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Repères géographiques de la Vallée du Dropt

Relief et eau

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Vallée du Dropt carte relief et eau
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Vallée du Dropt bloc-diagramme relief et eau

Entre Dordogne et Lot-et-Garonne, la Vallée du Dropt forme un territoire au relief vallonné, présentant de larges ondulations et des coteaux amollis. Dans ces reliefs doux, les directions des vallées ne s’imposent pas toujours, le relief se percevant souvent comme une succession de collines. Les altitudes moyennes sont comprises entre 110 m et 130 m, le point culminant (211 m sur la commune de Parranquet) se situant à l’Est à la frontière avec la Dordogne.
Le Dropt ouvre une vallée large, aux coteaux majoritairement à faible pente. Ceux-ci sont toutefois plus affirmés dans certains secteurs notamment lorsque le Dropt traverse le département de Dordogne entre Eymet et Serres-et-Montguyard, où plus ponctuellement aux abords de Duras.
Au nord, le Pays de Duras présente un relief plus affirmé, avec des vallées plus encaissées.
Le relief doux et la faible dénivellation entre sa source et son embouchure expliquent les nombreux méandres du Dropt. Alimenté par de nombreux petits cours d’eau dont certains sont temporaires et s’enflent brutalement lors des pluies, le Dropt est coutumier des crues hivernales et printanières. La plaine alluviale est ainsi inondée quelques jours par an. Le Dropt est rejoint par deux affluents principaux la Dourdenne au sud et la Dourdèze au nord.
De nombreux plans d’eau ponctuent les creux des collines, servant de réserves pour l’irrigation agricole. Plusieurs retenues de grande taille se distinguent : lacs de l’Escourou, des Groussettes, de la Ganne, du Brayssou, retenue de la Nette.

Une rivière navigable

L’aménagement du Dropt pour permettre sa navigabilité fut commencé dès 1795. A partir de 1858, l’ensemble des travaux était entièrement achevé et le Dropt était réellement navigable de l’embouchure jusqu’à Eymet (soit environ 70 km), même par les temps de plus grande sécheresse. Le développement des transports routiers et ferroviaires fut fatal à la circulation des marchandises sur le Dropt. En 1899, la batellerie sur le Dropt disparut après l’ouverture du chemin de fer de Bordeaux à Eymet.

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Le Dropt ouvre une vallée large, aux coteaux majoritairement à faible pente. Duras

La roche et le sol

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Vallée du Dropt carte geologique

Tout autour du Dropt, la rivière a décapé le manteau oligocène (jaune) dont il reste de précieux lambeaux car ces terroirs argilo-calcaires sont fertiles, couverts de champs et de vergers, même s’il s’agit de matériaux plus sableux qu’ailleurs. La partie décapée repose sur des sables argileux plus anciens, éocènes (jaune orangé).

Des terres acides mais irrigables, entourées de collines fertiles sur molasse

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La coupe de 11 km part de Scalagrand à l’ouest, en rive droite du Dropt. Elle traverse les terreforts et le ruisseau du Martinet, parcourt les collines de molasse jusqu’aux crêtes qui dominent le lac de Brayssou.
Source : sur fond d’une coupe géologique BRGM

Les bas de versants sont des terreforts cultivés sauf dans les quelques secteurs plus hydromorphes.

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La vallée du Dropt vue vers l’ouest depuis Auriac. Duras est l’éperon au fond de l’image,en rive droite.
Source : d’après fonds géologique Brgm & visualiseur Google earth.

Ce paysage repose sur plusieurs dizaines de mètres de sables argileux (géol : saumon) qui ont terminé de remblayer le fossé aquitain à l’éocène. Sur ce cliché, ils affleurent en bas des pentes mais aussi dans toutes les parties basses du paysage à l’arrière plan. Les subtiles ondulations du relief déterminent des secteurs de pré, plus humides, et des secteurs de champs.
En s’éloignant du Dropt, le passage des terrasses aux terrains de l’éocène est quasiment imperceptible. Tous ces sols sont acides, souvent lessivés.
Le contraste apparaît dès qu’on quitte le fond de vallée ; une subtilité de relief fait passer sur l’argilocalcaire des molasses.
Au centre du cliché, le Dropt a creusé son sillon en déblayant les molasses oligocènes (violet), et mis à nu le fond de sables argileux éocènes avant de le recouvrir de ses alluvions graveleux sur 1 à 2 km de large. Les routes de la vallée empruntent la terrasse moyenne (Fw), reliant un chapelet de villages, évitant ainsi la terrasse basse inondable (Fy-z, en gris clair). Les deux terrasses sont couvertes de cultures irriguées par pompage dans la nappe alluviale.
L’horizon de toute l’entité est donc une ligne de collines taillées dans les molasses du Fronsadais qui ont recouvert l’ensemble à l’Oligocène (violet).
Plus à l’amont, au sud de Villeréal, les sols de la molasse ludienne sont des terreforts argileux plus ou moins carbonatés. Les ondulations sont sillonnées de fossés profonds et parcourues de ruisseaux avec leur cordon boisé.

Les collines de Duras : des plateaux aux sols lourds, dominés par des buttes témoin souvent boisées

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La coupe de 18 km par des Couroneaux à l’ouest, franchit les vallées du Canterane et de la Dourdèze, passe sur les crêtes au nord de Loubès pour se terminer au Seignal, la rivière en limite du département.
Source : sur fond d’une coupe géologique BRGM

Les collines sablo-argileuses et les petites falaises calcaires sont façonnés dans les molasses tertiaires.

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La vallée du ruisseau de Malromé vue vers le nord depuis Bayle.
Source : d’après fonds géologique Brgm & visualiseur Google earth.

L’horizon de toute l’entité est une ligne de collines taillées dans les molasses du Fronsadais (violet) qui ont recouvert le substratum éocène (ici à peine visible) à l’époque suivante, l’Oligocène (violet).
Les crêtes de ces collines sont souvent boisées, en raison d’une couche de sables argileux de l’Oligocène (g2 C2, rose ponctué). Ces sables carbonatés génèrent des sols pauvres. Les crêtes cultivées, qui offrent de beaux belvédères, sont celles où ces sables sont eux-mêmes encore recouverts d’une plaque résiduelle de molasse plus récente (g2-3M, saumon) qui a échappé à l’érosion.
Les sols des pentes sont souvent des argilocalcaires, voire des sols lourds d’argiles franches. Ils sont un peu lessivés en surface (boulbènes) et peuvent être très fertiles sauf quand ils souffrent localement d’hydromorphie. C’est un terroir privilégié pour la prune d’Agen mais aussi pour les céréales et hier, pour le tabac. Les exploitations y sont parmi les plus étendues de l’Aquitaine.
Les vignes, dispersées sur les versants bien exposés, se répartissent entre l’acide - la moyenne terrasse, le pied de versant éocène- et l’argilocalcaire de la molasse.
L’affleurement de calcaire à astéries - des étoiles de mer fossiles- (géol : violet à rayures) trace une ligne boisée très lisible à flanc des vallons.

Agriculture

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Vallée du Dropt carte agriculture
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Vallée du Dropt bloc-diagramme agriculture

Sur ce relief collinaire l’agriculture occupe la part essentielle du territoire. Les grandes cultures dominent (céréales, maïs, tournesol…) occupant de larges parcelles, entre lesquelles viennent s’immiscer quelques bosquets. L’activité agricole façonne un paysage qui ponctuellement peut être proche de l’openfield, mais où le plus souvent s’intercalent des productions variées : prairies, vergers voire vignes viennent enrichir cette occupation agricole de façon significative.
De nombreux vergers sont implantés sur les pentes. Pruniers et noisetiers dominent, accompagnés de pommiers et de noyers (dans l’aire AOC noix du Périgord, à l’Est de la Vallée du Dropt). La Vallée du Dropt et les Collines de Guyenne concentrent la majeure partie de l’élevage bovin de Lot-et-Garonne : élevage viande (Blondes d’Aquitaine) et laitier (Prim Holstein) se partageant approximativement le cheptel.

Le vignoble de Duras

L’AOC Côtes de Duras a été obtenue dès 1937. Le vignoble, limité au sud par la vallée du Dropt, s’étend sur environ 1500 ha et recouvre le terroir des 15 communes du canton de Duras. Les sols sont d’origines marneuses ou molassiques dans les parties basses et le sud du vignoble et de calcaires ou argilo-calcaires plus en altitude. Les vignes ne dominent pas le territoire mais composent avec les bois, les vergers, les prairies et les cultures un parcellaire complexe.

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Grandes cultures, élevage bovin et fruitiers sur les versants composent une mosaïque paysagère qui varie constamment. St-Colomb-de-Lauzun vu depuis Lauzun

Forêt

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Vallée du Dropt carte forêt
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Vallée du Dropt bloc-diagramme arbre

Les bois sont présents sur tout le territoire de la Vallée du Dropt, occupant majoritairement des crêtes et des versants pentus. Il s’agit de bosquets et de bois de petite superficie qui sont donc intimement imbriqués dans le parcellaire agricole. La propriété forestière est exclusivement privée. Les peuplements sont composés essentiellement de taillis ou de mélanges futaie-taillis à base de chênes et feuillus divers ponctués par endroits de quelques bosquets de pins maritimes. Il s’agit de petits bois.
Dans ce territoire de vallées, les ripisylves sont nombreuses. Les essences principales sont le saule blanc, l’aulne, le frêne, le peuplier, l’ormeau, parfois accompagnées par le robinier, le tremble ou l’érable. Les peupleraies sont ponctuellement très présentes dans en fond de vallée. L’introduction du peuplier est ancienne, ayant commencé dès le milieu du XVIIe siècle.

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Les peupleraies sont ponctuellement très présentes en fond de vallée. Villeréal

Urbanisme

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Vallée du Dropt carte urbanisation
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Vallée du Dropt bloc-diagramme urbanisation

La Vallée du Dropt ne constitue plus aujourd’hui un axe de communication majeur, les axes principaux étant essentiellement Nord/sud, reliant Bergerac à Marmande par Miramont ou Bergerac à Villeneuve par Castillonnès. Le pôle urbain de Miramont-de-Guyenne est le principal de ce territoire, atteignant les 4500 habitants (avec la commune de St-Pardoux-Isaac). Les autres bourgs principaux de la Vallée du Dropt (Duras, Castillonnès, Villeréal) ne dépassant pas les 1500 habitants.

Des villages et des écarts dominant les vallons

L’essentiel de l’occupation bâtie de ce territoire est composé de fermes isolées et de hameaux implantés sur les versants et en haut de coteau. L’habitat perché domine, les silhouettes bâties participant pleinement aux paysages de la vallée. Le réseau viaire en découle, privilégiant ponctuellement les routes de crête lorsque le relief s’affirme et s’affranchissant du relief lorsque celui-ci s’adoucit.

Des villages perchés

Dans ce territoire longtemps disputé entre rois de France et d’Angleterre, quelques implantations urbaines ont privilégié des sites défensifs comme à Duras ou à Castillonnes, créant des silhouettes repères qui se voient de loin.

Des villages de fond de vallée

Quelques implantations urbaines ont osé une implantation en vallée, prenant le risque de subir les débordements du Dropt. C’est notamment le cas de la Sauvetat-du-Dropt, de Miramont-de Guyenne, d’Allemans-du-Dropt ou de Villeréal.

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Miramont-de-Guyenne, ancienne bastide implantée en bord du Dropt, constitue aujourd’hui le principal pôle urbain de la vallée.

Patrimoine

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Vallée du Dropt carte patrimoine

Site et patrimoine bâti

Les bourgs anciens, châteaux et bastides concentrent les protections au titre des sites ou des monuments historiques.
Bastides : Castillonnès, Villeréal, Miramont-de-Guyenne et Rayet (non aboutie), Eymet (Dordogne),
Château de Duras

Patrimoine naturel

Natura 2000 - directive habitat : réseau hydrographique du Dropt
Znieff de type 1 et 2 : plusieurs Znieff couvrent soit des prairies humides dans la vallée du dropt, soit des pelouses calcaires sur des versants.

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Vallée du Dropt carte SRCE

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique Aquitaine met évidence les éléments suivants :
- Réservoirs de biodiversité : milieux humides
- Corridors : milieux humides, pelouses sèches, versants de feuillus et forêts mixtes

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La bastide de Castillonnès, implantée sur un éperon allongé