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Repères géographiques d’Entre Landes et Garonne

Relief et eau

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Entre Landes et Garonne carte relief et eau
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Entre Landes et Garonne bloc-diagramme relief et eau

Un relief de transition entre le plateau landais et la vallée de Garonne

Dans cette unité de transition entre la Forêt Landaise et la vallée de Garonne, les reliefs les plus élevés, adossés au plateau landais (163 m d’altitude vers Romestaing), s’abaissent au fur et à mesure de la progression vers la vallée de Garonne.
Au sud-ouest de l’unité, les reliefs sont tourmentés, formés d’une succession de crêtes et de vallées relativement profondes (50 à 60 m de dénivelée) sculptées par les affluents des trois cours d’eau principaux, Le Sérac, l’Avance et l’Ourbise.

La haute terrasse de la Garonne

Cet abaissement du relief n’est pas régulier : il marque une rupture très nette au niveau de la haute terrasse de la Garonne dont l’altimétrie est comprise entre 70 et 60 m. Cette terrasse surplombe la vallée d’une quarantaine de mètres et se termine par une véritable marche de Meilhan-sur-Garonne à Saint-Léon. Large d’environ 5 km, la terrasse forme une plaine au relief très plat, ondulé par endroits par les légers vallonnements de petits affluents de la Garonne.

La vallée de l’Avance

La vallée de l’Avance se distingue par son relief beaucoup plus marqué. Elle creuse une vallée ample à fond plat de 100 à 200 m de large qui rejoint le plateau landais à la vallée de la Garonne, formant ainsi une rupture dans le relief étagé de cette unité.

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Adossés au plateau landais (ici en arrière-plan) les reliefs s’abaissent au fur et à mesure de la progression vers la vallée de Garonne. Vue depuis Cocumont

La roche et le sol

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Entre Landes et Garonne carte géologie

Entre Landes et Garonne recouvre une ancienne haute terrasse de la Garonne. Les alluvions -des graviers dans une gangue d’argiles et de limons- recouvrent les premiers kilomètres au nord de l’entité tandis qu’au sud, le colluvionnement a mélangé en surface le matériau des molasses miocènes, situées en crête, à celui des molasses oligocènes plus anciennes affleurant sur les versants.

Des collines agricoles sur molasse, des horizons boisés

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La coupe, sur 21 km, part au sud ouest dans la forêt landaise. Elle emprunte la RD6 de Casteljaloux au Mas d’Agenais.
Source : fond de coupe géologique BRGM

Les crêtes des collines sont généralement boisées à proximité de la vallée de la Garonne, en raison d’un dépôt de graviers rubéfiés (Ft2, gris), relique d’une toute première terrasse de l’ancêtre de la Garonne. En retrait, vers Casteljaloux, les crêtes de molasse (m2M, rose, sur la crête à gauche) sont cultivées et offrent de beaux belvédères.
Les sols argilocalcaires des versants reposent sur les molasses de l’Agenais (g2-3M, rose), délimitées par deux bancs calcaires : le calcaire gris en haut (m1b), le calcaire blanc en bas (m1aC).
La route départementale 6 traverse l’entité de part en part. Au débouché de la forêt landaise, ses longues lignes droites jouent à saute mouton dans les collines céréalières de molasse oligocène, puis miocène. L’horizon est jalonné de petits bois sur les crêtes. La route redescend d’abord vers la haute terrasse, traverse la forêt du Mas-d’Agenais, puis s’ouvre d’un coup sur les champs de la partie nord de cette terrasse. Elle pique ensuite vers la Garonne pour rejoindre le pont à travers le bourg du Mas-d’Agenais implanté sur des argiles oligocènes et un reste de moyenne terrasse.
Sur la terrasse (Fy, Fx), le lessivage a appauvri la surface en argile et généré des « terres douces ». Bien que très battants, ces sols sont prisés et cultivés depuis l’antiquité. Leur terre est légère, facile à travailler au printemps : ce sont des boulbènes.
Cette terre reste cependant de fertilité variable, souvent médiocre. Elle tend à se compacter comme du plâtre en été, à asphyxier les racines au printemps et souffre d’acidité en surface. Ce limon acide souvent mal drainé est caractéristique de tout le bassin aquitain.

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Entre Landes et Garonne, vue vers le nord-ouest depuis la vallée de l’Ourbise. A l’arrière plan à droite on reconnait la haute terrasse boisée.
Source : fonds géologique Brgm et visualiseur Google earth.

En arrière-plan à droite apparaît une plage vase en légère pente vers le nord est. C’est la haute terrasse (Fu, gris), recouverte par la forêt du Mas-d’Agenais jusqu’à l’autoroute. Au-delà, c’est la plaine cultivée dite de « Camparome haute ». Les terrasses sont séparées par des talus de plus de 20m de dénivelé ; leur matériau de surface est souvent pulvérulent, battant, entre sable et limon, même s’il repose à 1 ou 2 m de profondeur sur des galets ou des argiles. Sur la terrasse haute, les sols sont les plus lessivés ; ce sont au mieux des « boulbènes de terrasse » voués à une forêt de chênes et de charmes ; les plus lessivés évoluent en podzols qui ont été plantés en pin maritime. Le sol de cette pinède, gris et pulvérulent, est au final identique à celui des Landes, bien que le matériau soit cette fois celui d’une terrasse fluviatile ancienne. Cette terrasse haute domine l’openfield de la terrasse moyenne dite plaine de « Camparome basse », elle même dominant la basse terrasse dite « plaine de Varennes ».
Au centre de l’image, les versants érodés des collines mélangent les matériaux molassiques des étages miocènes (m1a, en jaune au 1er plan) et des molasses de l’Agenais sous-jacentes (g2-3M, en rose). L’ensemble est entaillé vers le nord-est par des vallons : le ruisseau d’Argenton, le Samadet, le Sérac.
Les crêtes sont recouvertes d’un dépôt de graviers rubéfiés (Ft2, gris) souvent boisé comme sur la crête en arrière plan, mais parfois cultivé comme ici sur la crête au 1er plan.

Agriculture

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Entre Landes et Garonne carte agriculture
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Entre Landes et Garonne bloc-diagramme agriculture

Au débouché du plateau landais l’agriculture s’est installée sur des sols meilleurs que le sable landais. On y retrouve l’agrosystème à céréales et polyculture des coteaux molassiques. Irrigués à partir de petites retenues collinaires, les cultures concernent essentiellement le maïs, le tournesol et les céréales à paille. Des parcelles de prairies occupent de petites surfaces intercalées entre des boisements ou sur des versants trop pentus ou séchants. L’élevage bovin est présent mais peu important par rapport aux autres unités du Lot-et-Garonne.

Sur la terrasse de la Garonne une grande plaine cultivée

La terrasse de la Garonne présente une agriculture de plaine plus diversifiée avec une plus forte présence des cultures spécialisées : maraichage, vergers (pommes et kiwis) et vigne.

Des vignes dans l’aire d’appellation Côtes du Marmandais

L’AOC côtes du Marmandais a été obtenue en 1990. Les Côtes du Marmandais situées de part et d’autre de la Garonne, s’étendent sur une superficie de 1300 ha et 27 communes. Dans l’unité d’Entre Landes et Garonne, les vignes sont essentiellement implantées sur les communes de Cocumont et de Saint-Sauveur-de-Meilhan, couvrant une partie de la terrasse de la Garonne ainsi que les vallons situés autour de Cocumont. Les terroirs reposent sur une grave perméable qui donne des sols très chauds, bien drainés, adaptés aux cépages tels que le cabernet franc, le cabernet sauvignon, l’abouriou, la syrah et le sauvignon blanc.

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Irrigués à partir de petites retenues collinaires, les cultures concernent essentiellement le maïs, le tournesol et les céréales à paille. Les prairies occupent de petites surfaces intercalées entre des boisements ou sur des versants trop pentus ou séchants. Lac de Mouliot et hameau de Bladas, commune de Ste-Gemme-Martaillac

Forêt

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Entre Landes et Garonne carte forêt
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Entre Landes et Garonne bloc-diagramme arbre

Cette unité présente un taux de boisement relativement élevé qui reflète sa position d’interface entre Garonne et Landes. Les boisements sont presque totalement privés à l’exception de la petite forêt communale des Gontauds et surtout du grand massif communal de la forêt du Mas-d’Agenais et de Sénestis qui couvre 892 hectares. Il est constitué d’un mélange de futaies de chênes pédonculés ou rouvres et de taillis de chênes et de charmes. Quelques parcelles ont fait l’objet d’enrésinement de pin maritime.
Les autres boisements sont principalement composés de feuillus, il s’agit pour l’essentiel de taillis et de taillis sous futaie, à majorité de chênes. Ils occupent des positions assez variées et se retrouvent en fonds de vallées, sur des versants pentus et des crêtes.

Pins et peupleraies

C’est une spécificité de cette unité de trouver de nombreuses plantations forestières de pins maritime et de peupliers souvent même côte à côte. Cela traduit bien la réalité de cette unité qui est une transition entre le massif Landais et ses pinèdes et la vallée de la Garonne et ses peupleraies.

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La juxtaposition de plantations de pins maritime et de peupliers est caractéristique de cette unité de transition entre le massif Landais et ses pinèdes et la vallée de Garonne et ses peupleraies. Vallée de l’Avance à Plantey, commune de Labastide-Castel-Amouroux

Urbanisme

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Entre Landes et Garonne carte urbanisation
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Entre Landes et Garonne bloc-diagramme urbanisation

Casteljaloux à la porte de la Forêt Landaise

Ville principale de l’unité avec 4800 habitants, Casteljaloux est implanté dans la vallée de l’Avance, à la lisière du massif landais. Cette situation est toutefois relativement récente puisqu’elle résulte d’une double évolution : d’un côté la plantation de la forêt landaise au XIXéme siècle et de l’autre l’extension urbaine de la ville le long des routes qui rayonnent vers elle et tout particulièrement le long de la RD933 qui traverse le massif landais.

De nombreux villages de crête

Dans la partie vallonnée de l’unité, l’essentiel de l’habitat est implanté en position haute sur les versants mais surtout sur les crêtes. De nombreux villages sont ainsi implantés en hauteur : Cocumont, Gouts, Romestaing, Guérin, Bouglon, Ste-Gemme-Martaillac, Leyritz-Moncassin… les routes de crête qui les relient sont elles-mêmes bordées de nombreuses fermes et habitations formant parfois un continuum bâti sur plusieurs kilomètres.

Des vallées peu habitées

Les fonds de vallée ont relativement peu fédéré les implantations urbaines. En dehors de Casteljaloux, déjà évoqué, on ne trouve que Villefranche-du-Queyran, implanté dans la vallée de l’Ourbise.

Au nord-est, des villages accrochés au rebord de terrasse

Au nord-est, les villages se concentrent sur la rupture de pente dominant la plaine de Garonne et le canal Latéral qui suit fidèlement le pied de la marche : Meilhan-sur-Garonne, Marcellus, Montpouillan, Fourques-sur-Garonne, Caumont-sur-Garonne, le Mas-d’Agenais, Lagruère, se succèdent ainsi du nord vers le sud. Par ailleurs la plaine de la haute terrasse de la Garonne est parsemée de très nombreuses fermes isolées.

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Casteljaloux est une ville de l’entre-deux, en lisière de la forêt landaise, dont le développement a été dynamisé par l’activité forestière. La vallée de l’Avance offrait un passage aisé pour rejoindre la vallée de la Garonne. Si Casteljaloux comprend un cœur ancien avec des maisons à pans de bois, la ville s’est largement étendue à partir de ses faubourgs XIXe puis le long des routes distribuant de nouveaux quartiers d’habitats.

Patrimoine

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Entre Landes et Garonne carte patrimoine

Site et patrimoine bâti

Casteljaloux mis à part, les protections patrimoniales sont peu nombreuses dans cette unité.
Bastides : Villefranche-du-Queyran, Labastide-Castel-Amouroux (non aboutie), Saint-Julien-Cap-d’Orbise (non aboutie).
Châteaux : Beaulieu (Saint-Sauveur-de-Meilhan), Marcellus, Calonges, Lacaze (Labastide-Castel-Amouroux), Sendat (La Réunion).

Patrimoine naturel

Natura 2000 - directive habitat : l’Ourbise et le marais de la Mazière
Znieff de type 1 et 2 : forêt du Mas-d’Agenais et de Sénestis

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Entre Landes et Garonne carte SRCE

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique Aquitaine met évidence les éléments suivants :
- Réservoirs de biodiversité : la forêt du Mas-d’Agenais et de Sénestis et les milieux humides de la vallée de l’Ourbise.

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Les 892 hectares du massif communal de la forêt du Mas-d’Agenais et de Sénestis constitue un réservoir de biodiversité au SRCE Aquitaine. Vue depuis Calonges