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Repères géographiques des Collines de Guyenne

Relief et eau

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Collines de Guyenne carte relief et eau
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Collines de Guyenne bloc-diagramme relief et eau

Un paysage collinaire

Le relief de l’unité est relativement doux. Il forme un moutonnement de collines et de crêtes, incisé par le chevelu d’une multitude de ruisseaux et de ruisselets. Les altitudes sont comprises entre 70 et 180 m. L’ensemble constitue un paysage bosselé semi ouvert, aux crêtes découvertes quand elles sont planes.

Les buttes-repères des pechs

Vers le sud, en direction du Lot, le relief plus nerveux révèle une forte concentration de buttes calcaires (pech). Coiffées d’un bois où site d’implantation d’un village perché, elles constituent autant de points de repère dans le paysage.

Des vallées peu prononcées

Le réseau hydrographique est dense, formé d’affluents du Lot (la Lède) et de la Garonne (le Tolzac, le Petit Tolzac, la Canaule, le Trec, la Gupie). A l’est, la Lède et la Leyze drainent un vaste territoire, formant un relief moins marqué où seuls les pechs s’affirment. A l’ouest et au centre on retrouve une orientation relativement parallèle des cours d’eau.

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Le relief des collines de Guyenne est généralement doux avec des vallées aux pentes douces dont les directions n’orientent que ponctuellement le paysage.
vue sur le vallon du Petit Tolzac, commune de Monbahus

La roche et le sol

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Collines de Guyenne carte géologique

Toute l’entité est constituée de collines douces que l’érosion a tracées dans des molasses oligocènes (g, jaune franc). Les vallées majeures, orientées vers le sud-ouest, rejoignent la Garonne à l’exception d’un secteur, au nord, tourné vers le Dropt. Dans les vallées majeures, le cours d’eau s’est enfoncé et le bas des pentes met à nu les sables argileux éocènes (e2, orangé).
Au nord du Lot, des reliques de la plaque de calcaire miocène (m, jaune pâle) forment autant de buttes témoin qui dominent les alentours et font face à leurs cousines du Pays de Serres. Beaucoup forment de simples crêtes boisées tandis que quelques-unes, parfois de dimensions très réduites, constituent le site d’un village perché emblématique : Monclar, Montflanquin, Montastruc, Castelnau, Monségur…

À l’ouest : des ondulations très douces mais peu fertiles

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La coupe de 10 km se situe au milieu de l’entité. Elle part des crêtes des collines à l’ouest de St Barthélémy, traverse les sables argileux éocènes de la vallée de la Canaule, remonte sur une dorsale de molasses épargnées par l’érosion, redescend derrière Villebramar.
Source : sur fond d’une coupe géologique BRGM

Ces dorsales de molasse forment autant de rides aux versants symétriques. La vie s’est organisée sur la crête, le pli de cette ride structure l’implantation humaine. Un chapelet de fermes s’y aligne sans grande régularité, reliées par une route en belvédère sur les deux côtés à la fois. De nombreux villages dominent ainsi les vallons alentour.
Entre Garonne et Dropt au nord de Marmande, le matériau oligocène change de texture : un premier manteau de sables fluviatiles grossiers et peu fertiles, préfigurant les sables landais, a recouvert tardivement la molasse. L’érosion l’a mis à nu et les sols y sont superficiels, séchants. Ces collines boisées, souvent appelées le « Pays aux bois », ont été souvent rattachées dans l’histoire au Bazadais, pays de collines boisées et porte des Landes. Ce secteur est resté quasi désertique jusqu’à sa mise en culture aux XVe et XVI ème siècles par les Gavaches, des colons venus de Vendée. Ils s’accommodèrent de ces collines libres, mais guère plus fertiles que celles de leur Vendée d’origine.

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La vallée de la Canaule sous St-Barthélémy-d’Agenais, vue vers le nord ouest.
Source : fond géologique BRGM et visualiseur Google earth.

Ici les versants se rejoignent, l’érosion ayant effacé les reliques du plateau : en arrivant en haut de la montée, on ne débouche plus sur un replat mais on bascule directement vers le versant de la vallée suivante.
Un chevelu dense de vallons secondaires sinueux ondule les flancs de ces dorsales de molasses de l’Agenais (rose). Les crêtes, cultivées, offrent des lignes d’horizon graphiques, ondulantes et épurées, sur lesquelles se détachent une ferme, un bosquet.
Dans sa vallée, le ruisseau de la Canaule a mis à nu les argiles éocènes (beige).
Ce relief reste modeste et sa structure reste souvent peu lisible. Elle redevient très perceptible quand elle est soulignée par un village en éperon ou en belvédère : Laperche, Montignac, etc.
Le réseau routier trace relativement droit, jouant à saute-mouton en parcourant le pli des crêtes ou au contraire, en traçant droit à travers ces collines douces.

À l’est : des collines plus marquées, de bons sols argilocalcaires et des buttes repère

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La coupe de 11 km se situe au centre-est de l’entité. Elle démarre à l’ouest du Moulinet, monte sur les collines de molasse acide à silex, redescend sur les argiles éocènes jusqu’à Boudy-de-Beauregard, remonte sur les collines fertiles. Elle franchit trois vallées encaissées dans le calcaire de Castillon.
Source : fond d’une coupe géologique BRGM

En allant vers l’est, le calcaire de Castillon apparaît dans le plancher des molasses oligocènes et en conséquence, le relief s’affirme ; les routes s’orientent nettement parallèlement aux vallées : soit en parcourant les crêtes, soit en longeant le cours d’eau, ondulant à flanc de vallon pour franchir les multiples ruisseaux secondaires.
Les boulbènes de plateau, issus des dépôts de limons, recouvrent les replats des molasses de l’Oligocène.
Ces limons ont une texture fragile qui est de plus en plus menacée par la baisse des taux d’humus. La terre devient d’autant plus battante sous la pluie, compacte en conditions sèches. Etant donné que les rotations pratiquées couvrent peu le sol en hiver, l’une des solutions est d’implanter après la récolte des blés une culture couvre-sol.
En l’absence de ce manteau de limon, les terres du département sont plutôt lourdes, de type terreforts, et relativement fertiles chimiquement.
La plupart des longues pentes douces au pied des collines sont des terreforts. Le sol y repose directement sur une argile, une marne. Ces terres fertiles mais lourdes, sur les flancs des collines, n’ont été mises en culture que progressivement.
La présence d’argile se repère aujourd’hui aussi au semis de petits lacs collinaires car ces collines sont parcourues de ruisseaux -contrairement au calcaire- le sol étant naturellement imperméable, il est aisé d’y façonner une digue pour barrer une ondulation du relief.

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Les molasses des collines vers Monflanquin (butte à gauche), vue vers l’ouest.
Source : fond géologique BRGM et visualiseur Google earth.

La vallée de la Lède contourne la butte de Montflanquin coiffée d’un reliquat de calcaire blanc miocène (jaune) épargné par l’érosion. Il est flanqué sur un reste d’assise de molasses oligocènes couverte de vergers.
Le plateau céréalier au 1er plan repose sur la plaque du calcaire de Castillon (violet clair).
La Lède et ses alluvions (gris) ont percé cette plaque et s’enfoncent dans les molasses éocènes (violet foncé) propices à des lacs collinaires, couvertes en été d’un manteau de maïs irrigué.
La rupture de pente, qui correspond à la base du calcaire, est marquée très précisément par une ligne de bois maigres qui masque probablement une ligne de sources.
Ces buttes sont reliques de plaque calcaire. Certaines sont boisées, mais les plus emblématiques sont celles qui portent un village perché qui forme un repère à des dizaines de kilomètres à la ronde : Monflanquin, Monclar. A Monségur, c’est le grès sableux à huîtres du Calcaire à astéries (g2G) qui supporte les murs d’enceinte.
Le long de la vallée du Lot, cette relique s’allonge parfois sur quelques kilomètres, offrant une belle ligne de crête en belvédère sur les collines de part et d’autre. Le sol y est plus ou moins enrichi de limons.

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La butte de Monflanquin est une relique de la plaque de calcaire blanc miocène épargnée par l’érosion. Elle est flanquée sur un reste d’assise de molasses oligocènes couverte de vergers.

Agriculture

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Collines de Guyenne carte agriculture
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Collines de Guyenne bloc-diagramme agriculture

Une terre de cultures

Cette entité est caractérisée par un terroir formé par « une terre lourde et difficile », le terrefort.
Sol argileux formé sur des marnes ou des molasses décomposées, le terrefort exige des efforts de mise en valeur culturale. La présence de molasses, sur ce type de sol, détermine le meilleur substrat pour les cultures, car elle est source de minéraux. Selon que les marnes ou les molasses dominent dans le sol, celui-ci sera diversement utilisé. Ceci est à l’origine de la mise en valeur diversifiée de ce terroir : les terreforts produisent du blé, des prairies artificielles, des cultures maraîchères, des kiwis, des pruniers d’Ente…et pour les sols plus favorables, des oléagineux (maïs et soja), du tabac, des pêchers. La vigne y est rare. Selon les secteurs de culture, la trame parcellaire est large (céréaliculture, oléagineux, vergers) ou réduite (tabac, prairies).

De nombreux vergers

Les vergers se sont développés sur les pentes des petites vallées. Prunes d’Ente et noisetiers constituent la trame principale des vergers qui s’imbriquent avec les champs cultivés en fond de vallon. Ils ont complétés par quelques parcelles de pommiers, pêchers et de kiwis.

L’élevage encore bien présent

Élevage et cultures fourragères sont des activités répandues dans les collines de Guyenne. Les surfaces toujours en herbe y sont répandues et donnant lieu à une exploitation sous forme de foin, complétée par des cultures fourragères. Ceci explique l’existence d’un important troupeau de bovins, tant pour la production de viande que de lait. L’élevage bovin et les cultures ont nécessité la création de haies limitant les parcelles répandues sur les pentes des coteaux, alors que les bas-fonds non-utilisés à cause de leur compacité étaient laissés ouverts en prairies permanentes.

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Grandes cultures, prairies, vergers se répartissent selon que les marnes ou les molasses dominent dans le sol
Hameau de Cap-de-Fer, commune de Villebramar

Forêt

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Collines de Guyenne carte forêt
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Collines de Guyenne bloc-diagramme arbre

De petits bois feuillus

La forêt, entièrement privée et très morcelée, est constituée de petits bois sur les versants les plus raides ou au sommet des pechs, sur des versants nord ou sur les sols plus ingrats. Si l’on excepte les reboisements en pin maritime dans le bois de Verteuil et quelques plantations de pin noir ou de pin sylvestre sur les rendzines, il s’agit de peuplements feuillus à dominante de chênes (chêne pédoncule, chêne rouvre, chêne pubescent) qui ont une structure de taillis sous futaie le plus souvent.
Les ripisylves, les haies et les sujets isolés complètent les bois et bosquets, formant une ossature végétale très présente.

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De petits bois feuillus occupent les sols ingrats ou les pentes fortes des collines.
Au premier plan le Bois du Pic, à Verteuil-d’Agenais

Urbanisme

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Collines de Guyenne carte urbanisation
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Collines de Guyenne bloc-diagramme urbanisation

D’une manière générale, ce territoire est relativement peu habité. Seules trois communes dépassent les 1000 habitants. Il s’agit de Monflanquin et Cancon, accueillant respectivement 2300 et 1300 habitants et de Seyches atteignant 1000 habitants, implanté sur la RD933 reliant Marmande à Miramont-de-Guyenne.

Des villages implantés en hauteur

La plupart des villages des Collines de Guyenne sont implantés en hauteur (Cancon, Beaugas, Monclar, Castelneau-de-Gratecambe…), reliés par des routes de crêtes offrant de belles vues panoramiques. Parmi eux les villages implantés sur des pechs et des buttes se distinguent par leur position perchée et isolée qui les met en évidence dans le paysage. C’est le cas bien évidement de Monflanquin qui constitue un repère sur un très large territoire, mais également de Monbahus, Monségur, Montastruc, St-Pastour, Toutrès…
Quelques rares bourgs et villages sont implantés en vallée : Seyches, Lédat, la Sauvetat-sur-Lède, Verteuil-d’Agenais…

Des axes routiers importants

Les Collines de Guyenne sont traversées par plusieurs axes routiers importants reliant les grandes villes situées à sa périphérie. Deux axes nord-sud sensiblement parallèles le traversent : la RN21 reliant Villeneuve-sur-Lot à Bergerac et passant par Cancon, et la RD676 reliant Villeneuve-sur-Lot à Villeréal par Monflanquin. La RD 933 relie Marmande à Bergerac en passant par Seyches. Enfin, la RD124 reliant Fumel à Marmande, traverse les Collines de Guyenne selon un axe est-ouest qui dessert Monflanquin, Cancon et Monbahus. Les bourgs principaux se retrouvent ainsi souvent au cœur d’une étoile routière : Monflanquin, Cancon, Seyches et Monbahus.

Des fermes isolées dispersées

Dans ce territoire très rural, les hameaux et fermes isolées sont dispersés sur tout le territoire. Evitant les situations en crête, les fermes sont la plupart du temps implantées juste en dessous, sur le versant, desservies par une route ou un chemin en cul de sac. Cet habitat dispersé est complété par des constructions récentes d’habitations, notamment dans les secteurs en périphérie des agglomérations limitrophes de Marmande et Villeneuve-sur-Lot.

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De nombreux villages implantés sur des pechs, comme ici Monflanquin, constituent des repères dominant un très large territoire

Patrimoine

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Collines de Guyenne carte patrimoine

Site et patrimoine bâti

Les bourgs perchés concentrent une bonne partie des protections patrimoniales des Collines de Guyenne.

Bastides : Monclar-d’Agenais, Saint-Pastour, Monflanquin, Lévignac, Artus (non aboutie), Mauvezin-sur-Gupie, Castelnau-sur-Gupie, Montauriol, HautesVignes, Castelnau-de-Gratecambe.

Châteaux : de Lauzun, du Rodier, du Balet

Grand paysage : site inscrit de Saint-Pastour, comprenant la bastide et son environnement agricole ; site inscrit de Tourtrès autour du village et de son pech.

Patrimoine naturel

Znieff de type 1 et 2 : de nombreuses Znieff couvrent des pelouses calcicoles sèches, des landes à genévriers et des bois de chênes thermophiles des pentes des reliefs calcaires. D’autres couvrent des bois et des prairies humides de fond de vallée.

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Collines de Guyenne carte SRCE

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique Aquitaine met évidence les éléments suivants :
- Réservoirs de biodiversité : milieux humides du bassin de la Lède, boisements de feuillus et forêts mixtes
- Corridors : Boisements de feuillus et forêts mixtes, pelouses sèches

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Site inscrit de Tourtrès autour du village et de son pech