Contenu

Portrait des Collines de Guyenne

JPEG - 707.3 ko
Les collines de Guyenne présentent un paysage au relief doux, ponctué de buttes calcaires où se sont réfugiés les villages. Montastruc

LIMITES

JPEG - 1.9 Mo
Collines de Guyenne carte unité et limites

Au nord

La limite nord des Collines de Guyenne est toute en transition. La ligne de partage des eaux passe par une large crête qui marque le basculement vers la vallée du Dropt.

A l’est

Le relief s’affirme et se boise marquant un passage net vers le Val Lémance, plus intime.

Au sud

Les collines et les vallons se poursuivent sans rupture dans le département de la Gironde dans l’unité de l’Entre-deux Mers.

A l’ouest

Les coteaux des deux vallées de la Garonne et du Lot marquent la fin des collines de Guyenne. Le passage à ces grands couloirs de vallée est très net.

PORTRAIT SENSIBLE

Transition au nord et à l’ouest, rupture au sud et à l’est

JPEG - 545.6 ko
Le basculement vers la vallée du Dropt s’effectue par une ample crête. Caubon-St-Sauveur

Les collines de Guyenne s’étendent sur toute la largeur du département. Elles séparent la vallée peu marquée du Dropt des couloirs affirmés de la Garonne et du Lot. Le passage à la vallée du Dropt en venant du sud est tout en transition, soit par une large crête (partie aval), soit par un amenuisement du relief (partie amont). Une fois la limite du bassin versant atteinte, le paysage bascule vers le Dropt dont la vallée donne tout de même une certaine orientation. Au sud la rupture est franche. Une fois le bord du coteau atteint, les larges couloirs en creux des vallées du Lot et de la Garonne apparaissent avec force. Leur fond plat et la marche du coteau constituent de vastes ensembles qui orientent les vues. De très larges panoramas en donnent toute l’ampleur. Le contraste avec les collines de Guyenne s’impose avec ce basculement dans un paysage très lisible.

Un paysage ondulé, collinaire, très variable

JPEG - 861.7 ko
Un paysage de collines aux ondulations modulées. Panorama depuisTourtrès

Les collines de Guyenne forment un ensemble de collines, de buttes et de vallons, affluents majoritairement du Lot et de la Garonne. Les perceptions et les échelles de ce paysage sont très variables et changent continuellement. Le relief prend tour à tour du caractère ou s’étale plus mollement. Quand il s’affirme, rien d’extrême cependant, les coteaux deviennent plus pentus et les crêtes plus tranchées sont alors souvent boisées. Sinon les collines se déplient pour former d’amples ondulations. Les amplitudes de relief avoisinent les cent mètres. Le regard rebondit souvent sur ces reliefs successifs jusqu’à l’horizon. Les crêtes s’élargissent ou sont parfois plus restreintes. Elles présentent une alternance de boisements ou de cultures qui modulent les vues lointaines et forment les horizons. Depuis les hauts, de larges panoramas s’offrent ainsi au gré des déplacements. De nombreuses routes de crêtes permettent une découverte privilégiée, donnant à voir l’étendue de ces moutonnements.

Des vallées évasées et des fonds intimes

JPEG - 1006.7 ko
Les nombreuses vallées, au profil souvent très évasé, n’imposent que rarement des directions très lisibles dans le paysage. Lachapelle

Tout un réseau de vallons et de petites vallées, dont les cours d’eau coulent en direction de la Garonne et du Lot animent les étendues collinaires. Mais force est de constater qu’ils n’impriment pas de lignes de force importantes dans le paysage. La direction des vallées apparaît parfois sur certaines sections mais de façon mesurée ou avec une certaine douceur. Les coteaux sont étendus mais ténus s’étalant en pente douce (vallée du Tolzac ou de la Lède) compte tenu de leur évasement. D’autres vallées offrent un petit couloir fractionné (vallée de la Gupie) aux coteaux peu élevés. La répétition de ces creux dans des multiples directions participe également à brouiller l’orientation des vallées, même si par endroits depuis une crête, le tracé d’un vallon apparaît clairement. Ces coteaux souvent peu marqués et ces profils évasés, insuffisants pour marquer très nettement des couloirs, donnent parfois la perception d’une « cuvette ». Depuis les fonds l’horizon se limite aux crêtes environnantes, recentrant l’attention vers une ambiance plus intime modulée par la végétation (ripisylve, rideaux ou haies). Les cours d’eau très nombreux, restent discrets, n’apparaissant qu’au moment de leur traversée.

Le jeu de l’arbre et des cultures

JPEG - 1.2 Mo
L’arbre est encore bien présent dans le paysage sous des formes diverses : haies, bosquets, bois et vergers. Hautesvignes

Malgré l’agrandissement des parcelles, l’arbre offre encore une certaine présence au sein des collines. Les boisements occupent les endroits moins facilement valorisables comme certaines pentes et crêtes. Des plantations, boisements ou peupliers, s’intercalent avec les cultures ou colonisent les fonds de vallons plus étroits. Les haies sont encore bien présentes sur certains secteurs (Montbahus). Les ripisylves, parfois accompagnées de cordons boisés marquent le passage de cours d’eau. Dans un autre registre le développement des vergers aux rangs bien ordonnés décline des graphismes variés, plus denses et compacts avec les noisetiers. L’arbre sous de nombreuses formes, mais dont la présence est fragmentée ou s’amenuise, joue donc encore un rôle non négligeable dans la composition du paysage. Cette diversité s’illustre par des ponctuations (bosquets), des points de mire (arbre isolé), des masses formant des petites nappes modulant les vues ou contrastant avec les cultures, des lignes séparant les champs (haies). Cette présence de l’arbre est mise en exergue par l’étendue des parcelles cultivés ou des prairies. Celles-ci s’étendent de plus en plus, épousant et révélant les formes douces du relief, unifiant les étendues par endroits quand la présence de l’arbre se fait moindre.

Pechs et villages, éléments phares du paysage

JPEG - 900.2 ko
Le village-butte de Monflanquin forme une silhouette reconnaissable à des kilomètres à la ronde. Monflanquin

Au sein de ce paysage amplement ondulé, émergent des buttes repères, les pechs. Souvent coiffés d’un chapeau boisé ils affirment leur présence en se détachant sur l’horizon, se démarquant du reste des collines et des vallons. Le contraste est étonnant et fort, emprunt d’une certaine magnificence, comme si ils trônaient en dominant les environs. Ces reliefs ponctuent les collines de Guyenne et en constituent une des caractéristiques majeures, presque un symbole. Ces pechs portent tous un nom. Ils ponctuent les vues, constituent des repères et des points de mire incontournables. Certains reliefs plus tranchés, souvent boisés, forment également localement des crêtes remarquées. Bon nombre de villages ont établi leur fondation sur ces buttes, témoignage d’une position stratégique de défense. Leur présence exacerbe encore plus la singularité de ces reliefs. Leur silhouette très visible de loin pour certains, règne sur un grand territoire. Ils forment autant de points d’appel qui donnent une tonalité unique dans le Lot-et-Garonne.

JPEG - 1.1 Mo
Collines de Guyenne bloc-diagramme paysager
JPEG - 1.3 Mo
Collines de Guyenne carte unité légendée


SOUS-UNITES

Sous unité : Monflanquin et la vallée de la Lède

JPEG - 410.1 ko
Un adoucissement des collines

Autour de Monflanquin et jusqu’aux reliefs plus prononcés en bordure de la vallée du Lot, s’étend une tonalité paysagère différente du reste des Collines de Guyenne. Les collines s’adoucissent vraiment, prenant presque par endroits des allures de petits plateaux. Les ondulations sont plus étendues et moins hautes. La vallée de la Lède forme un vaste arc de cercle au-delà de laquelle les reliefs reprennent de la vigueur au nord et à l’ouest. Cette vallée en elle-même reste peu prononcée jusqu’à la confluence avec la Leyze. Ce qui frappe ce sont les reliefs des pechs au loin, que la « platitude » relative du relief met particulièrement en exergue. Ils se détachent et ponctuent l’horizon formant un contraste qui s’impose. Les silhouettes bâties de Monflanquin et Monségur, sur des buttes isolées, constituent des lieux particulièrement remarqués formant des points d’appels.

Monflanquin, cité rayonnante

Monflanquin s’est installée sur un pech isolé au sein de cet ensemble faiblement ondulé ce qui lui donne cette importance. Cette butte bâtie ressort particulièrement dans le paysage par sa situation isolée. C’est un point de mire et un repère incontournable à des kilomètres à la ronde, bien que ce pech ne constitue pas le point le plus haut des Collines de Guyenne. On reste souvent étonné de pouvoir percevoir la silhouette de Monflanquin de loin, en se demandant si c’est bien lui. Ce rayonnement constitue l’un des atouts de ce village. La densité des habitations du village ancien, telle un chapeau sur le pech, contraste fortement avec l’étendue des champs à ses pieds. Il en est de même avec l’intérieur de la cité dont se dégage une atmosphère intime au fil des ruelles étroites offrant à leur extrémité des fenêtres sur les collines. Depuis le village tout un jeu de panoramas étendus couvre les alentours, mettant particulièrement en valeur la présence des pechs. Les vues portent loin, laissant même découvrir le château de Biron.

Sous unité : La Guyenne Marmandaise

JPEG - 638.7 ko
Des limites variées qui cadrent un paysage homogène

La vallée de la Canaule marque le passage aux vallées et collines de la Guyenne Marmandaise. Le coteau est se dresse avec plus de force et d’altitude que le coteau ouest. Cela est particulièrement sensible vers Hautes-Vignes qui offre de larges vues en belvédère sur toute la Guyenne Mamandaise vers l’ouest. Au nord c’est la large ligne de crête arrondie qui marque le basculement dans la vallée du Dropt. Au sud ce sont les coteaux sur la Garonne qui marquent le basculement vers son immense fond plat et sa terrasse sur laquelle repose Marmande. Ces limites participent ainsi grandement à définir ce paysage qui s’étend mollement. Le passage à l’ouest vers les collines de la Réole et à la vallée du Dropt est accompagné de boisements plus importants. Les vignes ou les vergers, bien que présent par petites touches au sein des collines annoncent plus particulièrement la vallée de la Garonne.

Un paysage de collines et de vallées étirées

L’ondulation du relief est plus ténue que dans le reste des Collines de Guyenne. Le paysage est structuré par plusieurs vallées parallèles prenant leur source au niveau de la large crête avec le Dropt et confluant à l’autre bout avec la Garonne. Elles forment des petits couloirs à fond plat peu profond. Leurs coteaux ont localement des pentes bien marquées mais la faible amplitude du relief et le profil évasé ne leur donne que peu de force. De plus la présence de nombreux vallons affluents participe à ne pas donner aux reliefs de direction prépondérante. Des prairies et des ambiances plus intimes accompagnent les cours d’eau, signalé par leurs ripisylve. Quelques routes empruntent les fonds de vallées offrant des perceptions fragmentées par la végétation. De larges crêtes offrent des vues étendues, les grandes cultures y dominant, ne laissant que peu de boisements. D’autres routes offrent depuis ces crêtes des vues plus étendues en belvédère. Les villages se sont implantés sur les hauts et les pentes de coteaux. Escassefort y offre le point culminant à 138 mètres. Au sud, une urbanisation plus récente s’est développée le long des axes sur les crêtes sous l’influence de la proximité de l’agglomération marmandaise.


LES PAYSAGES URBAINS

Traversant les collines de Guyenne, chacun pourra repérer l’un ou l’autre de ces pechs coiffés par un village serré sur son promontoire, composant dans ce paysage vallonné des motifs caractéristiques. Personne n’échappe au fil de son trajet routier, aux silhouettes emblématiques de Monflanquin, de Saint-Pastour, de Monclar, de Tourtrès, de Puymiclan qui jalonnent le territoire. Les trois premières présentent la particularité d’être également des bastides médiévales.
Pour autant, les collines de Guyenne comprennent bien d’autres situations urbaines perchées. Dans plusieurs cas, le point culminant relativement étroit était réservé au château, le village s’est implanté en contrebas, s’enroulant en quelque sorte autour du relief. Dans la plupart de ces bourgs ou villages, la forteresse a disparu, ce qui limite l’effet de silhouette, mais offre au promeneur qui gravit la colline des vues spectaculaires à 360°. C’est le cas par exemple de Cancon, de Monbahus, de Tombebœuf. D’autres villages perchés occupent soit de légères crêtes soit des proues de relief. Ces situations topographiques façonnent des silhouettes bâties également particulières, mais moins identifiables en vues lointaines parce qu’elles se détachent peu des reliefs avoisinants. C’est le cas, par exemple de Castelnaud-de-Gratecambe dont le cœur ancien se serre sur un relief contraint entre deux têtes de vallons ou bien de Grateloup qui occupe une légère éminence sur une crête étirée. Dans toutes ces situations, le village offre des vues étendues sur la campagne alentour.

JPEG - 585.2 ko
A gauche : Verteuil construit autour de son château, dans la vallée du petit Toulzac. Au centre : Seules quelques maisons se serrent autour de l’église dont le clocher altier sert de repère. Laperche. A droite : Maisons mitoyennes à deux ou trois niveaux, façades enduites animées par les balcons en serrurerie et les enseignes des commerces. Seyches

Les implantations dans les vallées sont par contre peu nombreuses. La vallée de la Lède dont le parcours s’étire, formant une ample boucle autour de la bastide de Monflanquin n’accueille que les villages de la Sauvetat et du Lédat avant de rejoindre Casseneuil dans la vallée du Lot. Plus à l’ouest, Seyches occupe les bas de pente, en rive droite de la vallée du Manet, tandis que Gontaud-de-Nogaret, en lisière de la vallée de Garonne s’est développé de part et d’autre du ruisseau de La Canaule. Dans la vallée de la Gupie, malgré leur nom, les villages sont sur les reliefs comme Mauvezin-sur-Gupie, Castelnau-sur-Gupie, seul Lagupie est dans la vallée. Il est intéressant de noter une sorte de paradoxe dans certains bourgs et villages considérés de bas de pente qui finalement occupent une petite éminence entre des ruisseaux qui leur confèrent une silhouette “pointue” et des rues en pente bien marquée. C’est le cas par exemple de Verteuil-d’Agenais ou de Saint-Barthélémy.

JPEG - 1.2 Mo
Un des rares moulins conservés et remontés ; ici un des trois moulins de Tourtrès

Une dernière caractéristique des collines de Guyenne à signaler est le nombre de tout petits villages comprenant quelques maisons autour de l’église, le reste des habitants se répartissant dans les hameaux et les fermes alentour, comme Brugnac, Coulx, Moulinet, Monviel...
Cette unité, tout comme le reste du département recèle un patrimoine bâti de qualité. Outre le patrimoine médiéval des bastides, il existe plusieurs châteaux dont certains ont conservé de beaux parcs qui préservent leur discrétion. Le patrimoine rural comprend également de nombreux moulins à vents qui profitaient de la situation favorable des pechs. Par contre, le régime irrégulier des cours d’eau n’a pas favorisé le développement des moulins à eaux excepté sur le Tolzac. L’habitat dispersé est important et les corps de ferme constituent encore de beaux ensembles bâtis.

Les pechs habités

JPEG - 697.6 ko
Les pechs habités
La place des Arcades marque une pente forte, excepté au centre où le sol est retenu par des emmarchements, à l’emplacement de l’ancienne halle. Monflanquin.
La pente abrupte dégage des vues sur le paysage alentour depuis les rues, mêm si elle impose de traiter les terrasses des restaurants et des cafés sous forme de platelage en bois sur pilotis. Monflanquin.
Le Tour de ville un belvédère sur les paysages environnant et les extensions récentes du bourg. Monflanquin.
JPEG - 700.8 ko
Monflanquin forme urbaine et paysage
Monflanquin est une bastide emblématique du département du fait de sa silhouette caractéristique qui se repère des kilomètres à la ronde. Son originalité tient à la mise en œuvre de la trame urbaine géométrique sur un relief prononcé, sans déroger au plan directeur, si bien que les rues accusent une pente forte à laquelle les maisons s’adaptent seuil après seuil. Un autre élément singulier de cette bastide est sa place en forte pente, avec en mémoire de la halle disparue, une plate-forme centrale en “creux” sur laquelle se tient le marché. Monflanquin a connu un fort développement qui a colonisé les versants sud du pech.
Dans les collines de Guyenne, notamment dans sa partie est, plusieurs bourgs occupent le haut d’un pech, coiffant le relief naturel de leurs maisons villageoises serrées les unes contre les autres.
En effet, plusieurs de ces bourgs sont des bastides dont une des caractéristiques est la densité bâtie. Les maisons sont mitoyennes et présentent 2 à 3 niveaux ; ainsi, ce modèle d’urbanisme mis en place au moyen-âge fabrique des paysages « urbains » même dans des villages de taille modeste. Les jardins sont peu visibles, relégués en cœur d’îlot ou bien en périphérie, comme à l’origine dans les bastides. Mais cette absence de « verdure » dans le tissu bâti est compensée par des relations visuelles au grand paysage, soit dans l’axe des rues soit depuis le bâti, qui met la campagne en toile de fond. Saint-Pastour qui était protégé par un front de rempart, dispose d’un chemin de ronde qui permet de profiter de ces vues étendues sur tout le pourtour.

Des villages au pied de châteaux disparus

JPEG - 604.1 ko
Des villages au pied de châteaux disparus
A gauche : Même si le château a succombé aux assauts, il reste la vue imprenable offerte à tout un chacun. Cancon.
Au centre : depuis les vestiges du château, vue sur les toitures en pied de butte. Cancon
A droite : Les maisons à pans de bois en contrebas de la butte du château. Cancon
JPEG - 573.3 ko
Cancon forme urbaine et paysage
Cancon a conservé un ensemble remarquable de maisons à pans de bois, protégées en site. A la suite de l’écroulement de l’une d’elle construite sur le rempart, la mairie s’est engagée dans un projet ambitieux de restauration et d’intervention architecturale contemporaine. La maison restaurée abrite désormais la médiathèque. Depuis le haut de la butte, la trame des vergers déroulée sur les doux vallonnements compose un paysage emblématique. Le bourg s’est étiré sur plusieurs kilomètres le long de la RN21 et de la RD124.
Ces villages qui ont perdu leur château sont assez caractéristiques des Collines de Guyenne. Au premier abord, ils se présentent comme un village-rue bordé de hautes maisons mitoyennes, un centre urbain sans épaisseur ou presque, que viennent compenser des faubourgs étirés ou des quartiers périphériques qui se développent sur des replats. La vigueur des pentes et la hauteur des maisons ne laissent pas deviner le relief contre lequel ils semblent s’enrouler. Que ce soit à Monbahus ou à Cancon, la présence du tertre n’est pas évidente à deviner, sauf si, en vues lointaines, selon son itinéraire, on a pu percevoir le haut de la butte. Il faut s’aventurer dans les ruelles adjacentes, pour découvrir d’en haut les toitures serrées du village et la campagne agricole environnante.

Une architecture villageoise éclectique

JPEG - 661.5 ko
Une architecture villageoise éclectique
A gauche : Trois maisons, trois architectures : ancienne maison à pan de bois ayant conservé son large avant-toit, maison en pierre avec toiture à la mansard, architecture XIXe en pierre de taille, avec une modénature néo-renaissance, colonnes cannelées et pilastres engagés. Saint-Barthélémy.
Au centre : Maisons mitoyennes, assez hautes, à deux ou trois niveaux, façades traditionnellement enduites, qui donnent un caractère “urbain” même aux villages de taille modeste. Grateloup.
A droite : petite fantaisie humoristique, médaillon en bas relief, maison de ville. Verteuil-d’Agenais.

Si la situation dans le paysage caractérise en premier lieu ces bourgs et ces villages, un autre point s’impose au regard dès que l’on arpente les rues. Ces formes urbaines qui sont souvent très tenues, soit par un plan directeur comme les bastides, soit par le relief, sont composées par un tissu bâti disparate. La densité et la force des formes urbaines estompent, de prime abord, cette grande diversité, voir cette hétérogénéité. Par exemple, plusieurs villages conservent des maisons à pans de bois avec du torchis qui voisinent avec des façades du XIXe très hautes, à deux ou trois niveaux arborant des moulures et des décors en pierre de taille, avec intercalées des façades en pierre témoignant d’un autre vocabulaire architectural. Ces contrastes d’architecture sont surprenants, comme si, des périodes fastes couplées avec un vent de modernité avaient stimulé de nouveaux projets, qui s’arrêtaient à quelques parcelles, sans pour autant entamer la logique générale. Les façades XIXe sont plus nombreuses sur les faubourgs qui se développent le long des rues mais elles sont venues aussi se surimposer en cœur de village sur des maisons plus anciennes.

L’architecture rurale, entre grands volumes et petits édicules

JPEG - 793.5 ko
L’architecture rurale, entre grands volumes et petits édicules
A gauche : Imposante grange bâtie en moellons de pierre, jambages en pierre de taille ou brique, précédée avec un large auvent couvert par la croupe de toiture. Monclar.
Au centre : Séchoir en bois et grange en pierre avec reprise en parpaings, de grands volumes discrètement calés dans la pente ; l’adossement par quelques arbres renforce l’intégration dans le paysage. Puymiclan.
A droite : Un des nombreux puits qui alimentaient en eau les villages, malgré la situation en haut de relief. Brugnac.

De nombreux villages ont une taille très modeste parce que l’habitat est très dispersé dans les campagnes, au plus près des terres. Les corps de ferme se présentent comme des hameaux où les bâtiments sont rarement contigus. La maison, souvent bâtie sur plan carré, se distingue par une architecture plus soignée et un volume plus compact. Les autres bâtiments, granges, séchoirs, annexes ou hangars plus récents se distribuent alentour. Les puits sont encore bien présents dans les villages même si l’environnement paysager dont ils sont l’objet laisse deviner qu’ils ne sont plus utilisés souvent.


LES ELEMENTS DU PAYSAGE

Les éléments liés à l’eau et à la roche

JPEG - 1.9 Mo
La rivière. Monclar
La rivière
La rivière est perçue souvent dans une découverte de proximité ou lors de son franchissement. Sa présence est surtout révélée par sa ripisylve qui signale son tracé. Elle peut être accompagnée de prairies, d’un corridor forestier ou de peupleraies.
JPEG - 1.3 Mo
La ripisylve. Verteuil-d’Agenais
La ripisylve
Cette ligne arborée accompagne le passage de la rivière. Elle est révélée par l’ouverture du fond de la vallée lorsque celui-ci est majoritairement occupé par des cultures. Elle constitue un repère en signalant le passage de l’eau, participant à sa lisibilité dans le paysage. C’est aussi un support pour les continuités environnementales.
JPEG - 669.9 ko
L’étang collinaire. Montastruc
L’étang collinaire
Ce miroir d’eau dans le creux d’un vallon constitue la présence de l’eau la plus visible. L’étang collinaire, artificiel, témoigne d’un système agricole nécessitant l’irrigation. Sa couleur bleutée ou azurée dans la chaleur de l’été captive le regard.
JPEG - 916.3 ko
Le pech et la butte. Villeneuve-sur-Lot
Le pech et la butte
L’érosion a laissé ces reliefs isolés, aux sommets boisés ou coiffés d’un village-promontoire, qui se distinguent nettement dans le paysage. Ces éminences jalonnent les vues formant de formidables points de repère.

Les éléments liés à l’agriculture

JPEG - 1.8 Mo
Le verger. Monflanquin
Le verger
Il apporte un complément de diversité appréciable dans le paysage, intercalé avec d’autres productions ou en animant les pentes de ses lignes graphiques.
JPEG - 1.4 Mo
Le verger de noisetier. Hautesvignes
Le verger de noisetier
Nouvelle forme de verger apparue il y a finalement peu, les alignements de noisetiers se sont particulièrement développés au sein des collines. Ils strient de leurs lignes épaisses et denses les parcelles à la belle saison pour retrouver un graphisme plus léger l’hiver.
JPEG - 1.5 Mo
Le vaste champ. Brugnac
Le vaste champ
Les parcelles de grandes cultures forment de vastes ouvertures ce qui donne une profondeur à ce paysage. Dans le fond des vallons et des petites vallées, elles simplifient les perceptions tout en révélant un relief ténu. Sur les hauts et les crêtes, depuis ces champs, de vastes panoramas s’ouvrent sur le moutonnement des collines. Leur répétition et leur agrandissement tendent par endroits à rendre le paysage monotone en faisant disparaître les structures végétales (haie, arbres) en limite de parcelles.
JPEG - 631 ko
Le petit champ. Clairac
Le petit champ
Les petites parcelles, souvent entourées de haies ou d’arbres, donnent une autre ambiance au paysage : un mélange d’intimité et de graphisme. Leur répétition forme des ensembles qui animent les reliefs et les fonds de vallons au contact des rivières.
JPEG - 376.9 ko
La prairie. La-Sauvetat-sur-Lède
La prairie
Les prairies apportent un contrepoint ou créent des transitions avec les cours d’eau, les grandes cultures, les vergers et les boisements. Elles participent à la diversité de la mosaïque et à la conservation de la présence de l’arbre dans le paysage. Leur présence est moins importante dans la Guyenne Marmandaise.

Les éléments liés à la forêt et à l’arbre

JPEG - 1.1 Mo
Le cèdre ou le pin parasol. Verteuil-d’Agenais
Le cèdre (ou le pin parasol)
Sa silhouette persistante et architecturée se remarque de loin et constitue un signal. Il accompagne les parcs des demeures, signale les entrées de chemin ou les carrefours.
JPEG - 1.5 Mo
L’arbre isolé. Monclar
L’arbre isolé
Il apporte une ponctuation du paysage particulièrement remarquée au sein des grandes cultures. On le retrouve également comme un jalon à la croisée d’une route ou d’un chemin. Suivant les cas, il joue un rôle de point de mire ou de repère par son isolement.
JPEG - 844.4 ko
Le bois. Lougrate
Le bois
Les boisements ne dominent pas dans les collines de Guyenne mais ils peuvent parfois former les horizons. Ils participent à la composition d’ensemble du paysage en s’imbriquant avec les parcelles agricoles ou en marquant les crêtes ou les coteaux. De nouvelles plantations résineuses et feuillues apparaissent çà et là.
JPEG - 1.1 Mo
La lisière. Montastruc
La lisière
De nombreuses lisières sont visibles dans le paysage. Elles marquent une rupture franche entre les champs et les boisements. Elles structurent les vues par les contrastes ainsi apportés. Elles occupent de nombreuses situations au sein des collines : crêtes, mi- pente, pied de coteau.
JPEG - 673.2 ko
La haie, la bande boisée. Monclar
La haie, la bande boisée
Encore présentes mais souvent de façon discontinue en limite de parcelles, ces structures végétales animent les amples ondulations du relief de leurs lignes ou ponctuations plus sombres. Elles forment une « ossature » verte à travers ce territoire, mais qui tend à disparaître avec l’agrandissement des parcelles.
JPEG - 1.2 Mo
La peupleraie. Lédat
La peupleraie
Les alignements des peupliers imposent leur marque dans le paysage. Ces plantations apportent un fort contraste avec le fond de vallée ou les cultures alentours. Leur rigueur quand elles sont bien gérées apporte un nouveau graphisme. Leur volume et leur hauteur tendent à masquer les reliefs ou les vues.

Les éléments liés à la route

JPEG - 882.3 ko
La route de crête. Villeneuvre-sur-Lot
La route de crête
La route sur la crête, ou parfois en balcon sur le rebord du versant, offre de larges panoramas sur les vallées principales ou les vallons plus intimes. C’est un élément de découverte important du paysage.
JPEG - 1.1 Mo
La route de fond de vallée. St-Eutrope-de-Born
La route de fond de vallée
Ces routes permettent de suivre une partie ou totalité d’une vallée. Elles en soulignent la présence, parfois peu lisible compte tenu de leur profil évasé ou de la présence de la végétation.
JPEG - 1.8 Mo
Le pont. Monclar
Le pont
C’est parfois le seul endroit d’où il est possible de découvrir le cours d’eau. Il offre un passage discret au sein d’un fond de vallon intime.
JPEG - 990.3 ko
L’alignement d’arbres. Virazeil
L’alignement d’arbres
Accompagnant les routes principales en fond de vallée ou parfois en belvédère le long des vallons secondaires, les platanes jalonnent et cadrent les parcours. En animant les itinéraires ils participent à la qualité des vues et créent une transition avec l’espace alentour.
JPEG - 978.5 ko
Le belvédère. Monbahus
Le belvédère
Le belvédère permet d’appréhender l’étendue des collines ondulées. Il s’illustre souvent depuis des situations bâties (demeure, village-promontoire) mais aussi depuis les routes de crêtes. Le pech récompense le promeneur après son ascension par de larges panoramas dont certains ont été aménagés.

Les éléments liés au bâti

JPEG - 1 Mo
Le village sur la crête. Grateloup
Le village sur la crête
De nombreux villages sont situés sur les hauts. Ils forment des repères dans le paysage et offrent des panoramas lointains sur l’ondulation des collines et des vallons.
JPEG - 647.2 ko
Le village sur pech. Monflanquin
Le village sur pech
Plusieurs villages trônent sur une butte. Visibles de loin sur les hauteurs ils forment des points de mire et de repère incontournables. Le clocher dépasse des façades qui l’entourent densément. Sa silhouette groupée le singularise, en équilibre sur le relief avec le ciel en toile de fond, semblant régner sur son territoire.
JPEG - 1.2 Mo
La place. Monflanquin
La place
Lieu de rencontre, de représentation ou de commerce, cet espace est très utilisé. La place constitue une ouverture lumineuse dans le bâti dense du centre ancien. Parfois bordée de cornières, ou ombragée d’un mail d’arbres, elle forme alors un ensemble urbain de grande qualité.
JPEG - 1.2 Mo
La chapelle/l’église isolée. Birac-sur-Trec
La chapelle/l’église isolée
On la découvre au détour d’une route. Parfois visible de loin elle constitue un point focal. Avec son aura de mystère, une ambiance toute particulière l’accompagne toujours. Elle est souvent accolée à un petit cimetière.
JPEG - 743.3 ko
La ferme isolée. Clairac
La ferme isolée
Constituées de volumes simples, parfois accompagnées d’arbres de haut jet, les fermes isolées sont éparpillées sur les collines de l’ensemble de l’unité paysagère. Elles ponctuent l’espace, formant un élément répétitif donnant aux vues une tonalité habitée.
JPEG - 1.3 Mo
La maison de maître. Montflanquin
La maison de maître
En léger belvédère, accompagné de son parc où se dresse des cèdres ou d’autres grands arbres, la maison de maître et ses dépendances ponctuent le paysage.
JPEG - 654.5 ko
Le moulin à vent. Tourtrès
Le moulin à vent
Occupant des points hauts ou des buttes, parfois artificielles, leurs vestiges animent encore le paysage. La toponymie rappelle souvent leur présence sur les cartes.
JPEG - 1.1 Mo
Le séchoir à tabac. Tourtrès
Le séchoir à tabac
Vestige d’une production aujourd’hui en baisse, cette architecture en bois se dresse encore seule ou par deux aux abords des fermes à travers les Collines de Guyenne.