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Repères géographiques de la Forêt Landaise

Relief et eau

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Forêt Landaise carte relief et eau
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Forêt Landaise bloc-diagramme relief et eau

Un vaste plateau

La Forêt Landaise forme un vaste plateau au relief estompé qui se poursuit vers l’ouest jusqu’à la façade atlantique. En Lot-et-Garonne les altitudes moyennes sont comprises entre 110 et 130 m. Quelques dunes fossilisées ponctuent régulièrement l’horizontalité du plateau créant de petits reliefs d’une vingtaine de mètres de hauteur.
Sur le plateau, où les eaux sont naturellement stagnantes, l’exploitation forestière s’organise autour de la maîtrise de l’eau. L’ensemble de ce territoire est ainsi régulièrement ponctué d’étangs et sillonné de fossés de drainage, les « crastes », qui délimitent les parcelles.
Les rivières amènent une irrégularité dans ce paysage forestier aux formes très géométriques. Le Ciron et l’Avance forment ainsi de nombreux méandres, entourés d’une ripisylve feuillue.

Des franges vallonnées

Sur les franges du plateau, le relief est animé par de multiples vallonnements qui amorcent la descente vers la Garonne au nord et de la Gélise et de la Baïse à l’est. C’est sur ces vallons à l’est que se trouve le point culminant : 191 m à l’ouest de Xaintrailles. Le parcours de ces reliefs offre de véritables ouvertures dominant la forêt. Au sud la Gélise et son affluent le Gueyze creusent des vallons affirmés qui caractérisent le Pays de Sos.

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La platitude du plateau landais s’altère sur les franges. Vue en direction de Casteljaloux depuis Pompogne

La roche et le sol

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Forêt Landaise carte géologique

L’immense plage de sable marécageuse des Landes mal drainées, d’accès difficile, a été déposée par les vents. Le sable d’origine marine, poussé par les vents violents, recouvre les anciens reliefs d’une plage monotone -la plus grande d’Europe- qui vient mourir à l’ouest de Nérac.
Ces dépôts sont récents : ils ont commencé il y a moins de 0,5 Ma, au milieu de l’ère Quaternaire ; nos ancêtres australopithèques étaient déjà présents.
Sur ces sables et ces tables calcaires, les marécages ont été longtemps voués à la pâture. Les bergers la parcouraient perchés sur de fameuses échasses. Le pays est resté semi désert jusqu’à l’Empire où une loi de 1856 impose aux communes d’assainir et de boiser leurs marécages. Les plantations massives auront lieu 10 ans plus tard, juste avant la défaite de l’Empire en 1870 ; la pinède landaise est donc une très jeune forêt.

Un relief subtil qui détermine la fertilité

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La coupe de 22 km débute à l’ouest en plaine forêt, à l’est du Ciron. Elle coupe des ruisseaux nous la pinède - l’Avancelot, puis l’Avance- les plateaux forestiers sur calcaire gris, franchit la relique de haute terrasse avant de rescendre sur St Pierre de Buzet à l’est.
D’après une coupe géologique BRGM

Les sables landais récents (en gris sur la coupe) ont empâté et stérilisé les reliefs de la molasse miocène sous-jacente (beige, m2M) et ils ont comblé les premiers vallons qui parcouraient la plaque de calcaire gris.
On distingue plusieurs épisodes qui expliquent ces subtilités de relief. Une première couverture de sable colmate tous les reliefs, en partie dès la fin de l’éocène (m4), mais surtout au début du quaternaire (NF1). Une seconde couche plus récente (NF2) recouvre ensuite le tout.
L’érosion découvre ensuite une partie de la couche récente et dégage des « dorsales » de molasse et de calcaires éocènes qui ne dominent leurs alentours que de quelques mètres, 10 m au plus. Dans les fonds, le Ciron et l’Avance parviennent à reconquérir un peu de pentes en évacuant les sables récents et en s’enfonçant dans les premiers sables.

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Vue de Houeillès vers le nord. Le village est implanté sur l’une des « dorsales » de molasse déblayée de son sable (saumon). L’ensemble est jalonné de traces de dunes (jaune vif) aujourd’hui peu perceptibles sous les pins.
Source : d’après fonds géologique Brgm & visualiseur Google earth.

La pinède masque aujourd’hui le relief car les routes rectilignes parcourent de nombreux « faux plats » qui montent et descendent de 10 à 20 m, sur plusieurs kilomètres à chaque fois.
Ces subtilités n’avaient pas échappé aux quelques habitants antérieurs au XIX éme. Les oustaù des maîtres et de leurs métayers étaient surtout regroupés sur le bombement de quelques « veines » de molasse éocène où l’argile permettait de faire pâturer quelques animaux. Ils évitaient la couche ancienne (géol : gris, NF1), un marécage quasi stérile qui ne se franchissait jusqu’au printemps qu’avec des échasses. Sous la « dorsale » de molasse (saumon), à droite, les anciens hameaux avec leur prairials persistant dans le découpage cadastral, mais ils sont aujourd’hui noyés sous la pinède.

La lisière nette des Landes vers Nérac

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La bordure du massif landais vers Horton, au sud de Nérac, vue vers le nord- nord ouest.
Source : d’après fonds géologique Brgm & visualiseur Google earth.

A gauche, l’avancée maximale du manteau de sable des landes (gris) arrivant de l’océan où l’on distingue les « virgules » de dunes fossiles (jaune) couvertes par les pins. Ce manteau de sable a un temps recouvert les terrasses anciennes de la Garonne et jusqu’à la Baïse, mais les crues puissantes de ces rivières ont trouvé la force de les renvoyer à la mer.

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Les dépôts de sables landais ont recouvert le plateau à l’ère quaternaire, poussés par les vents. Carrière de sable à Durance

Agriculture

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Forêt Landaise carte agriculture
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Forêt Landaise bloc-diagramme agriculture

Dans les Landes l’exploitation forestière domine, l’agriculture restant une activité secondaire qui occupe quelques clairières ou la périphérie de quelques bourgs ou hameaux : Fargues-sur-Ourbise, Durance, Couthures… Les essais d’agriculture industrielle n’ont pas abouti, jusqu’à l’arrivée du maïs dans les années 1960. Sur le plateau quelques clairières sont ainsi consacrées à la maïsiculture. Certaines pouvant prendre la forme de grands champs circulaires centrés autour d’un pivot d’irrigation (Landes de Lagravette au sud de Durance). Mais la plupart du temps les parcelles sont de taille plus ordinaire et s’intercalent avec un petit parcellaire de prairies et ponctuellement de maraîchage (culture de l’asperge vers Fargues-sur-Ourbise).
Le Pays de Sos se singularise par une présence plus forte de l’agriculture et de l’élevage (bovin viande) : prairies, maïs, céréales, semences. Les vignes sont également présentes, puisque ce territoire est couvert par plusieurs aires d’appellation : AOC Floc de Gascogne, Armagnac Ténarèze et Armagnac.

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Quelques grandes clairières de maïsiculture sont implantées sur le plateau autour de pivots d’iirigation. Landes de Mounsaut, Allons

Forêt

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Forêt Landaise carte forêt
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Forêt Landaise bloc-diagramme arbre

La Forêt Landaise de Lot-et-Garonne correspond à l’extrémité Est du vaste massif forestier des Landes de Gascogne, massif résineux homogène de près de 1 million d’ha s’étendant sur trois départements (Gironde, Landes et Lot-et-Garonne). La partie lot-et-garonnaise de la Forêt Landaise forme un massif forestier d’environ 60 000 ha.

Une vaste forêt privée

C’est une forêt essentiellement privée. Elle comprend néanmoins la seule forêt domaniale de Lot-et-Garonne : la Forêt de Campet où le pin maritime est prépondérant. Elle couvre 1 650 ha et se situe sur le territoire des communes de Fargues-sur-Ourbise, Durance et Pompiey. Six petites emprises communales sont également présentes dans le massif.

Une pinède cultivée

Les plantations sont principalement constituées de pins maritimes. Contrairement à beaucoup d’autres forêts européennes, elle est presque entièrement constituée de forêt plantée et exploitée industriellement. L’importante amélioration de la productivité depuis les années 1950 (de 4 m3 à plus de 10 m3 par hectare et par an) résulte de l’application de techniques spécifiques de sylviculture (assainissement, travail du sol, fertilisation phosphatée, conduite des peuplements). La compétitivité du massif est aussi liée à l’augmentation de la mécanisation depuis l’installation jusqu’à la récolte. Le modèle prédominant correspond à la production de bois d’œuvre à partir de plantation (1000 à 1600 arbres/ha) ou de semis, avec 3 à 4 éclaircies effectuées entre 10 et 30 ans qui laissent un peuplement final d’environ 300 tiges/ha pour un âge d’exploitation compris entre 35 et 50 ans.
Ces plantations se traduisent par une forêt aux caractéristiques particulières. Dans chaque parcelle, les pins maritimes ont été plantés simultanément et ont donc tous le même âge et la même taille. Les parcelles sont parcourues de pare-feux, larges coupes et de chemins destinés à limiter la propagation des incendies et à faciliter l’approche des équipes de pompiers qui quadrillent la forêt sur des kilomètres.
Les parcelles d’âges différents créent des contrastes forts :
- vastes ouvertures des parcelles coupées, où subsistent quelques feuillus (chêne-liège, chêne vert...) qui laissent découvrir le sol sableux mis à nu,
- parcelles de pins juvéniles associées à un des fourrés impénétrables de bruyères, de fougères aigles et de ronces,
- parcelles de jeunes pins alignés en rangs qui bloquent toute ouverture visuelle,
- parcelles de pins adultes dépassent les 20 m de haut, entre les troncs desquels une transparence des vues est possible.

Le pin… et d’autres essences

Le pin maritime (Pinus pinaster) est l’essence principale de la Forêt Landaise. Mais d’autres essences l’accompagnent.
Sur les versants qui ourlent le rebord du plateau landais chênes, chênes lièges, châtaigniers et robiniers se mélangent par endroits aux pins maritimes.
Dans les forêts longeant les cours d’eau landais, le chêne pédonculé (ou chêne blanc) reste l’espèce dominante, accompagné de l’aulne glutineux.
Enfin des peupleraies se rencontrent également sur les franges du massif landais, notamment dans le Pays de Sos.

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Le paysage de la pinède landaise évolue au gré des coupes et des replantations qui ouvrent puis referment les vues. Les feuillus restent marginaux, cantonnés aux abords des secteurs habités et à quelques ripisylves. Houeillès

Urbanisme

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Forêt Landaise carte urbanisation
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Forêt Landaise bloc-diagramme urbanisation

Un massif forestier peu habité

La Forêt Landaise reste un territoire peu habité. Le canton de Houeillès, possède une des densités de population des plus faibles de France avec 4,9 habitants au km2. Il est également un des moins peuplé de France, avec 1600 habitants. Quelques villages forestiers sont néanmoins présents au sein de clairières. Durance, La Réunion, Fargues, Houeillès ... restent cependant, très éloignés les uns des autres, souvent par plus de 10 kilomètres.

Des villages dans des clairières

Dans ce massif boisé omniprésent, des clairières offrent des respirations salutaires propices aux implantations humaines : les airiaux. C’est selon ce principe de clairière habitée et cultivée que se sont implantés les villages comme Durance, Réaup-Lisse ou Houeillès. Au sein de l’airial les maisons restent éloignées les unes des autres, séparées par des prairies ouvertes où poussent quelques gros chênes. L’airial peut ainsi accueillir quelques maisons comme un village entier.
Durance reste atypique par la construction de sa bastide (antérieure à la plantation de la forêt et plus ancienne que la plupart des villages landais) et autour de laquelle l’airial s’est développé.

Les villages perchés du Pays de Sos

Le Pays de Sos présente des implantations urbaines différentes, liées à un relief plus affirmé. La topographie a ici commandé les implantations. On y trouve des villages perchés sur une butte (Sos), sur une crête (Ste-Maur-de-Peyriac) sur un versant (Poudenas).

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Au cœur du massif forestier, les villages sont rares. Ils forment des clairières habitées, souvent autour d’un carrefour routier. Allons

Patrimoine

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Forêt Landaise carte patrimoine

Site et patrimoine bâti

La Forêt Landaise, peu habitée, ne possède logiquement que peu d’éléments patrimoniaux protégés, hors quelques monuments ponctuels.
Bastides : Durance, Sos et Saint-Pé.
Châteaux : Poudenas, Ambrus.
Grand paysage : le site du Château d’Ambrus, de la chapelle Notre-Dame et leurs abords

Patrimoine naturel

Natura 2000 - directive habitat : les vallées de l’Avance, du Ciron, de l’Ourbise, de la Gélise et leurs affluents
Znieff de type 1 et 2 : de très nombreuses Znieff couvrent les différentes zones humides du plateau et des franges de la Forêt Landaise : vallées, étangs, marais, zones humides.
Arrêté de protection de biotope sur l’étang de la Lague et ses environs.

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Forêt Landaise carte SRCE

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique Aquitaine met évidence les éléments suivants :
- Réservoirs de biodiversité : les boisements de conifères et milieux associés.
- Corridors : les cours d’eau et milieux humides.

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La bastide de Sos implantée sur un éperon dominant la vallée de la Gélise