Contenu

Les moulins à vent

JPEG - 446.6 ko
Une silhouette qui anime la ligne de crête. Villeneuve-de-Duras

Un repère marquant dans le paysage

De taille modeste mais situés sur de hauts promontoires, les moulins à vent sont encore bien visibles dans les paysages de Lot-et Garonne. Ils constituent des points focaux avec leur silhouette posée au sommet d’une colline souvent plus haute que les autres. Depuis leur promontoire de vastes panoramas s’ouvrent sur l’horizon. Les moulins à vent forment ainsi des buts de promenades reconnus.

De l’origine des moulins

C’est aux textes de l’Islam que nous devons la première mention d’un moulin à vent, dont les ailes, placées horizontalement à l’intérieur d’une tour cylindrique, captent un vent d’orientation et d’intensité constantes. En Europe, l’arrivée du moulin à vent est traditionnellement liée aux Croisades. Le moulin à vent européen est un moulin vertical, dont les ailes, placées cette fois à l’extérieur de la tour, s’orientent pour utiliser un vent changeant, d’intensité variable.

Un département riche en moulins

JPEG - 652.2 ko
Le site d’implantation du moulin offre souvent des vues panoramiques. Tourtres

Un état de 1 810 recense dans le département 480 moulins à vent, c’est peu dire si le Lot-et-Garonne aura été un pays de moulins. Leur construction fut, longtemps, un bon placement pour la bourgeoisie mais la vapeur triomphante de la révolution industrielle du XIXe siècle et les nombreuses démolitions pour s’exonérer de l’impôt dont ils étaient redevables ont eu raison d’eux.
Néanmoins, de ceux qui subsistent, il en est une quarantaine qui mérite d’être citée. Les plus remarquables sont ceux de Cantecoucut à Montesquieu, de Coulx, du Poivre à Bon-Encontre, de Gorry à Grateloup, de la Tuque à Foulayronnes, de Sabrecul à Lusignan-Petit, du Conté à Cauzac, de Gibra à Gontaud, d’Armel Guerne à Tourtrès et de Rouzé à Castelnaud. Sans oublier la curieuse éolienne Bollée du château de Gache à Buzet.

Une construction robuste et simple

Le moulin-tour, toujours cylindrique en Lot-et-Garonne, se distingue par une toiture conique qui peut virer de sorte à présenter la tête porteuse des ailes dans toutes les directions. Construction stable et robuste, elle est conçue pour résister aux vents forts et aux vibrations des masses en rotation. Ses murs, soigneusement appareillés en gros blocs de pierre, sont épais ; la charpente du toit est faite de chevrons fixés sur une sablière circulaire qui s’appuie et glisse lorsque l’on oriente les ailes sur la sablière dormante couronnant la tour.
Mais le plus impressionnant des éléments du moulin reste sans conteste le chapiteau, toit pointu et tournant, installé sur un chemin de fer immobile. La couverture, la capelada, est constituée de bardeaux de chêne ou de châtaignier qui se superposent comme des écailles. La girouette, au sommet du toit, prévient des changements de temps. Il faut alors toute la force du meunier pour mettre les ailes au vent, virant le toit grâce à une longue perche, la queue, qui descend jusqu’au sol. Cette queue est manœuvrée à l’aide d’une corde ou d’une chaîne, amarrée à l’un des douze piquets qui faisaient le tour du moulin.
Un avant-toit protège la sortie de l’arbre, pièce de bois de forte section, légèrement inclinée, qui porte les ailes dont l’envergure dépasse les 10 mètres.
A l’intérieur, le dernier niveau sous les combles abrite la machinerie et les meules, dispositif caractéristique des moulins d’Aquitaine.
Au rez-de-chaussée, le meunier dispose sa couche sous l’escalier. En se chauffant devant la petite cheminée, il veille la mouture qui descend dans la huche et le bruit régulier du système.

Une silhouette isolée sur la crête

JPEG - 613.4 ko
La butte sur laquelle est posée le moulin peut abriter des annexes.Tourtrès

On rencontre le plus souvent des moulins isolés. La technologie et la nature du commerce - le système de mouture à façon prévalant - rendant inutile l’entrepôt du grain à proximité, limitaient le développement des dépendances. Parfois, le moulin se laissait approcher par la maison du meunier, ou bien se hasardait audacieusement aux abords des villages, comme à Moirax, où deux anciens moulins, tels deux sentinelles décapitées, semblent encore garder l’entrée du bourg.
Comme hissé sur la pointe des pieds pour mieux voir les moulins d’en face, le moulin agenais est parfois installé sur une butte de terre artificielle qui peut servir de cave ou d’abri pour le mulet.

Sources : www.ladepeche.fr/article/2011/08/10/1143895-les-moulins-en-lot-et-garonne.html ; Le Lot-et-Garonne en 101 monuments. Le festin, numéro hors-série ; www.lefestin.net/archive/article/«-autan-»-en-emporte-les-moulins-de-lot-et-garonne