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Le vignoble de Lot-et-Garonne

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Le vignoble participe à la mosaïque de cultures du Lot-et-Garonne. Montagnac-sur-Auvignon
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Carte du vignoble de Lot-et-Garonne. L’ensemble du département est par ailleurs couvert par l’IGP Pays de l’Agenais.
Carte d’après sources INAO et Corine Land Cover (Attention, de nombreuses parcelles de vigne de petite taille échappent à l’analyse satellitaire par Corine Land Cover, ce qui minore la surface en vigne sur cette carte)

Le vignoble de Lot-et-Garonne ne se présente pas comme une monoculture de vigne occupant l’intégralité de ses aires d’appellation. C’est au contraire un parcellaire de vignes imbriqué au milieu des cultures, des vergers et des prés. Dans cette mosaïque de cultures la vigne apporte ses caractéristiques paysagères propres : les petites parcelles à taille humaine, le graphisme des lignes de ceps et une forte présence humaine dans les parcelles aux différentes étapes de la culture et de la récolte.

Six appellations d’origine contrôlée (AOC) y sont recensées, les Côtes de Duras, les Côtes du Marmandais, le Buzet, le Brulhois, l’Armagnac-Ténarèse et le Floc de Gascogne, auxquelles s’ajoutent trois vignobles bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP) : Mézinais et Vin du Tsar dont les aires sont localisées et Pays de l’Agenais, donc l’aire couvre l’ensemble du département.


Au nord, l’AOC Côtes de Duras

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La vigne s’accompagne d’une forte présence humaine dans les parcelles aux différentes étapes de la culture et de la récolte. Soumensac

L’AOC Côtes de Duras est la plus ancienne, puisqu’elle a été obtenue dès 1937. Le vignoble, limité au sud par la vallée du Dropt, s’étend sur environ 1500 ha et recouvre le terroir des 15 communes du canton de Duras. Le territoire est fait d’une alternance de collines rondes et de plateaux escarpés, comme le site où est établi le bourg de Duras. Les sols sont d’origines marneuses ou molassiques dans les parties basses et le sud du vignoble et de calcaires ou argilo-calcaires plus en altitude. Le vignoble comporte environ 65% de rouge (cépages de merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc et malbec) pour 35% de blanc (sauvignon, sémillon, muscadelle, odenc, chenin, mauzac et ugni blanc), exploités par 72 vignerons indépendants et 118 coopérateurs. La production est de 76 000 hl par an. Les vins rouges, en général souples et fruités, peuvent être tanniques et charpentés pour les cuvées vieillies en fût. On trouve également des blancs surprenants, secs comme moelleux, qui, avec le temps, révèlent une extraordinaire typicité.

De part et d’autre de la Garonne, l’AOC Côtes du Marmandais

L’AOC côtes du Marmandais a été obtenue en 1990. Les Côtes du Marmandais situées de part et d’autre de la Garonne, s’étendent sur une superficie de 1300 ha et 27 communes.
Parfaitement exposés sur les terrasses et les coteaux de Garonne, les terroirs sont relativement différents d’une rive à l’autre du fleuve. Rive droite, les sols calcaires et argilo-calcaires permettent d’exprimer pleinement les caractéristiques des cépages merlot, abouriou (spécificité de l’appellation) et malbec. Rive gauche, ils reposent sur une grave perméable qui donne des sols très chauds, bien drainés, adaptés aux cépages tels que le cabernet franc, le cabernet sauvignon, l’abouriou, la syrah et le sauvignon blanc. L’assemblage de ces cépages confère aux vins du Marmandais une palette aromatique riche qui donne des vins à la fois ronds, fruités, voire épicés. L’appellation compte aujourd’hui près de 90 vignerons produisant environs 50000 hl par an, majoritairement des vins rouges (85 %) mais également des blancs et des rosés.

Entre Garonne et Baïse, l’AOC Buzet

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Belvédère sur les coteaux de Garonne depuis les vignes de Buzet. Montesquieu

À Buzet, l’activité principale a toujours été la viticulture. Le vin a gagné ses lettres de noblesses depuis qu’une poignée de vignerons souhaitant s’affranchir de la tutelle des négociants, créa en 1953 la Cave des Vignerons. Depuis, les Vins de Buzet ont parcouru un long chemin, dont l’obtention de l’AOC en 1973. Le terroir est composé de boulbènes limoneuses, d’argiles, de limons, de grave et de terrefort argileux dont les plus élevés se trouvent sur des croupes culminant à 150 m.
Ancrée aux coteaux de la rivière Baïse, l’appellation s’étend sur plus de 1 800 ha et mobilise 209 vignerons. Les cépages utilisés sont pour les blancs : muscadelle, sauvignon et sémillon et pour les rouges : cabernet-franc, cabernet sauvignon, côt et merlot. La production est de 90 000 hl par an. L’alternance de boulbènes, de sols graveleux et argilo-calcaires permet d’obtenir des vins à la fois variés et typés. Les rouges, puissants, profonds, charnus et soyeux, rivalisent avec certains de leurs voisins girondins.

Entre Garonne et Gascogne, l’AOC Brulhois

L’AOC Brulhois a été obtenue en 2011. Le vignoble, travaillé par 45 vignerons représente aujourd’hui 160 ha d’exploitation. Les terres sont constituées de coteaux de graves et de plateaux, de sols sablo-caillouteux en surface et argileux en profondeur. Tannat, malbec, fer servadou et abouriou sont associés aux merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon. Les Côtes du Brulhois, dont les « Vins noirs » étaient fort appréciés au Moyen Âge, produisent 10000 hl par an, répartis entre 45% de rouge, 40% de blancs et 15% de rosés.

Sur le Causse, l’IGP Thézac-Perricard

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Le graphisme des rangées de vigne. Masquières

L’IGP Thézac-Perricard date de 1988. C’est en 1980, qu’une poignée de vignerons passionnés fit renaître le vignoble sur ce sol rocailleux entre Serres et Causses. C’est un tout petit vignoble qui compte moins de 40 hectares de vignes.
Le vin du Tsar, issu du vin de Thézac-Perricard, tient sa dénomination de Nicolas Il, séduit par le breuvage que lui servit le président Armand Fallières, originaire de Mézin. L’empereur de toutes les Russies en passa une commande telle que le vin bénéficia par la suite de cette prestigieuse dénomination. Le vignoble est complanté des cépages Côt et Merlot, pour le rosé et le rouge, ce qui fait la particularité de son vin et lui apporte corps et finesse. En 2010, un vigneron, Fabrice Gary, a planté 1 hectare de petit et gros manseng, afin d’élaborer un vin blanc moelleux.

Au sud, Armagnac et Floc de Gascogne

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Vigne sur les coteaux de la vallée de la Gélise. Sos

L’AOC Armagnac Ténarèze obtenue en 2009, couvre le nord-ouest du Gers, autour de Condom, et le sud du Lot-et-Garonne (19 communes). Dans cette zone de transition au sol argilo-calcaire, on trouve des boulbènes et des terreforts argilo-calcaires. Les eaux-de-vie qui y naissent sont généralement riches, plus corsées que celle du Bas-Armagnac et atteignent leur plénitude après un vieillissement prolongé.
Obtenu par la distillation de vin blanc dans un alambic, vieilli de longues années en fûts de chêne, l’Armagnac est proposé sous forme d’assemblage ou en millésimes. L’Armagnac Ténarèze tient son nom de la route, ou chemin de César, qui reliait les Pyrénées à la vallée de la Garonne par Lannepax, Cazeneuve et Saint-Maure.
L’AOC Floc de Gascogne a été créée en 1990. Dans le Lot-et-Garonne elle correspond à l’aire de l’AOC Armagnac-Tenarèze. Le Floc est un mélange d’Armagnac jeune et de jus de raisin frais. Ce mélange éprouvé depuis le XVI siècle, se déguste en apéritif. Il est consommé dans l’année qui suit son acquisition, et se déguste très frais (6 à 7°c) pour en apprécier le subtil caractère.
(Sources : INAO, le Festin, le Lot-et-Garonne en 101 monuments ; sites internet des divers vignobles)