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Repères géographiques du Val Lémance

Relief et eau

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Val Lémance carte relief et eau
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Val Lémance bloc-diagramme relief et eau

Le relief du Val Lémance est constitué d’un plateau ondulé, entaillé par plusieurs vallées encaissées.
Les altitudes moyennes sont comprises entre 200m et 240 m sur les hauteurs. Le Val Lémance possède le point culminant du département de Lot-et-Garonne avec 275 mètres au sommet de Bel-Air situé au nord-ouest de Blanquefort-sur-Briolance, sur la frontière avec la Dordogne.
Le plateau est entaillé par la Lémance qui rejoint le Lot juste en aval de Fumel, ainsi que par la Lède et leurs affluents. Encaissées de 100 à 150 m par rapport au plateau, les vallées dessinent des reliefs abrupts allant jusqu’à former des gorges. Ces reliefs laissent ponctuellement apparaître des affleurements calcaires ou des bancs de roche rougis par le fer oxydé. Les méandres des vallées ont creusé localement des situations de verrou dans lesquelles se sont implantés des sites défensifs comme à Gavaudun sur la Lède ou à Cuzorn sur la Lémance.

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La Lémance et ses affluents sculptent des vallées encaissées dans le plateau. Sauveterre-la-Lémance

La roche et le sol

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Val Lémance carte géologie

La disposition d’ensemble des roches dans le Val Lémance est simple : les calcaires lacustres tendres de l’Agenais, à l’ouest, viennent ici recouvrir les calcaires tendres de la mer du crétacé, en rive droite du Lot. Ces derniers amorcent une transition depuis le Massif central cristallin vers l’Agenais. La transition est discrète car si leur origine historique diffère de 30 millions d’années, leur composition est somme toute assez proche, entre calcaires lacustres et marnes souvent recouverts à l’éocène d’une pellicule de sables acides. Tout ceci n’explique pas la complexité des reliefs et des sols du Val Lémance.

Un empilement de calcaires marins recouverts d’un placage d’alérite ferrugineuse

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Coupe ouest-est sur 13 km de l’ensemble de l’entité : Laborde, Sauveterre, Boulogne en limite est de département.
Source : d’après une coupe géologique BRGM

Tout le relief de l’entité est un empilement de calcaires marins chahutés par un plissement central. Le réseau hydrographique s’enfonce dans les trous de gruyère d’un causse crétacé.
Le tronçon est-ouest de la Lémance parcourt un synclinal - un pli vers le haut- du socle jurassique, et il est paradoxal que ce dernier ait été ainsi décapé. Un ancêtre de la Lémance a peut-être été d’abord une grosse rivière souterraine qui a miné le vieux calcaire jurassique jusqu’à son effondrement à ciel ouvert.
En surface, des lacs sont venus lécher ce pied de massif central à l’ère éocène, recouvrant indifféremment le sud-ouest de l’entité d’une pellicule de sables et grès. Plus à l’est, la dissolution des calcaires a laissé une couche d’altérite très chargée en fer. Sur ces terres ingrates, prairies et vergers déchirent le manteau de forêts sous lequel le sol bascule du « trop » calcaire au « trop » acide.
Lors d’un épisode de climat tropical, les pluies ont d’abord formé une couche de latérite, ce sol à carapace orange durci par une accumulation de rouille bien connu en Afrique centrale. La lente dissolution des calcaires par la pluie a ensuite déstructuré et concentré ce minerai très chargée en fer dans les creux du causse, offrant des sites d’exploitation que l’homme a exploités dès la Préhistoire. Exploités dès l’Age du fer, ils sont permis l’origine du passé sidérurgique de la basse vallée.

La vraie mutation de roche apparaît avec les calcaires jurassiques durs des Causses qui affleurent à la base des versants de la vallée de la Lémance, dans la partie centrale de l’entité. La rivière et son étroit cordon d’alluvions cultivées s’y enfonce entre deux versants pentus, caillouteux et boisés, typiques des versants de causse de calcaire jurassique.
Alors que sur les molasses il est rare de parcourir 1 km sans croiser un petit ru, le réseau devient ici franchement karstique : il faut traverser 3 ou 4 km de causse et redescendre dans la vallée suivante pour retrouver un cours d’eau qui surgit d’une source à l’approche du fond de vallée.
La roche calcaire est partout : dans les pitons rocheux des crêtes, les ruines de château, les grottes, à flanc des routes, dans le sol caillouteux, dans les murets, les murs des maisons. Plusieurs carrières ont exploité cette ressource pour la pierre de taille ou la production de chaux.

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La vallée de la Lémance, vue vers le nord depuis Cuzorn.
Source : d’après fonds géologique BRGM et visualiseur Google earth.

Vu d’en haut, la pellicule éocène (orange) domine ; elle est recouverte d’un manteau forestier. Mais la vie se concentre en bas, sur les replats d’altérite cultivés (1er plan) et surtout dans les vallées.
Les pentes sont raides, les sols sont maigres, pauvres chimiquement par excès de calcaire, sauf sur les argiles sableux éocènes et sur l’altérite où les pentes s’adoucissent, et le sol souffre cette fois d’acidité ; c’est le domaine du châtaignier, mais aussi d’un paysage plus ouvert entre prés et bois. Partout, une forêt maigre et lumineuse s’accroche à la roche. Le feuillu dominait fortement autrefois, mais les massifs ont été récemment enrichis en pin.

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Plusieurs carrières ont exploité la roche calcaire pour la pierre de taille ou la production de chaux. Aujourd’hui encore, les fronts de taille ocre-blanc impactent les versants de la vallée de la Lémance. Sauveterre-la-Lémance

Agriculture

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Val Lémance carte agriculture
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Val Lémance bloc-diagramme agriculture

Un épais manteau forestier recouvre cette unité. L’agriculture reste en Val Lémance une activité secondaire. Elle se concentre dans les vallées les plus larges de la Lémance, de la Lède, ainsi que celles des rivières affluentes et sur le plateau au sein de petites clairières. Espacées de 1 à 2 km en moyenne, des clairières parsèment la forêt. Occupées par des hameaux ou des fermes, elles donnent à la forêt vue d’avion, une apparence de « couverture trouée » dans un rythme ouverture/fermeture caractéristique.
Sur ces sols pauvres, les surfaces sont essentiellement dominées par les céréales et les prairies. L’agriculture est tournée vers l’élevage : élevage bovin moitié laitier moitié viande, élevage de palmipèdes, de chèvres. Quelques vergers de noyers et de châtaigniers valorisent ces sols acides.

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Dans les clairières du plateau et dans les fonds de vallée, les prairies occupent l’essentiel de l’espace agricole, associées à quelques cultures et à des vergers de châtaigniers et de noyers. Clairière agricole de La Sauvetat-de-Blanquefort

Forêt

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Val Lémance carte forêt
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Val Lémance bloc-diagramme arbre

Deuxième grand massif forestier du département, la forêt feuillue de Lémance recouvre environ 11 000 ha. Elle correspond à l’extrémité du vaste massif forestier du Périgord. Ses pentes sont couvertes de chênes auxquels se mêlent châtaigniers et pins maritimes. La forêt, exclusivement privée, occupe près de 80% du territoire. Cette occupation du territoire presque exclusivement forestière trouve ses origines dans l’exploitation d’un sol acide, permettant la production d’essences à fruits et à bois noble. Chênes, châtaigniers et noyers sont implantés de longue date. À l’origine, ils couvraient une surface encore plus importante qu’aujourd’hui.
La forêt constituait une source de revenu essentielle durant des siècles grâce à la culture de deux arbres adaptés au sol acide, le noyer et le châtaignier. Le noyer, après un long abandon, est actuellement redécouvert pour son fruit (huile, cerneaux) et la qualité de son bois utilisé en ébénisterie. L’AOC « Noix du Périgord » recouvre la partie ouest du territoire du Val Lémance. Le noyer se rencontre en lisière de champs et désormais en replantation de vergers.
Le châtaignier a fait, depuis des générations, le bonheur des habitants de ces régions. On en tirait autrefois un bois de qualité et on extrayait du tanin pour la fabrication du cuir. Les châtaignes étaient consommées et le châtaignier, appelé également « arbre à pain », était l’arbre nourricier par excellence.
L’association futaie et taillis est largement dominante. C’est un héritage de la forêt du XVIIIe siècle cherchant un compromis entre bois d’œuvre (futaie) et bois de chauffe pour les usages domestiques, mais aussi industriels (forges, verreries...) et agricoles (piquets de vigne). L’arrêt de cette exploitation au milieu du XIXe siècle a réorienté la forêt vers la futaie.
Depuis les années 1980, la mise en place de plans de gestion forestière a permis un renouveau des plantations de châtaigniers, malgré une nette tendance à l’introduction massive de résineux, dominée par le pin maritime.
Les bois, transformés par les entreprises locales, interviennent dans la production de parquets, de piquets, du charbon de bois, de la tonnellerie, des paniers et de la pâte à papier. La Communauté de Communes Fumélois-Communauté cherche à valoriser sa forêt avec la création d’une plateforme Bois-Energie, tout en préservant le bois d’œuvre indispensable aux scieries et parqueteries locales. L’exploitation des rémanents et des bois morts permet en outre de limiter le risque d’incendie.

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Depuis les années 1980, la mise en place de plans de gestion forestière a permis un renouveau des plantations de châtaigniers, malgré une nette tendance à l’introduction massive de résineux, dominée par le pin maritime. La Sauvetat-de-Blanquefort

Urbanisme

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Val Lémance carte urbanisation
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Val Lémance bloc-diagramme urbanisation

La vallée de la Lémance concentre l’essentiel de l’urbanisation groupée des bourgs : Sauveterre-la-Lémance, St-Front-sur-Lémance et Cuzorn se succèdent ainsi dans la vallée. Toutefois de nombreux hameaux (La Sauvetat-de-Blanquefort, Lastreilles, Bonaguil …) sont implantés sur le plateau ou dans des vallées secondaires.
Sur le plateau l’habitat est très dispersé. Les fermes isolées et les hameaux, sont lovés dans de petites clairières de quelques hectares, qui forment autant de petites alvéoles habitées et cultivées au sein du couvert forestier dominant.
Dans la vallée de la Lémance, la présence des activités industrielles est très lisible à cause de l’étroitesse du fond de vallée où elles prennent place. Carrières, scieries et autres activités donnent ainsi par endroits une connotation industrielle à la vallée.
Au sud du Val Lémance, l’influence de l’agglomération fuméloise se fait sentir, par un plus grand nombre d’habitations isolées qui se sont implantées le long des routes menant vers la vallée du Lot.

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La vallée de la Lémance concentre l’essentiel de l’urbanisation groupée des bourgs. St-Front-sur-Lémance

Patrimoine

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Val Lémance carte patrimoine
Site et patrimoine bâti

Grand paysage : Le Val Lémance possède deux sites patrimoniaux majeurs : le site classé de la vallée de Gavaudun et le site inscrit du Château de Bonaguil et ses abords.
Châteaux de Sauveterre-la-Lémance, Bonaguil, Gavaudun, Cuzorn.

Patrimoine naturel

Natura 2000 - directive habitat : coteaux de la vallée de Lémance

Znieff de type 1 et 2 : les Znieffs couvrent une grandes partie des versants pentus et des vallées et des fonds de vallons secondaires : prairies humides, coteaux sec et falaises des coteaux des vallées de la Lémance et du Sendroux, des vallées de la Lède, de la Lèze et du Laussou.

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Val Lémance carte SRCE

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique Aquitaine met évidence les éléments suivants :
- Réservoirs de biodiversité : milieux humides, boisements de conifères et de feuillus, pelouses sèches.
- Corridors : pelouses sèches, multi sous-trames.

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Le château de Bonaguil et ses abords forment le principal site inscrit du Val Lémance