Contenu

Portrait de la Vallée du Dropt

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Le Dropt forme une vallée évasée aux reliefs doux. Monteton

LIMITES

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Vallée du Dropt carte limites

Au nord

De longues transitions caractérisent le passage de cette unité au Bergeracois. Par contre le changement est plus marqué avec les boisements du Périgord au nord de Villeréal.

A l’est

La rupture est affirmée avec les boisements et les reliefs du Périgord. La vallée du Dropt s’y poursuit mais devient plus étroite et intime, bordée de coteaux boisés.

Au sud

Le passage vers les Collines de Guyenne forme une transition avec progressivement l’affirmation d’un paysage amplement vallonné ou sillonné de vallées en direction de la Garonne.

A l’ouest

La vallée du Dropt et le paysage viticole du Pays de Duras se poursuivent dans l’Entre-deux-Mers.


PORTRAIT SENSIBLE

Une large vallée de transition

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Avec ses reliefs doux, la vallée du Dropt forme une ample vallée de transition avec les paysages voisins. Vue sur la vallée du Dropt depuis Castillonnès

La vallée du Dropt débute dans le Périgord à l’est et se poursuit au-delà du département du Lot-et-Garonne à l’ouest dans le département de la Gironde. Une partie du linéaire du Dropt sort du département au nord, ou bien forme la limite départementale. Cette vallée constitue un vaste territoire de transition entre le Bergeracois et la vallée de la Dordogne au nord, l’Entre-deux-Mers à l’ouest et les Collines de Guyenne au sud. Les abords de la vallée et ses coteaux établissent majoritairement des transitions avec les paysages voisins. Les coteaux sont doux et offrent des arrières plans de collines ou de crêtes boisées qui amoindrissent leur perception. Les vallées affluentes créent également des continuités physiques et visuelles. Par contre la rupture vers le Périgord à l’est est bien nette même si la vallée du Dropt s’y poursuit. Le paysage devient plus intime et boisé, le relief s’affirme et les vallons sont plus encaissés. Le château de Biron affiche alors sa silhouette au loin.

Un paysage ample et doux

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Au sein de ces reliefs collinaires, la notion de vallée s’estompe par moment. Vallon du Lampeau à Montignac-de-Lauzun

La vallée du Dropt est assez large et offre une belle ampleur mais la notion de vallée n’est pas toujours bien perceptible. Dans sa partie aval, plus affirmée, les coteaux restent doux avec un fond plat qui donne un certain recul ou une profondeur aux vues. Des belvédères s’ouvrent tout de même depuis les hauteurs offrant des vues lointaines. Dans sa partie amont la notion de coteaux s’estompe au sein d’un paysage amplement ondulé sans direction claire. Le paysage garde ainsi globalement une certaine horizontalité, dominée par les crêtes des collines ou les lâches ondulations et prend parfois des allures de plaine. Peu de points saillants s’illustrent au sein de ce territoire tout en courbes étirées. L’alternance d’ouvertures et de fermetures relatives peut donner l’impression d’un dédale. Les crêtes laissent passer le regard car elles sont restées en partie agricoles. Les parcelles de polyculture forment une mosaïque variable. Elles sont bordées ou non de haies ou de rideaux d’arbres, ponctuées d’arbres et de bosquets, avec en toile de fond les boisements ou les peupleraies.

Une vallée amont évasée

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La vallée amont présente un profil très évasé. Saint-Dizier

La vallée amont s’étend de Saint-Martin-de-Villeréal à Saint-Quentin-du-Dropt. La dimension horizontale du paysage prend le dessus, la notion de vallée s’estompe fortement, voire devient absente. Avec les coteaux qui deviennent très doux, il n’y a plus d’orientation claire des vues. Il faut s’éloigner du bord du Dropt, avec de légers belvédères, pour bénéficier de larges vues et percevoir la faible déclivité de la vallée. Dans les parties plus hautes, de larges parcelles de grandes cultures ouvrent les vues. Mais le regard s’arrête souvent au premier écran (boisement, haie, rideau). Le paysage se referme et se compartimente formant un dédale intime dans les fonds humides. Le Dropt, parfois accompagné d’un cordon de prairie, suit son cours paisible, qui s’étire en petits méandres. Mais encore ici la rivière reste discrète et de taille réduite, on ne la remarque que par la ripisylve ou quand on s’en approche très près. Peu d’affluents viennent à sa rencontre sauf autour de Villeréal. Les routes de part et d’autre du cours d’eau, suivant un axe non perceptible, n’en donnent que peu d’aperçus.

Une vallée aval dissymétrique, plus lisible

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En aval, la vallée du Dropt devient plus lisible avec un coteau nord aux relief plus affirmé. Le coteau de Duras depuis Levignac-de-Guyenne

La vallée aval du Dropt s’étend d’Agnac à Duras. C’est la partie de la vallée où le relief est le plus lisible. Elle présente un profil dissymétrique. Le coteau nord est plus raide avec des vallons encaissés. Il donne une direction bien lisible dans le paysage. Le coteau sud a une pente douce et étendue, animée de vallons qui créent des collines. Il y a de ce côté comme un étagement jusqu’au fond de la vallée. La partie supérieure forme une large crête de transition correspondant à la ligne de partage des eaux entre Dropt et Garonne. La RD 228 qui l’emprunte, offre de larges panoramas donnant la perception d’une vallée assez large. De nombreuses situations offrent ainsi des vues lointaines ou en belvédère au sein d’un paysage de polyculture relativement ouvert. Le graphisme du paysage y est aussi animé par la présence de l’arbre (boisement, bosquet, rideau ou haie) compartimentant les parcelles agricoles. La logique d’implantation des arbres n’apparait pas de prime abord offrant un panel varié : en crête ou en versant, en limite de quelques champs, ou en bosquets disséminés. La large covisibilité entre Duras et Lévignac-de-Guyenne, qui se font face, permet de saisir l’ampleur de la vallée. Le fond de la vallée offre de vastes étendues donnant ainsi par endroit l’image d’une petite plaine dont la continuité avec les coteaux se fait en douceur. Ces vues étirées, parfois limitées par une peupleraie, étendent la dimension de la vallée en reculant la perception des coteaux. Le Dropt reste peu visible sauf aux contacts des villages qu’il côtoie (Allemans-du-Dropt).

Une ponctuation de silhouettes bâties

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Le château et le village de Duras forment un repère visible sur un large secteur. vue depuis Levignac-de-Guyenne

Dans ce paysage ondulé sans ligne de force majeure ou points saillants, le village de Duras sur un relief plus prononcé affirme sa silhouette. Le château, le bourg et l’urbanisation plus récente s’étendent en ligne de crête sur le coteau. On les voit de très loin dans la vallée pour peu qu’un léger belvédère se déclare. Le château à la proue du village domine la confluence du Dropt et de la Dourdèze. Duras est même visible depuis les hauteurs de Caubon-Saint-Sauveur de l’autre côté de la vallée. Montéton offre un point de vue intéressant sur le linéaire de la vallée depuis un belvédère aménagé. Son église se dresse, comme certains autres villages de la vallée, mais sans être monumentale, affirmant juste sa présence. En amont Castillonnès forme également un repère visuel avec sa silhouette bâtie dominant la vallée. Le Dropt reste peu visible dans le paysage et seuls quelques villages le bordent, dans le prolongement d’un pont en pierre. Le passé de voie navigable ou d’exploitation de la force motrice s’illustre par d’anciens moulins ou des vestiges de la navigation.

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Vallée du Dropt bloc-diagramme paysage
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Vallée du Dropt carte unité légendée


SOUS-UNITE : Le Pays de Duras

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Un paysage vallonné alliant ouverture et intimité

Après les larges ondulations de la vallée du Dropt le relief du Pays de Duras s’anime et prend un peu plus de caractère. Le paysage change d’échelle grâce aux vallons qui sillonnent régulièrement ce territoire, formant une succession de creux intimes et de pentes ou de hauts plus ouverts. La présence des boisements s’affirme et les horizons sont souvent boisés. La profondeur des vues varie et de larges belvédères peuvent s’ouvrir par endroits sur un paysage vallonné. Des parcelles agricoles imbriquées dans les boisements, prennent parfois une tonalité de clairière agricole. Les deux vallées principales (Dourdèze et Malromé), affluentes du Dropt, forment de petits couloirs relativement linéaires avec un fond plat dans leur partie aval. Ces vallées et leurs affluents drainent la majeure partie du Pays de Duras. Au-delà de la limite départementale au nord, les cours d’eau sont orientés vers la Vallée de la Dordogne. Au nord du Pays de Duras les vues s’ouvrent et le relief s’affirme en devenant plus ample. Le village de Loubès-Bernac domine le paysage sur une butte.

Des ponctuations dans un paysage composite

Les parcelles présentent une alternance de cultures, de prairies de fauche ou de pâture, de vergers, de vignes et de bois. Il se forme ainsi un paysage composite au graphisme changeant. Le relief vallonné le révèle par les pentes qui s’offrent au regard. La vigne s’imbrique avec les autres productions, formant localement des unités plus étendues. Elle donne une nouvelle tonalité par ces rangs ordonnés que l’on ne rencontrait pas dans la vallée du Dropt. Plusieurs repères ponctuent le paysage. Les villages sont majoritairement situés sur le haut offrant des silhouettes ou des clochers qui se détachent légèrement sur les crêtes. Moulins et châteaux étaient positionnés sur des buttes tout comme le château de Théobon ou les ruines de celui de Puychagut. Quelques pigeonniers isolés mêlés aux vignes viennent compléter ces repères.


LES PAYSAGES URBAINS

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A gauche : De nombreuses halles occupent le centre des villages. L’architecture éclectique de la halle de Castillonnès tranche avec l’aspect traditionnel des couverts.
Au centre : Un habitat dispersé que l’on retrouve aussi bien sur les versants que dans la vallée. Rives.
A droite : Silhouette compacte d’un des nombreux petits villages de l’unité. Doudrac.

Une des caractéristiques de la vallée du Dropt, en termes de paysages urbains tient à l’échelle contrastée des bourgs et des villages. Quatre bourgs principaux, de plus de 1300 habitants, voire plus de 3200 pour Miramont, presque équidistants les uns des autres se succèdent d’est en ouest, Villeréal, Castillonnès, Miramont et Duras à l’extrémité du département. Ces quatre bourgs sont desservis par un réseau de routes en étoile qui convergent vers les places marchandes et relient ainsi le grand nombre de villages à ces pôles de services. En effet, la vallée du Dropt comprend un grand nombre de communes qui correspondent à des villages de dimensions modestes qui émaillent le paysage, se signalant par leur clocher.
A ces formes urbaines constituées, s’ajoute un bâti isolé, des implantations agricoles traditionnelles, des moulins en bord de rivière et aujourd’hui un habitat résidentiel. Les paysages ouverts et le maillage important des routes permettent de desservir et de découvrir cet habitat dispersé.
Les paysages bâtis, bourgs et villages recèlent un patrimoine urbain et architectural riche qu’il est plus ou moins aisé de découvrir. Si le château de Duras et l’église Saint-Eutrope d’Allemans-du-Dropt ouvrent largement leurs portes au public, certains édifices privés réservent la découverte de leurs trésors aux spécialistes, si bien que cette dimension patrimoniale savante rejaillit peu sur le territoire. Par contre, concernant le patrimoine rural, il est aisé de repérer la forte présence du bois dans la construction et la grande qualité des vastes granges qui se rencontrent notamment dans la vallée.

Des bastides bien vivantes

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Des bastides bien vivantes
A gauche : Halle centrale de la bastide. Remarquable architecture de bois. Les piliers reposent sur des socles en pierre. Villeréal.
Au centre : Rue descendant vers le Dropt. Les maisons perdent progressivement de la hauteur . Vocabulaire urbain XIXe sur maisons plus anciennes. Villeréal.
A droite : A l’intérieur de la forme originelle de la bastide, les jardins sont nombreux, occupant les parcelles non bâties. Villeréal.
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Villeréal, forme urbaine et paysage
Le cœur ancien de la batide se concentrait sur la croix formée par les rues principales convergeant sur la place de la halle, c’est pourquoi malgré le développement courant XIX et XX ème, il reste de nombreux jardins à l’intérieur du quadrilatère d’origine. Les extensions les plus récentes gagnent la campagne, laissant entre deux opéations groupées des terrains agricoles enclavés. L’originalité de Villeréal tient également à la forme générale de losange, peu courante dans les plans de bastide.

Les deux bastides de l’unité, Villeréal et Miramont, ont conservé des caractéristiques urbaines très lisibles, avec leurs plans orthogonaux réguliers. Les rues principales se rejoignent sur la place centrale, de plan carré au milieu de laquelle se dresse encore la halle, et désormais, à Miramont l’hôtel de ville. Des couverts occupent un ou deux côtés de la place. Si la composition urbaine est rigoureuse, l’architecture est variée. On rencontre des façades en pierre avec des fenêtres à meneaux, des façades à ossature bois, avec remplissage en briques, ou bien en torchis. Il y a également des maisons « modernisées » au XIXe siècle qui présentent des ornementations et souvent d’élégants balcons ouvragés au 1er étage. Dans l’ensemble les maisons ont deux ou trois niveaux, elles perdent souvent un étage au fur et à mesure de l’éloignement du centre du bourg. Toutes les parcelles qui composent la forme urbaine régulière n’ont pas toujours été bâties, si bien que les jardins sont assez nombreux. Cette ambivalence concourt au caractère particulier de ces bastides où l’on peut passer d’une ambiance urbaine forte, à une ambiance plus champêtre dès la rue suivante. C’est particulièrement le cas à Villeréal où l’on découvre de grands jardins, voir des vergers au cœur même du bourg. Une autre caractéristique de ces bastides tient aux très larges boulevards qui les entourent. Ces surfaces souvent routières, qui servent aux stationnements manquent de qualité d’aménagement. Elles cernent la forme urbaine, comme une rocade pourrait le faire, mais elles le font avec les attributs de la ville, c’est à dire avec des bâtiments implantés à l’alignement des boulevards. Quelquefois, l’espace est partiellement planté d’arbres d’alignement. Ces boulevards forment une lisière de la ville ancienne dense qu’ils mettent en relation avec les extensions récentes et toutes les routes convergentes. Dans ces bastides de l’unité de la vallée du Dropt implantées sur des sites à faible contrainte topographique, cette ceinture de boulevards est à la fois fonctionnelle et identitaire.

Les villages au fil de l’eau

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Les villages au fil de l’eau
A gauche : Chaussée de l’ancien moulin provoquant une chute d’eau. Façade nord du village en rive du Dropt. Allemans-du-Dropt.
Au centre : Le village comprend deux halles. Il s’agit de l’ancienne halle aux prunes construite en 1856. Allemans-du-Dropt.
A droite : Rue principale, urbanisme régulier, tracé rectiligne, maisons mitoyennes à deux niveaux. La-Sauvetat-du-Dropt.
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Allemans-sur-Dropt, forme urbaine et paysage
Le noyau ancien se tenait entre le moulin et l’ilôt autour de l’église Saint-Eutrope, le château étant implanté légèrement à l’écart, côté ouest. Au XIX et XXe, le développement a gardé la logique régulière, construisant à l’alignement des rues en continuité avec le bâti antérieur, ce qui a réservé des cœurs d’ilôts très jardinés. Les dernières extensions s’éloignent du centre, elles se font le long des voies, par ensemble de 2 à 3 maisons.

La vallée du Dropt comprend peu de villages implantés directement en bord de rivière, mais ces entités villageoises contribuent à l’identité des paysages bâtis de l’unité paysagère, notamment par leur patrimoine. Ce sont les villages de La Sauvetat, en rive droite et d’Allemans en rive gauche qui sont situés à quelques kilomètres de distance l’un de l’autre, dans la partie occidentale de l’unité. Ils se caractérisent par leurs ouvrages liés au Dropt, ponts, moulins, barrage ou chaussée qui composent des entrées spectaculaires. A la Sauvetat, la rivière est enjambée par un pont remarquable, construit au XIIIe siècle, comprenant 24 arches, tandis qu’à Allemans, la rivière marque une chute qui donne à l’arrivée sur le village une dimension théâtrale. Implantés dans la vallée, sans contrainte topographique, ils présentent des formes urbaines régulières sur plan orthogonal. Les extensions ont poursuivi ce plan régulier, soit en épaisseur soit le long des voies.
En terme de patrimoine, Allemans-du-Dropt est surtout connu pour son église Saint-Eutrope dont l’origine remonte au XIe siècle mais dont la notoriété tient surtout aux fresques du jugement dernier réalisées au XVe siècle. Le village conserve également un château des XIII et XVIIe siècles. Ces éléments d’architecture témoignent d’une activité humaine dynamique dans la vallée du Dropt dès le Moyen-Age.

Les bourgs perchés

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Les bourgs perchés
A gauche : Silhouette étirée de Castillonnès qui a épousé la proue du relief au plus près.
Au centre : Porte piétonne en ogive dans l’ancien rempart. Castillonnès.
A droite : La rue principale qui rassemble divers commerces, relie la place des cornières à l’entrée sud de la ville. Vue vers le sud, le relief naturel se perçoit clairement. Castillonnès.
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Castillonnès forme urbaine et paysage
La forme urbaine très particulière de Castillonnès, tient à la proue de relief sur laquelle s’est implanté le bourg. Dans un bâti très dense, les places publiques assurent des respirations, mais elles fonctionnent également comme des articulations entre les quartiers. Le contraste est grand entre la densité bâtie d’origine et des faubourgs XIXe par rapport aux quartiers récents. Les dernières extensions organisées sous forme d’opérations indépendantes, enclavent des terrains agricoles.

Ils sont moins nombreux dans cette partie du département du fait d’une morphologie nuancée aux courbes amples. Implantés sur les versants dominant la vallée du Dropt ou les vallées affluentes, ils constituent néanmoins de belles silhouettes, souvent étirées sur un relief allongé, qui se distinguent à des kilomètres à la ronde. Si la plus emblématique reste Duras avec son beau château occupant la proue ouest du relief, chacune compose un paysage bâti original. Lévignac s’étire sur une crête, Castillonnès épouse un relief contraint. Dans ces exemples, les formes urbaines sont denses, réservant quelques places ou placettes en cœur de bourg, les immeubles sont mitoyens, ils s’élèvent sur 2 voir 3 niveaux. Par contre, les silhouettes ont évolué différemment les unes des autres. En effet, selon la pente et l’orientation du relief, le tracé des routes, et le document d’urbanisme, les extensions ont modifié la perception générale. Par exemple, à Duras, les pentes sud accueillent quelques maisons qui « s’échappent » de la forme d’origine, tandis qu’à Castillonnès, les contraintes du relief n’ont pas permis d’occuper les pentes, si bien que les extensions se sont développées sur le plateau. Dans un cas, la silhouette d’origine reste tenue par la forme du relief et conserve donc toute sa lisibilité tandis que dans l’autre, le contour devient plus flou, avec un nouveau parcellaire qui se dessine sur les pentes.

De petits villages disséminés dans la campagne

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De petits villages disséminés dans la campagne
A gauche : Très courte séquence bâtie en continuité avec l’église. Armillac.
Au centre : Blotti dans les vignes, le village se distribue autour de sa rue principale. Villeneuve-de-Duras.
A droite : Quelques maisons en vis à vis de la mairie, puis l’église. St-Martin-de-Villeréal.

C’est une caractéristique marquée dans cette unité de rencontrer des villages de taille très modeste qui pourtant dégagent une certaine « urbanité ». Par une implantation des constructions à l’alignement de la voie publique, par la présence de bâtiments mitoyens, par des volumes élevés, de deux ou trois niveaux, bien que la séquence bâtie soit « courte », on a bien le sentiment de traverser un village. En général, les édifices publics, l’église, la mairie, l’ancienne école, servent de repères. Certains de ces petits villages sont prolongés par la présence de plusieurs corps de ferme aux extrémités.

Une grande présence du bois dans la construction

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Une grande présence du bois dans la construction
A gauche : Mur de grange, constitué d’un mur bahut, sur lequel reposent des pans de bois, avec un remplissage en torchis. Il existe plusieurs granges de ce type. Rives, hameau de Paillé.
Au centre : Cœur de maison à empilage, entourée par des extensions à pans de bois. Saint-Dizier.
A droite : Autre exemple de grange avec un profond auvent devant une façade pignon. Mur bahut, pans de bois, remplissage en torchis et couverture en tuile canal. St-Quentin-du-Dropt.

Si le bois se retrouve dans l’architecture traditionnelle de plusieurs unités paysagères du département, la vallée du Dropt, dans sa partie amont, autour de Villeréal recèle un type de maisons particulières : les maisons à empilage dont la dendrochronologie (étude de l’âge du bois) permet de dater ces constructions du XVI et XVII ème siècles. Il en existe également dans le département de la Dordogne. Ces constructions se distinguent par des murs porteurs constitués de poutres équarries, empilées et assemblées à mi-bois dans les angles. C’est un mode constructif proche des chalets alpins, pour autant ces maisons ressemblent à des maisons « traditionnelles » locales, par leurs volumes et leurs silhouettes. Le bois se retrouve également dans les bâtiments ruraux, notamment les granges mais cette fois le bois n’en constitue que l’ossature et le remplissage varie.


LES ELEMENTS DU PAYSAGE

Les éléments liés à l’eau et à la roche

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La rivière. Allemans-du-Dropt
La rivière
Bien présentes mais discrètes dans cette unité paysagère, même pour le Dropt, leur petite taille les rend perceptible dans une découverte de proximité. On les perçoit plus particulièrement en les traversant ou par la présence de leur ripisylve.
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La ripisylve. Saint-Sernin
La ripisylve
Cette ligne arborée accompagne le passage de la rivière. Elle constitue un repère en signalant le passage de l’eau, participant à sa lisibilité dans le paysage. C’est aussi un support pour les continuités environnementales.
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L’étang collinaire. Mazieres-Naresse
L’étang collinaire
L’eau, peu visible par ailleurs, se révèle avec force avec trois grands lacs de retenue. Ils apparaissent soudainement avec leur grand miroir lisse dans le creux d’un vallon que l’eau a colonisé, constituant ainsi un évènement fort. Ils sont accompagnés de multiples petites réserves d’eau implantées dans les vallons.

Les éléments liés à l’agriculture

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La vigne. St-Sernin
La vigne
La vigne apparaît dans le Pays de Duras. Par son implantation ordonnée et permanente elle apporte une certaine rigueur. Les rangs de vigne jouent avec le relief et en soulignent la pente. Le graphisme des rangées de vignes s’imbrique dans les prairies, les boisements ou les parcelles de grandes cultures, participant à la création d’un paysage composite.
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Le verger. Monteton
Le verger
Les vergers sont disséminés à travers la vallée du Dropt. Ils sont plus fréquents dans le Pays de Duras. Ils y apportent une diversité appréciable et un autre graphisme rigoureux.
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Le vaste champ. Rives
Le vaste champ
Sa présence est souvent due à un regroupement de parcelles, éliminant alors les structures végétales (haies, rideaux, bosquets). Il donne alors une autre échelle à ce paysage occupé par des parcelles de taille plus réduite.
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Le petit champ. St-Sernin
Le petit champ
Les petites parcelles, souvent entourés de haies ou d’arbres, donnent une toute autre ambiance au paysage : un mélange d’intimité et de graphisme. Leur répétition forme des ensembles qui animent les reliefs.
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La prairie. La Sauvetat-du-Dropt
La prairie
Elles apportent un contrepoint aux cultures ou créent des transitions avec les cours d’eau, les vignes ou les grandes cultures. Elles participent aussi à la diversité de la mosaïque et à la conservation de la présence de l’arbre dans le paysage.

Les éléments liés à la forêt et à l’arbre

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Le bois. Monteton
Le bois
Les boisements ne s’imposent pas mais ils forment très souvent une partie des horizons. Cela est plus marqué dans le Pays de Duras. Ils participent à la composition d’ensemble du paysage en s’imbriquant avec les parcelles agricoles ou en marquant les crêtes ou les coteaux.
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La peupleraie. Mazieres-Naresse
La peupleraie
Les alignements des peupliers imposent leur marque dans le paysage des fonds de vallons ou de vallées. Ces plantations apportent un fort contraste. Leur rigueur quand elles sont bien gérées apporte un nouveau graphisme. Leur volume et leur hauteur tendent à masquer les reliefs ou les vues de part et d’autre de la vallée.
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La lisière. St-Sernin
La lisière
La fragmentation des boisements crée bon nombre de lisières, véritables interfaces avec les parcelles agricoles. Elles ont un rôle structurant dans ce paysage en apportant contrastes et limites visuelles.
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La haie, la bande boisée. Loubes-Bernac
La haie, la bande boisée
Présentes mais souvent de façon discontinue en limite de parcelles ou très résiduelles, ces structures végétales ponctuent les vues plus qu’elles ne les structurent. Elles disparaissent avec l’agrandissement des parcelles.
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L’arbre isolé. Levignac-de-Guyenne
L’arbre isolé
Il apporte une ponctuation du paysage, particulièrement remarquée au sein des grandes cultures. On le retrouve également comme un jalon à la croisée d’une route ou d’un chemin. Suivant les cas il joue un rôle de point de mire ou de repère par son isolement.

Les éléments liés à la route

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La route en balcon. Cambes
La route en balcon
Dans ces reliefs doux, ces routes en balcon offrent une perception du relief de la vallée, ailleurs pas toujours facile à lire. La RD 250 en constitue un bon exemple dans la partie aval de la vallée du Dropt.
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La route de fond de vallée. Rives
La route de fond de vallée
N’offrant pas toujours dans la vallée du Dropt une aide pour la lecture de la vallée, elle permet néanmoins parfois de côtoyer le cours d’eau. Dans le Pays de Duras la route suit les vallées principales, renforçant leur lisibilité.
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Le pont. Pardaillan
Le pont
C’est parfois le seul endroit d’où il est possible de découvrir le cours d’eau. Son architecture est souvent de qualité et compose avec le site.

Les éléments liés au bâti

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Le village sur la crête. Levignac-de-Guyenne
Le village sur la crête
De nombreux villages sont situés sur les hauts. Ils forment des repères dans le paysage tout en gardant une certaine mesure en se fondant dans le paysage. Duras constitue l’exemple le plus remarquable, visible à plusieurs kilomètres.
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Le village de fond de vallée. Allemans-sur-Dropt
Le village de fond de vallée
Plusieurs villages se sont installés au bord ou à proximité du Dropt. Certains établissent un contact plus prononcé avec l’eau grâce au bief d’un ancien moulin ou à un pont. Le cours d’eau apparaît alors comme une composante villageoise importante.
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La place. Castillonnès
La place
Lieu de rencontre, de représentation ou de commerce, cet espace est très visité et utilisé. Allant d’un simple espace à un lieu plus architecturé ou urbain, elle peut jouer un lien avec le paysage environnant en offrant des vues ou en entrée d’une bastide.
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La ferme isolée. La Sauvetat-du-Dropt
La ferme isolée
Constitué de volumes simples, parfois accompagnées d’arbres de haut jet, les fermes isolées sont éparpillées sur les coteaux. Elles ponctuent l’espace, formant un élément répétitif qui anime les vues, leur donnant une tonalité habitée.
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Le château. Duras
Le château
En état ou en ruine ils marquent les points hauts (butte, crête) de leur silhouette en belvédère sur une vallée ou les ondulations du relief. Ils forment des repères et des points de mire.
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Le moulin de fond de vallée. Allemans-sur-Dropt
Le moulin de fond de vallée
Les anciens moulins ponctuent le cours du Dropt, rappelant un passé artisanal ou industriel. Ils permettent d’animer le tracé de la rivière souvent calme et d’y donner accès.
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Le moulin à vent. Villeneuve-de-Duras
Le moulin à vent
Occupant des points hauts ou des buttes, parfois artificielles, leurs vestiges animent encore le paysage. La toponymie rappelle souvent leur présence sur les cartes. Ils étaient à l’origine des moulins-tours en pierre.