en rive gauche de la Garonne, les deux belvédères du Mas-d’Agenais (à gauche) et de Meilhan (à droite) ont retenu l’attention des photographes qui en ont ainsi fait des motifs du paysage au même titre ou presque que le fleuve. Comme dans celle de Tonneins plus haut, l’image du belvédère de Meilhan joue sur l’opposition entre la nature « sauvage » et « indomptée » du fleuve et les aménagements qui l’en protègent mais permettent aussi le contempler.

La Garonne et ses rives

Un motif ancien presqu’oublié

C’était souvent sur les rives que les peintres et les photographes plantaient leurs chevalets ou leurs pieds pour représenter la Garonne et ses coteaux. Dans leurs compositions, les ponts jouaient un rôle important sinon principal.

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Pont de Saint-Pierre de Gobert, près d’Agen, Compagnie du Midi, in : J. Duclos, Prompt, Delon, Aveyron, Tarn, Tarn et Garonne, Lot et Garonne : vues photographiques, Ecole nationale des ponts et chaussées, 1873
Bibliothèque nationale de France, Gallica








Cette photographie dont la composition et la lumière sont remarquables est issue d’un album recensant les ponts du département de Lot-et-Garonne et de quelques-uns de ses voisins. Elle s’inscrit dans la tradition de la photographie de paysage de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Les ponts sont encore aujourd’hui des motifs habituels de l’imagerie paysagère.





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Agen, Les rives de la Garonne, 1913 ; Juzix, vers 1910, Marmande, Les prairies des bords de la Garonne, sd, cartes postales anciennes
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 1/641 ; 7 Fi 119/1 et 7 Fi 161/156

Les rives du fleuve aimables aux promeneurs, aux enfants, aux travailleurs… sont aussi les lieux de prédilection d’où l’on photographie ou peint la rivière. Ces trois images décrivent en limite de la ville une Garonne calme et accueillante bien loin des représentations qui, parallèlement, rendent compte des inondations qu’elle provoque, et de sa dangerosité [6]. Ces images associent la berge au pittoresque des gabarres (image de gauche), du pont (au centre), de la promenade plantée (à droite) dans des compositions soignées.

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Tonneins, 1904 ; Marmande, Le Pont suspendu, 1902 ; Port-Sainte-Marie, Les Bords de la Garonne, sd, cartes postales anciennes
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 311/11 ; 7 Fi 161/34 et 40Fi_97

Les rives du fleuve sont représentées ici sous des aspects moins attendus, en tout cas déconnectés des références urbaines des clichés précédents : des plantations d’arbres (à gauche), un lieu de jeux et de fête (au centre), de pâture (à droite).

Agen

Agen est le site le plus représenté de la Vallée de Garonne en particulier et du Lot-et-Garonne en général. Le pont-canal, les rives du fleuve, la promenade du Gravier, la colline de l’Ermitage sont les sujets plébiscités par des peintres et les photographes. Le catalogue de l’exposition Agen vu par ses peintres [7] qui s’est tenue à l’église des Jacobins en 2013 montre, au-delà des scènes de rues, la présence récurrente de ces motifs repris souvent tels quels par la carte postale ancienne et contemporaine.

Le canal : un sujet pérenne

Le canal de Garonne est l’une des vedettes des cartes postales anciennes et contemporaines dans cette partie du département. A Agen, le monumental pont-canal est depuis sa construction reconnu pour son pittoresque. Mais le canal est aussi représenté dans ses traversées plus modestes, au passage d’une écluse, d’un bateau. Aujourd’hui c’est indiscutablement les randonnées en vélo et la navigation de détente qui suscitent le plus d’images.

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Agen, vue panoramique sur le pont-canal et la plaine de la Garonne, 1912 ; Le pont canal, sd ; Canal et coteau de l’Ermitage, vers 1900, cartes postales anciennes
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 1/248 ; 7 Fi 1/223 ; 40Fi_77

Dans ces trois images du début du XXe siècle, le canal à Agen est le sujet de compositions pittoresques : le pont-canal dont l’exceptionnalité et la quotidienneté (photo aérienne de gauche et du centre) sont mises en scène ; comme composante vivante du paysage au pied du coteau de l’Ermitage (photo de droite). Ce dernier est l’un des sites de la ville d’Agen le plus représenté par la peinture et la carte postale.

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Richard Kalvar, Agen, Pont-canal, 1999 ; J. Damase, Agen, Couple à vélo sur la voie verte sur le Pont-canal d’Agen, photographies
© Richard Kalvar/Magnum Photos-High Res Ready ; © J. Damase

Le cadrage identique de ces deux photos est celui que l’on retrouve sur la plupart des représentations du pont-canal. Il fait du pont une icône du paysage urbain d’Agen.

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Damazan, Bassin du canal, sd ; Le Mas-d’Agenais, Écluse du canal latéral à la Garonne, 1903 ; Meilhan, Le canal et le Tertre, vers 1920, cartes postales anciennes
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 77/38 ; 7 Fi 163/20 ; 7 Fi 169/14

Quand on quitte Agen, les images anciennes du canal privilégient des vues intimes où les écluses, les bassins ou les hommes et les femmes qui s’y détendent et y travaillent tiennent les rôles principaux.

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Canal de Garonne ; Cyclistes au bord du Canal de Garonne à l’écluse de Lagruère, photographies
©CDT47 ; © J. Damase

Aujourd’hui, écluses et chemins de halage sont les principaux sujets des compositions paysagères autour du canal de Garonne, à tel point que leur cadre ne s’ouvre quasiment jamais au-delà de la surface de l’eau. Mais les activités mises en scène ne sont plus que celles du tourisme fluvial et de la randonnée, rendant l’ouvrage quasi-invisible hors des périodes de beau temps et de vacances.

Promenades

« C’est le matin, à l’aube du jour, quand le soleil se lève sur les coteaux, que la Garonne se couvre d’une vapeur satinée, et que ses eaux limpides et frémissantes se plissent au souffle du matin, c’est alors qu’il faudrait arriver dans cette ville encadrée au milieu des coteaux les plus riches et les plus pittoresques et où l’on respire les odeurs aromatiques qui s’exhalent de la plaine. Pays féerique ! ... Voyez ce Gravier qui se présente à vos yeux avec une couronne bientôt séculaire ! »

Stendhal, Voyage dans le midi de la France, Le Divan, Paris 1930

Les promenades plantées qui sont un sujet récurrent des photographies anciennes prennent une valeur supplémentaire quand elles longent un cours d’eau.

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Agen, Promenade du Gravier, vers les années 1940
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 1/845 et 7 Fi 1/905

La promenade du Gravier à Agen aménagée au XVIIe et au XIXe siècle est avec le pont-canal un des sites de la ville et du paysage de la Garonne les plus anciennement représentés. Les arbres, la promenade, la rivière très présente dans l’image de gauche, seulement évoquée dans celle de droite, composent ensemble et dans leur simplicité un paysage urbain d’une harmonie remarquable.

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Port-Sainte-Marie, Promenade du Désert (à gauche) ; Les promenades (au centre) vers 1910 ; Sérignac – Vers le Canal, l’Allée des Maronniers (à droite), sd
Archives départementales de Lot-et-Garonne : 7 Fi 214/47 ; 7 Fi 214/59 et 7 Fi 300/4

Mais leur représentation montre l’importance prise par ces espaces semi-urbains dans les représentations paysagères du début du XXe siècle. A droite, à Sérignac, c’est l’accès au canal qui est mis en valeur par la photographie centrée sur la perspective de l’allée plantée de marronniers qui mène jusqu’au cours d’eau.

Paysages sans Garonne

Si l’on excepte les représentations du centre des villes et des villages, les images de paysages dans le territoire de la Vallée de Garonne dont le fleuve est absent sont rares. Quelques-unes seulement tournent le dos au fleuve ou au canal.

Images d’aujourd’hui

Paysages historicisés : l’observatoire photographique des paysages de l’agglomération Val de Garonne

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Juzix- Les roches mystérieuses
Fiche de l’Observatoire photographique des paysages du Val de Garonne













Au vu des enjeux associés aujourd’hui à la Garonne, notamment en termes de paysages, un observatoire photographique a été mis en place par pour évaluer leur évolution dans le temps. Dans cet exemple de fiche de terrain, le paysage d’aujourd’hui du lieu-dit La Roche mystérieuse à Juzix (photo du bas) est mis en perspective avec celui des années 1910.
L’Observatoire photographique des paysages est ainsi à la fois un producteur d’images historicisées et un révélateur de « représentations sociales » qu’il aide à faire émerger par le recueil de paroles d’habitants.




Paysages historicisés : l’exposition « Gens de Garonne »

« Mais à Couthures-sur-Garonne, les habitants vouent une véritable admiration pour ce fleuve et plus qu’une faiblesse, ils en ont fait une force ! L’histoire de ces Gens de Garonne est racontée et mis en scène dans un espace multi sensoriel où les décors sont mécanisés et le son spatialisé. Toute l’histoire de ces habitants est scénarisée avec effets optiques, jeux de lumière et projection en relief. »

Extrait du site Internet de l’Office de tourisme de Val de Garonne

La Maison de Garonne à Couthures-sur-Garonne propose, en plus d’une exposition permanente multimédia, une série d’activités comme des balades en bateau sur le fleuve. Ce « musée », par sa vocation historique et pédagogique, contribue à révéler les représentations existantes et à en créer de nouvelles.

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Couthures-sur-Garonne, deux représentations contemporaines des paysages
Extraits de l’album photo du site de Gens de Garonne

L’exposition axée sur l’histoire des « gens de Garonne », les ateliers pédagogiques, les randonnées pédestres ou en bateau sont des occasions de découverte des paysages de la Garonne. Ce sont aussi des occasions de mettre en perspective leurs représentations anciennes et contemporaines.

La Garonne, inspiratrice d’artistes contemporains

A l’image du parcours artistique de l’Estuaire à Nantes, l’initiative Arterre a proposé en 2014, le long du canal de Garonne, la « mise en paysage » de 10 œuvres d’artistes contemporains européens ou locaux dont ceux d’étudiants. Cette initiative renouvelle, certes à la marge, la perception des paysages tout en proposant un nouveau regard sur l’art contemporain [8].

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Le parcours Arterre le long du canal de Garonne, édition 2014
Livret du parcours, Val de Garonne, New Landscapes For Sustainability, 2014
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Arterre, édition 2014 : 4 des 10 œuvres ou projets d’œuvres exposés le long du Canal de Garonne
Livret du parcours, Val de Garonne, New Landscapes For Sustainability, 2014

Voiture américaine en attente de teenagers en goguette, cabane faisant le cochon pendu, serpents de sable… les œuvres des plasticiens évoquent, interrogent directement ou de manière décalée notre regard sur le paysage.

[1D’autres planches qui complètent cette série de cartes centrées sur la route de Toulouse à Bordeaux représentent la Garonne en amont et en aval du confluent. Voir en ligne l’ensemble des cartes sur le site des Archives nationales

[2Voir notamment les peintures de la Garonne par Ferdinand David dans le chapitre consacré aux représentations et aux images des paysages à l’échelle départementale, Garonne avant la pluie et Bords de Garonne.

[3Si Stendhal décrit avec une relative précision la ville accrochée à son coteau, sa géographie de la Garonne qu’il nomme par un lapsus la Loire, reste plus approximative. Il semble en effet confondre l’amont et l’aval !

[4Idem note 2, voir Ferdinand David.

[5Voir aussi une autre belle mise en scène d’un belvédère de Tonneins dans le chapitre général consacré aux représentations et images des paysages du département

[6Voir dans le chapitre consacré aux représentations et images des paysages départementaux, les cartes postales de la même époque représentant Agen et la vallée inondés.

[7Voir sur ce site, les peintures sélectionnées dans le cadre de l’exposition et la localisation de leurs sujets dans Agen et ses environs.

[8Arterre est issu d’un projet de coopération européenne « New Landscapes For Sustainability » dont l’ambition est de sensibiliser les citoyens au trio paysages/patrimoine/cours d’eau, au travers de l’art et de la culture. Sous-titré « Le Réseau du Paysage », il fédère quatre territoires : deux en Italie, un en Finlande et un en France, le Pays Val de Garonne Gascogne, représenté par Val de Garonne Agglomération.