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Le village et la ville

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La place ombragée par le mail de platanes. Lavardac

Les paysages urbains du département se sont constitués au cours de siècles, avec certaines périodes plus fastes à la construction que d’autres. Si le XIII ème siècle, par exemple, s’impose très vite à l’esprit avec la quarantaine de bastides édifiées en cinquante ans, d’autres périodes semblent avoir laissé moins de traces visibles, surtout lorsqu’il s’agit de périodes très éloignées dans le temps. Quelquefois les traces sont ténues mais elles ont conditionné de manière durable des formes urbaines que nous connaissons aujourd’hui ou des axes de circulation encore empruntés. Dans d’autres cas, c’est notre regard qui s’est « détourné » et ne voit plus de quoi est fait la ville qui l’entoure. Si certaines architectures ont les faveurs du public, comme les silhouettes épiques des forteresses médiévales, les ensembles urbains sont moins faciles à identifier, à repérer dans un tissu bâti souvent recomposé et reconstruit sur lui-même.
L’objectif de ce chapitre est de repérer et d’évoquer toutes les étapes déterminantes d’aménagement et de construction qui ont donné corps aux paysages bâtis et ont fondé les spécificités qui les caractérisent aujourd’hui.

Une campagne agricole, habitée et cultivée

Des empreintes discrètes mais tangibles

Si les éléments bâtis légués par ces temps antiques ne sont pas très imposants, leur permanence les rend émouvants. Certains d’entre eux se dressent encore, mais qui se souvient qu’ils bravent le temps depuis si longtemps ? Par leur présence, ils témoignent d’une occupation très ancienne, à ce titre, ils confirment l’aménité de ce territoire nourricier. Ils indiquent aussi qu’il s’agissait d’un territoire déjà habité, desservi et traversé au début de notre ère.

Le territoire des nitiobroges

Le peuple des nitiobroges, qui fut rattaché à l’Aquitaine nouvelle, province romaine, en 27, occupait, du V ème siècle avant JC au Ier siècle après JC, d’après les études historiques, un territoire assez proche de l’emprise du département actuel.
Considérant que dans chaque ouvrage traitant du département, les auteurs commencent par mentionner la difficulté à définir des limites géographiques précises, il est intéressant de noter que malgré tout, ce territoire va conserver pendant plus de vingt siècles une géométrie relativement constante.

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Plateau de l’Hermitage, site d’occupation des nitiobroges
Source : « Réflexion sur le plateau de l’Hermitage », BE CREHAM, novembre 2012 dans le cadre de l’élaboration du PLUI de la Communauté d’Agglomération d’Agen.

Il ne reste rien de bien visible de cette occupation de cinq siècles, si ce n’est un grand « vide » à côté d’Agen, le formidable belvédère du plateau de l’Ermitage : 50 ha encore occupés par l’agriculture qui dominent de plus de 160 m la vallée de la Garonne, en contre-haut de la ville d’Agen. Plusieurs campagnes de fouilles ont été conduites sur le site, qui ont permis de découvrir, outre la structure défensive, des puits à offrande et des vestiges d’activité artisanale. La dernière campagne de fouilles préventives (2013) laisse penser qu’il s’agit d’un des plus grands forums connus de cette époque.

La pax romana

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Mosaïque romaine provenant du site de la trésorerie générale. Agen

Les éléments bâtis légués par l’Antiquité sont rares dans les paysages urbains, ou bien ils sont très discrets, désormais enfouis sous terre et ne seront découverts qu’à l’occasion de travaux, ou bien, ils sont détournés. C’est le cas de fragments de sol en mosaïque, mis au jour qui sont présentés aux passants, dressés contre les murs. Comment imaginer que ces jolis tableaux colorés proviennent des profondeurs de la ville et sont constitutifs de son histoire ?

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Agen antique. Plan de repérage des bâtiments et des structures antiques connus
Atlas historique des villes de France sous la direction de Higounet, Marquette et Wolff. Edition du CNRS 1985

Agen était située sur une voie importante nord/sud, reliant Périgueux (Vesunna) et Eysses (Excisum), désormais englobé dans Villeneuve, occupait le carrefour de cette voie nord/sud avec la voie est/ouest reliant Cahors à Bordeaux. Ces deux grandes villes comportaient des équipements urbains imposants. A Agen, l’amphithéâtre est resté longtemps visible sur le plan parcellaire, qui conservait la forme elliptique des maçonneries antiques. A Villeneuve, il subsiste l’élévation de la tour dite d’Eysses, abside de la curie d’un ensemble monumental.

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Ruines gallo-romaines à Aiguillon
Source : Les lithographies de la Guienne historique et monumentale, publiées par Alexandre Ducourneau (1842-1844) – dessin de J. Philippe, lithographié par Claveau imprimé par Chauve (Bordeaux)
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Les éléments gallo-romains des remparts d’Aiguillon sont bien toujours en place, mais masqués par la végétation.

En longeant Aiguillon par le train, en contre-bas de la ville, on découvre intégrée dans l’enceinte médiévale une portion de maçonnerie gallo-romaine en pierres calcaires de petit appareil avec des assises régulières en briques, composées de plusieurs arcs étroits et très hauts. Si la dynamique de reconstruction des villes sur elles-mêmes a, la plupart du temps, effacé les vestiges, le temps des travaux a permis de recueillir des fragments mobiliers mis en dépôt dans les divers musées du département.

Hors des villes, les archéologues ont identifié plus de quatre-vingt sites de villae, répartis sur tout le département. Ces villae correspondaient au centre de vie de grands domaines agricoles. Elles sont en majeure partie implantées à proximité ou dans les vallées, Garonne, Lot, Dropt, Baïse, mais également dans la vallée de l’Osse, du Gers, de la Séoune. En plus des villae, les archéologues ont identifiés des sites d’habitat beaucoup plus diffus sur le territoire. Encore une fois, si ces traces sont enfouies, elles rendent compte d’un mode d’occupation du territoire. Comme pour les ensembles urbains, elles sont mises au jour à la faveur de travaux. C’est le cas par exemple de la villa Lamarque à Castelculier, connue des spécialistes mais découverte et étudiée à l’occasion de l’aménagement d’un lotissement. Surgissent alors de terre hypocauste, bassins, palladium, etc… Quelquefois, la présence de ces vestiges inspire les aménageurs alentours qui ornent leurs projets d’éléments architectoniques « antiques ».

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La Tour de Peyre-Longue à Saint-Pierre-de-Buzet
Source : Les lithographies de la Guienne historique et monumentale, publiées par Alexandre Ducourneau (1842-1844) – dessin de J. Philippe, imprimé par Perenès

Outre les voies héritées de la politique d’aménagement de l’empire romain, il reste dans la campagne un autre type de bâti, les tour-piles ou tour milliaire (toponymie : tourrasse). Elles sont peu nombreuses et semblent avoir fondu sous les intempéries mais certaines ont encore belle allure. Elles se présentent comme des volumes cylindriques, pleins, bâties en petit appareil, leur usage ou fonction n’est pas clairement établi. Une des mieux conservées est celle qui se dresse sur la commune de St-Pierre-de-Buzet mais on en rencontre d’autres (Aiguillon, Roquefort).

La fin de l’Empire romain et les grandes invasions, du V ème au X ème siècles n’ont pas laissé de marques identifiées dans les paysages urbains. Cinq siècles qui auront sans doute plus détruit que bâti.


Guerres et paix, un territoire convoité du X au XV ème

Pendant quatre siècles, alternent des périodes apaisées favorables au développement, à l’expansion, aux projets, aux aménagements, et des périodes de conflits violents qui détruisent et rassemblent les populations derrière des enceintes fortifiées.

La fondation des grandes abbayes

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Vue sur le chevet de l’église de l’ancienne abbaye de Moirax, dont la fondation remonte à 1049
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Cette carte des établissements monastiques aux XI et XII siècles témoigne d’une occupation humaine relativement diffuse du territoire même si les vallées et le sud du département concentrent davantage d’édifices.
Source : Actes du colloque sur l’Abbaye d’Eysses – Villeneuve-sur-Lot 2011 - Article L’abbaye d’Eysses dans le réseau des établissements monastiques en Aquitaine aux XI et XIIe siècles, de Alain Beschi.

Aux XI et XIIe siècles, sous l‘impulsion des grands ordres religieux, de nombreux établissements monastiques voient le jour dont quelques grandes abbayes, Moirax, Clairac, Saint-Maurin, Eysses.
Ces grands ensembles monumentaux ont mal résisté aux vicissitudes du temps. Il en reste des éléments remarquables, quelquefois l’église abbatiale, mais aucun n’a conservé son intégrité, église, cloître, bâtiments conventuels et clôture. Par exemple, l’abbaye de Saint-Maurin, fondée par l’ordre de Saint-Benoit a été consacrée en 1097. De l’ensemble monastique, illustré dans le Monasticum Gallicanum, ouvrage qui rassembla plus de 160 vues cavalières, gravées au XVIIe, d’établissements bénédictins et de l’ordre de Saint-Maur, il ne reste que des fragments insérés dans les maisons du village. En traversant Saint-Maurin aujourd’hui, il n’est pas aisé de se figurer l’ampleur de l’ancienne abbaye. Moirax a conservé l’église abbatiale, bel édifice roman, une partie des bâtiments conventuels et de la clôture. L’abbaye d’Eysses, transformée en maison d’arrêt sous l’Empire est devenue inaccessible.
La plupart de ces grandes abbayes très incomplètes sont situées à l’intérieur des bourgs ou des villages, elles sont constitutives du tissu urbain sans toutefois être très lisibles.

La dissémination des églises dans les campagnes

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Porte ornée de l’église du hameau de Fontarède, commune de Moncaut. Edifice du XII ème siècle
Mais cette effervescence religieuse s’est également traduite par la construction de nombreuses chapelles disséminées sur le territoire, reflet de la dispersion des populations habitant au plus près des terres à travailler. Pierre Deffontaines le note ainsi dans son ouvrage “ La moyenne Garonne”, les divisions paroissiales s’adaptèrent « au fouillis désordonné des collines de mollasses, les multiples vallées parallèles et étroites, l’émiettement extrême du peuplement ». C’est ainsi qu’il n’est pas rare aujourd’hui que des communes rurales aient en charge, ce qui peut être une difficulté, l’entretien de 3, 4 à 5 chapelles sur leur territoire. Ces chapelles souvent isolées, ou à proximité d’un petit hameau, constituent un motif récurrent des paysages, sorte de leitmotiv que l’on redécouvre au fil des chemins de randonnée. Elles sont quelquefois entourées par l’enclos d’un cimetière. Un certain nombre d’entre elles sont d’ailleurs protégées au titre des sites inscrits. Ce sont des édifices de dimension modeste, souvent à nef unique, caractérisés par leurs belles maçonneries de pierre calcaire, percées de petites ouvertures, qui dégagent une impression de solidité et semblent immuables. Édifices d’architecture romane à l’origine, elles comportent des ajouts ou des modifications ultérieures. On peut imaginer que bien qu’elles soient encore nombreuses, bon nombre aient disparu.

Les édifices religieux fortifiés

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Eglise fortifiée Saint-Clair de Gouts, isolée dans un airial de la forêt. Allons
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Une archère dans le mur d’enclos de l’église de Pompogne

Quelques églises, certaines isolées, d’autres proches des villages se démarquent par un enclos fortifié. Souvent ces murs nous semblent de hauteur bien modeste mais ils ont conservé des archères qui rappellent leur caractère défensif. C’est le cas par exemple de l’église de Saint-Clair de Gouts, dans un airial landais, de celle de Fargues-sur-Ourbise. Contre l’église de St Pée-St-Simon était même adossé un logis seigneurial. Ces édifices s’ils ne marquent pas fortement le grand paysage, constituent des séquences bâties signifiantes qui ancrent le territoire dans une histoire ancienne agitée.

Les châteaux forts

Le caractère défensif des édifices est plus fréquemment associé aux châteaux forts. Le département compte un certain nombre de châteaux d’origine médiévale, mais ce patrimoine n’est pas toujours bien identifié par le public. Ces édifices souvent isolés dans la campagne, sont des propriétés privées discrètement lovées dans le paysage et peu accessibles. Pourtant leurs masses bâties se découvrent au détour des chemins de randonnée ou des petites routes communales, par exemple le château de Cauzac, celui de Combebonnet à Engayrac, La Gabertie à Thezac, le château d’Estillac, Ambrus à la lisière de la forêt landaise. Pour d’autres plus visibles, les travaux conduits au cours des siècles ont transformé le bâtiment au point que l’origine médiévale devient moins visible. Par exemple, le château de Lauzun ou celui de Duras présentent des silhouettes caractérisées par les campagnes de travaux des XVI et XVIII ème qui font oublier en partie leur origine défensive.

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Chateaux forts de Bonaguil, Gavaudun et Madaillan.
Le château de Bonaguil, édifice emblématique du département, comprend des parties du XIIe, du XIII, du XIVe englobées dans une grande campagne de travaux conduite au XVIe siècle par Bérenger de Roquefeuille. Du château de Gavaudun, il ne reste que le donjon qui se dresse à l’extrémité de la table rocheuse et domine le village et la vallée. Le château de Madaillan, construit au XIIIe siècle occupe un promontoire à l’extrémité d’une serre dominant la vallée du Bourbon.

Mais après avoir évoqué tous ces châteaux forts devenus “discrets”, il reste des silhouettes quelquefois ruinées, emblématiques et bien connues qui marquent le paysage qui les environne. Le nord-est du département concentre le plus grand nombre : Bonaguil, Sauveterre-La-Lémance, Gavaudun, Cuzorn mais d’autres élévations perdurent ailleurs, comme le donjon du château de Madaillan dans le pays de Serres, ou le château de Buzet qui semble veiller sur l’autoroute.

Les bourgs castraux : des silhouettes urbaines haut perchées dans le paysage

Un bourg castral est une petite cité qui s’est développée et maintenue autour d’un château. Dans le cas particuliers des bourgs castraux, les enceintes ont souvent épousé l’affleurement rocheux, venant en surélévation du relief. Le choix d’implantation de ces châteaux privilégiait les situations topographiques qui les mettaient non seulement en situation de veille, il s’agissait de voir loin mais également, en partie à l’abri des assaillants, occupant un relief isolé, un éperon barré, etc… Ces choix à l’origine défensifs ont ainsi « disposé » dans le paysage, des silhouettes bâties haut perchées, qui semblent coiffer un pech, une colline, une proue. Au cours des conflits, au fil des siècles, les murs d’enceinte ont souvent disparu, soit détruits, soit absorbés dans les constructions ultérieures. C’est ainsi que des maisons d’apparence quelquefois modeste présentent d’imposantes maçonneries de pierres assisées et forment des alignements réguliers. Il arrive que le château n’existe plus, le clocher de l’église a pris le relais du donjon disparu et semble dominer, depuis toujours, la silhouette du village. (Clermont-Dessous, Saint-Médard, Pujols, ...)

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Clermont-Dessous : ancien bourg castral avec les vestiges du château à côté de l’église et les vestiges du mur d’enceinte

Le choix d’implantation qui devait protéger « naturellement » des assauts a également joué un rôle dissuasif dans les extensions bâties. En effet, les glacis très pentus n’étaient pas favorables aux constructions et souvent le village s’est étendu à quelque distance du noyau d’origine, à la faveur d’ un replat ou d’une pente moins raide. Il arrive aussi que le village, trop éloigné des bassins de vie, ne se soit pas développé. C’est pourquoi la lisibilité de ces silhouettes est si grande, car elles se dressent encore sur des versants souvent libres de constructions. (Montpezat, Montéton, Tombeboeuf, Bazens... ). Néanmoins, cette caractéristique n’est plus systématique, puisque certains bourgs a priori plus attractifs se sont développés sur les versants en contrebas, avec des programmes de quartiers résidentiels expansifs (Ste-Colombe-en-Brulhois, Penne d’Agenais). Dans ces contextes, la silhouette d’origine perd de sa force.
Vu de l’intérieur, ces bourgs castraux présentent l’avantage d’offrir d’amples panoramas, même si ces vues étendues ne sont pas toujours disponibles depuis les espaces publics. Quelquefois, il reste un chemin de ronde en pied de remparts, et alors, le paysage se découvre en vision cinétique, en tournant autour du relief (Beauville, Cahuzac). Ces bourgs présentent une densité bâtie qui leur confère un caractère « urbain » bien que la superficie reste modeste. La contre-partie de la forme contrainte par les remparts, par la topographie et la densité bâtie, est la faible place laissée aux jardins qui sont relégués le plus souvent à l’extérieur.

Les remparts : une limite désormais englobée dans le tissu bâti

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A Nérac les deux enceintes successives de la ville construites en rive droite sont bien lisibles dans la ville d’aujourd’hui et correspondent à de larges espaces publics, l’un circulaire pour la première enceinte, le second rectiligne pour l’enceinte plus tardive.
Source : Atlas historique des villes de France sous la direction de Higounet, Marquette et Wolff. Edition du CNRS 1985
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Maisons construites sur le front nord des remparts de Tournon d’Agenais

Au Moyen-âge, les cités n’étaient pas nécessairement construites autour d’un château, mais elles se protégeaient derrière des remparts, construits, étendus, renforcés, démolis au gré des troubles et des guerres de religion. La croisade contre les albigeois (1212-1219) vit le sac des villes de Casseneuil, puis de Marmande. Aux massacres et à la mise à feu des villes, succédait la démolition des remparts. Tout au long de la guerre de cent ans, les enceintes furent confortées, agrandies. Ces dispositifs défensifs ont ainsi connu plusieurs tracés puis, des évolutions différentes selon les villes. Concernant les grandes villes du département, ces enceintes sont désormais discrètes dans le paysage urbain. Souvent elles ont servi d’assises à des constructions civiles, alignement de maisons qui rendent compte du tracé de l’enceinte. Les différentes rues des rondes à Agen, témoignent assez littéralement du tracé des remparts. Elles gardent une certaine présence, soit par le maintien des portes, comme à Villeneuve, soit par la présence de tours ou bien lorsque les remparts assuraient un soutènement comme à Marmande ou à Aiguillon, par exemple. Dans les villes importantes, la limite que constituait les remparts a été rapidement dépassée tandis que dans les petites cités, la césure est restée perceptible.
Une évolution significative de ces dispositifs défensifs sera au XIX ème siècle, la création de promenades publiques à l’emplacement des fossés ou des boulevards en pied de remparts.

Les bastides : un modèle urbain rationnalisé

Le modèle de la bastide, ville « nouvelle » fondée au XIII ème siècle n’est pas propre au Lot-et-Garonne, il se rencontre dans un large sud-ouest mais le département en comprend un grand nombre et une belle diversité. En Lot-et-Garonne, les bastides ont été fondées soit par le Comte de Toulouse, Raymond VI, qui fondera la première, Puymirol, en 1246, puis par Alphonse de Poitiers, son gendre et par les rois de France soit par les rois d’Angleterre, ducs d’Aquitaine. Conçue la plupart du temps à partir d’un tracé régulier, protégée par des fortifications, la bastide est une sorte de grand lotissement, fondé par un pouvoir politique qui souhaitait voir s’implanter une population d’actifs sur son territoire. Certaines bastides viennent conforter un village ou un castrum déjà existant comme c’est le cas de Puymirol ou de Caudecoste, et il ne faut pas oublier que d’autres, qui sont véritablement des bastides de part leur fondation historique n’ont pas pris l’allure caractéristique d’une cité sur plan orthogonal comme c’est le cas de Francescas.
Mais, davantage que leur origine historique et les motivations de leur fondation, du point de vue du paysage actuel, les bastides se distinguent d’une part selon leur site d’implantation, d’autre part, selon leur évolution.

Les bastides perchées
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La silhouette de la bastide perchée de Monflanquin forme un repère sur un large territoire

Les bastides édifiées sur des hauteurs ont très souvent adapté la trame régulière à la forme du relief sur lequel elles s’implantaient. Puymirol dont le plan épouse un éperon allongé, non seulement favorise les rues longitudinales aux dépends des rues transversales mais pour occuper toute la longueur disponible, renonce à la droite parfaite et trace sa rue principale selon un arc très tendu. Tournon qui occupe un promontoire avec une légère forme de poire, déforme son tracé pour suivre les lignes du relief. Cette adaptation au socle est lisible en plan mais surtout elle diversifie le paysage urbain, générant par ses légères courbes, des effets perspectifs très intéressants. Laparade, implantée en rebord de plateau dominant la vallée du Lot en rive droite n’a pas eu besoin de s’adapter aux contraintes de terrain, le plan est régulier. Monflanquin, édifiée sur une colline isolée à forte pente, inclinée vers le sud, n’a pas non plus renoncé à la rigueur géométrique du tracé, si bien que la place du marché et les rues longitudinales accusent la même forte pente que le relief d’assise. De nouveau cette disposition topographique génère un paysage urbain singulier, bien différent des autres bastides.

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Bastides perchées : Le plan orthonormé de base s’adapte aux contours du relief ce qui engendre une forme particulière pour chaque bastide. Plans de Monflanquin, Puymirol et Tournon
Source : Cadastre napoléonien, Archives départementales de Lot-et-Garonne

Ces implantations sur point haut ont un double impact. Comme c’était le cas pour les bourgs castraux, elles hissent les bastides, haut sur l’horizon, les silhouettes se repèrent de fort loin, renforçant cette caractéristique d’un territoire de cités perchées, comme autant de sentinelles scandant le paysage. Pour la même raison, de ces bastides sur relief, les vues sont amples. Mais la relation entre paysage intérieur et paysage extérieur est particulière. En effet, protégée derrière d’anciens remparts, la bastide n’a pas été conçue pour s’ouvrir, telle un belvédère. Néanmoins, cette relation au grand paysage existe aujourd’hui, ce sont depuis les rues que le regard peut s’évader et ce sont souvent de très belles fenêtres qui s’ouvrent sur la campagne agricole.

Les bastides en vallées
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Plan cadastral de la bastide de Granges-sur-Lot au début du XIXe siècle. Le plan urbain régulier ne se déforme qu’au contact de la berge du Lot.
Source : Archives départementales du Lot-et-Garonne

En général, les bastides édifiées dans les vallées présentent un tracé plus régulier, souvent sur une base carrée, se déformant légèrement au contact avec la rivière pour les bastides en rive, comme c’est le cas à Vianne, en bord de Baïse ou à Villeneuve sur Lot. Ces bastides de vallée ou de plaine sont moins visibles que les bastides perchées. Par contre, ne bénéficiant pas d’une topographie naturellement défensive, elles disposent souvent de fortifications imposantes, dont il subsiste des tours, des portes d’entrée, des morceaux de remparts. Vianne est un bel exemple ayant conservé une grande partie de ses éléments défensifs, mais également Villefranche-de-Queyran dont le rempart ouest est encore en place.

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Bastides de vallée : L’absence de contrainte topographique permet au plan régulier de se développer sans déformation. Pans de Villeneuve, Vianne et Villeréal
Source : Cadastre napoléonien, Archives départementales de Lot-et-Garonne
L’évolution des bastides en terme de forme urbaine

Selon les dynamiques économiques des territoires, les bastides ont évolué très différemment. Certaines cités sont restées pratiquement dans l’emprise de l’enceinte médiévale tandis que d’autres ont très largement débordé. Les petites bastides qui ont peu évolué livrent souvent, de l’extérieur, à l’échelle du paysage, une lecture claire de l’urbanisme médiéval, comme Durance, toute petite bastide implantée dans la forêt landaise, ou Vianne, ou encore Laparade. Par contre, dans les communes où l’expansion a été plus forte, la forme urbaine d’origine s’est trouvée englobée dans les extensions et n’est plus lisible, si ce n’est en photographie aérienne. Dans une bastide comme Villeneuve, le processus de franchissement de la limite est ancien, il est progressif, le tissu urbain enveloppant la bastide est dense, il témoigne de l’extension régulière de la ville. Dans le cas de communes plus rurales, l’extension est plus récente et plus rapide, elle se traduit par un urbanisme lâche de quartier résidentiel avec des bâtiments sans hauteur, qui vient en contraste avec le cœur de la bastide, silhouette urbaine dense avec maisons à étages. Une autre cause de perte de lisibilité tient quelquefois à la modification des entrées, pour faciliter l’accès des véhicules.

La force du plan régulier

Une caractéristique des bastides tient au tracé des rues qui se déclinent selon une hiérarchie bien établie. Les rues principales, ou carreyras se croisent au centre de la bastide et irriguent la place centrale où se tient le marché. Les rues transversales, ou traversières coupent les carreyras à angle droit. Les cœurs d’ilots sont desservis par les andrones. Il arrive que de nos jours les andrones soient fermés par des extensions, qui en condamnent l’accès. Les maisons de la place centrale reposent la plupart du temps sur des cornières (ou couverts, ou embans ou garlandes), sorte de galeries à arcades qui permettent de se tenir à l’abri des intempéries ou du soleil. Certaines places sont presque refermées par les cornières et l’accès se fait sous une arcade. Par contre, ce mode constructif de maisons reposant sur des galeries n’est pas exclusif aux bastides, on le retrouve sur des places de villages ou en bordure de rues, comme par exemple la rue des cornières à Agen, qui n’a jamais été une bastide.
Il est intéressant de noter que ces rues médiévales ont été dotées de largeurs qui ont permis leur maintien jusqu’à aujourd’hui. Elles sont assez larges pour laisser circuler les voitures, voire même quelquefois stationner, tout en ménageant des trottoirs en pied de maisons. Même s’il est regrettable de voir les places de bastide envahies de voitures, néanmoins, c’est bien parce que les bastides étaient accessibles, y compris aux véhicules qu’elles sont restées vivantes et habitées.
Une autre caractéristique déterminante tient à la permanence du parcellaire et des règles d’alignement. Sur les places de cornières, se côtoient maintenant des façades d’aspect médiéval avec des façades à l’architecture « pompier » de la fin du XIXe, soit sept siècles d’écart, ou bien des façades en pierre qui voisinent avec des élévations en pans de bois, des cornières en plein cintre avec des cornières en arc brisé, sans que le regard ne soit heurté, ni même que le promeneur ou l’habitant ne soient conscients de l’hétérogénéité de l’architecture. C’est en effet bien l’urbanisme médiéval bien plus que l’architecture qui a marqué durablement le paysage du Lot-et-Garonne, avec ses règles de densité, d’alignement, de prospect. Cet urbanisme a généré des formes urbaines qui sont aujourd’hui emblématiques notamment en terme de communication touristique.

Pour en savoir plus lire Les bastides et les paysages de Lot-et-Garonne

S’implanter en rive, entre risque et bénéfice

D’un point de vue historique, les implantations en rive semblent motivées par la présence de l’axe marchand que représentait la rivière. Ce choix impliquait alors de prendre toutes précautions utiles pour se garantir contre les inondations. Si bien que les villes étaient bâties soit sur une terrasse naturelle abrupte qui mettait une dénivellation protectrice, comme à Fumel, Aiguillon, Tonneins, Marmande, Le Mas, Meilhan, soit sur une terrasse moins marquée mais à une certaine distance, comme à Agen. Pourtant, il existe quelques villes des plus anciennes qui se sont établies à cheval sur le cours d’eau, développant un ensemble de fortifications sur chacune des rives. C’est le cas de Nérac et celui de Villeneuve.

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S’implanter en rive, entre risque et bénéfice : Tonneins est protégé des crues de la Garonne par d’imposants perrés. A Villeneuve, les maisons se tiennent haut perchées au-dessus du Lot.

Bien évidemment, sont également bâtis en rive de chacune des rivières importantes du département, de nombreux moulins dont la construction pour certains remontent au XIII ème siècle. Si l’on devait n’en citer qu’un, sans doute c’est le moulin de Barbaste sur la Gélise qui viendrait à l’esprit, caractérisé par son aspect de forteresse campée de quatre tours. Mais ils sont très nombreux, transformés au cours des siècles, démolis lors des conflits, reconstruits. Indispensables pour la transformation des produits, ils ont été l’objet d’investissement et de modernisation jusqu’au XIX ème siècle. Les superstructures quelquefois ne laissent plus deviner leur ancienneté.

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S’implanter en rive, entre risque et bénéfice : Moulin médiéval de Lustrac, commune de Trémons, en rive gauche sur le Lot. Moulin du Pont Vieux, en rive gauche de la Baïse à Nérac. Moulin fortifié de Barbaste sur les eaux de la Gélise.

La renaissance entre humanisme et désolation

Si le moyen-âge a marqué durablement le territoire par des formes urbaines qui se sont pérennisées, la renaissance a laissé des éléments d’architecture de grande qualité que l’on peut encore admirer de nos jours mais qui sont inscrits de manière plus ponctuelle dans les paysages qu’ils soient urbains ou ruraux.

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Logis renaissance, fenêtre à meneaux et portail encadré de pilastres, Saint-Pastour
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Le pavillon des bains construit par Henri IV en bord de Baïse, à Nérac

A Nérac, Marguerite de Navarre, la sœur de François Ier, va rassembler une cour de lettrés au sein de laquelle les idées de la réforme religieuse se développent. Sa fille, Jeanne d’Albret, sera protestante. Avec Henri II d’Albret, épousé en 1527, ils vont moderniser le château et commencer les premiers travaux dans les jardins en bord de Baïse. Cinquante ans plus tard, Henri IV, son petit-fils, et son épouse Marguerite de Valois poursuivront les aménagements et agrandiront le parc de la Garenne. Au fil de la Baïse, d’autres châteaux prendront corps ou se moderniseront au XVI ème siècle, comme le château de Bournac, celui de Séguinot, ou celui de Lagrange-Monrepos.
Un des édifices emblématiques de la période est la maison dite des conférences à Nérac, dans laquelle auraient eu lieu les débats entre Catherine de Médicis et les chefs protestants dans les années 1578-1579 pour aboutir à une paix entre protestants et catholiques. L’Edit de Nérac précède de vingt ans l’Edit de Nantes qui sera signé en 1598.

Une autre dynamique architecturale tient à des évêques d’Agen, qui arriveront d’Italie avec leur suite, composée d’humanistes et de médecins, dont Jules César Scaliger qui a laissé un nom à un boulevard. Mateo Bandelo qui deviendra évêque en 1550, fera construire la tour qui s’élève encore aujourd’hui à Hautefage-La-Tour, et transformera le château de Bazens.

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Maisons à pans de bois, avec un large débord de toitures, datant du XVe / début XVIe siècle. Cancon
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Façade renaissance très ouvragée de l’hôtel Jacques de Vaurs, rue des Juifs à Agen

En dehors de l’architecture monumentale des châteaux, la renaissance laissera un bâti urbain, constitué de maisons à pans de bois, comme à Cancon, de maisons en pierre, mais également d’hôtels particuliers. Par exemple, le musée des Beaux Arts d’Agen est constitué de l’assemblage de trois hôtels du XVI ème siècle.
Quelques églises également ont conservé des éléments de cette période, soit des éléments d’architecture, soit des peintures murales.

Mais jusqu’en 1650, les périodes de trouble vont perdurer et se solderont par la mise à sac de plusieurs villes, entraînant le démantèlement des enceintes, la destruction des lieux de culte mais également du bâti civil.

Le développement économique des XVII et XVIII ème siècles

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Carte des moulins à eau à la fin du XIXe.
D’après l’Atlas historique français - Le territoire de la France et de quelques pays voisins - Agenais, CNRS, 1979

Dès la fin du règne de Louis XIII, une nouvelle administration voit le jour, ce sont les intendants. L’objectif politique est de “doubler’ l’administration des officiers possesseurs héréditaires de leur charge, pour renforcer l’autorité du roi. Ce projet politique sera déployé par Louis XIV et Colbert qui nommeront des intendants, dans les provinces, à la tête des généralités. S’appuyant sur cette administration, le pouvoir royal comptait développer les ressources du pays et par voie de conséquence prélever des impôts sur les nouvelles activités.
Dans cette dynamique, Colbert charge son intendant de la généralité de Guyenne, Claude Pellot d’améliorer la navigabilité sur le Lot de manière à faciliter l’exportation des matériaux extraits dans des pays amont. De grands travaux sont entrepris : digues, écluses et ports sont mis en œuvre sur la rivière. Ce projet conduit sur le Lot n’est pas isolé. L’énergie hydraulique que représentent les rivières va motiver l’aménagement ou la modernisation de très nombreux moulins. Ces moulins sont utiles à la transformation des produits agricoles mais également pour des activités artisanales ou industrielles.

L’amélioration des voies de communication

L’objectif de transport des marchandises se traduira également par la construction ou l’amélioration des voies de communications, en particulier le tracé des routes royales, mises à l’abri de l’ardeur du soleil par deux belles rangées d’arbres que l’on retrouve patiemment dessinées sur les cartes de Belleyme et de Cassini. Ces routes doivent permettre d’exporter les productions vers l’extérieur mais elles profitent également aux échanges locaux.

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Les routes principales sont ombragées par des alignements d’arbres représentés sur les grandes cartes de France.
Carte de Cassini. Source Géoportail
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Carte des foires à la fin du XVIIIe siècle. Cette carte montre le nombre important de foires qui rassemblaient les populations des campagnes dans les bourgs et les villages.
D’après l’Atlas historique français - Le territoire de la France et de quelques pays voisins - Agenais, CNRS, 1979

Les foires et marchés sont alors très nombreux qui drainent les populations vers les centres bourgs pour écouler les marchandises ou se ravitailler.
Dans le paysage aujourd’hui, ces aménagements d’infrastructures sont encore visibles, à commencer par les routes devenues depuis départementales et qui, au fil des ans, ont perdu une grande partie de leurs alignements. Les aménagements hydrauliques ont également perduré.

Les grandes manufactures

Parallèlement, le pouvoir royal prend la main sur des secteurs de production, au moyen des manufactures royales. En Lot-et-Garonne, l’économie du tabac qui constituait un complément de revenus depuis le XVI ème siècle, va devenir un monopole royal. De grandes manufactures seront construites à Tonneins en bord de Garonne et à Clairac en bord du Lot.

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La manufacture de Tonneins est implantée en berge de Garonne et dispose d’un quai pour embarquer les produits.
Source : cadastre napoléonien début XIXe siècle, Archives départementales de Lot-et-Garonne
Description de la manufacture de Tonneins
“Elle consiste en une grande cour, deux salles pour le ficelage, un magasin de bouts ficelés, un autre pour le bois de construction, une forge, un atelier pour les ouvrages de menuiserai, un logement pour les officiers de la manufacture et celui du portier, finalement un rivage étendu d’une absolue nécessité pour la réception des tabacs par la voie de la Garonne.”(Archives départementales de Lot-et-Garonne, E sup. 2327 et 2294 bis ; citation extraite de l’ouvrage Histoire de Lot-et-Garonne – CNDP, Conseil général)

Les châteaux et hôtels particuliers

Cette expansion économique va prendre corps sous forme de nouveaux bâtiments, soit des lieux de production, comme les manufactures de tabac comme à Tonneins, les manufactures de toiles à voile, à Agen, etc... soit sous forme d’hôtels particuliers ou bien de châteaux. Le département compte peu de châteaux homogènes en terme d’époque constructive ; souvent d’origine médiévale les châteaux sont modernisés ou reconstruits sur les bases anciennes ; c’est le cas des châteaux de Poudenas, de Duras, de Xaintrailles, de Lauzun, ...chaque période faste est l’occasion pour les propriétaires d’agrandir la bâtisse ou bien de passer commande d’un ensemble de décors intérieurs qui mettent la vieille maison au goût du jour.

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A gauche, le château de Duras construit sur une base plus ancienne est profondément remanié au XVIIe siècle, les rebords de terrasse sont festonnés par un remarquable ensemble de balustres. Au centre, l’Hôtel Hutot de la Tour, édifice XVIIIe édifié sur le rempart ouest à Agen ; l’ancienne tour des remparts sera transformée en salon de musique. A droite, l’élévation majestueuse de l’ancien évêché, édifié durant le dernier quart du XVIIIe qui deviendra la préfecture d’Agen.

Néanmoins, il existe quelques châteaux dont la construction est engagée au XVIIIe siècle, plutôt dernier quart du XVIII ème comme l’Evêché qui deviendra la préfecture, l’hôtel Hutot de la Tour, le château des ducs d’Aiguillon, le château de Marcellus, … Dans les centres villes, se sont incrustés, à la parcelle, dans des alignements plus anciens, des hôtels particuliers de belle facture.

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En 1812, les centres villes conservent un tissu médiéval avec des rues courbes et un bâti serré. Les zones de dégagement devant les anciens remparts deviennent des promenades plantées.
Marmande et Agen, cadastre napoléonien (1812), Archives départementales de Lot-et-Garonne

Si cette période d’expansion économique se traduit d’une part, par le développement du maillage viaire et, d’autre part, par la construction de nouveaux bâtiments, pour l’activité ou pour la résidence, en revanche peu de projets urbains semblent voir le jour. L’observation du cadastre napoléonien du début du XIX ème siècle laisse deviner un tissu médiéval encore serré, pratiquement sans espace public excepté la traditionnelle place du marché.

Le XIXe siècle, un nouvel urbanisme se met en place

Les grands boulevards et l’arrivée du train

C’est au courant du XIX ème siècle que les villes vont se transformer sous l’impulsion de projets urbains programmés. Les idées du baron Hausmann, qui fut sous-préfet à Nérac au début de sa carrière, vont se diffuser au delà de la capitale et seront déclinées par des ingénieurs et des architectes dans le Lot-et-Garonne comme dans toutes les villes de province.

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L’architecture moderne des grands magasins mêle pierre, métal et céramique.
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A Agen, les boulevards de la République et Carnot, nouveaux cardo et decumanus du XIXe siècle entaillent le tissu médiéval sans ménagement, c’est l’architecture qui assure le lien entre les deux trames viaires.
Source : Géoportail

De larges avenues et boulevards vont entailler le tissu urbain à peine transformé depuis le Moyen-âge, ou bien vont fédérer l’organisation de quartiers en direction des gares, nouvelles portes d’entrée dans les villes. Ces percées s’accompagnent de la construction d’immeubles, dédiés aux logements, quelquefois, aux “grands magasins”, ou aux banques. En terme de volumétrie, ces constructions sont intéressantes parce qu’elles composent avec de fortes contraintes parcellaires.

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La confrontation du tissu bâti médiéval et des percées du XIXe crée des bâtiments angulaires

Souvent, elles occupent un terrain biscornu qui raccorde le parcellaire antérieur avec le parcellaire orthogonal lié aux nouvelles rues. De ce fait, elles offrent des façades régulières assez monumentales qui se retournent en angle aigu ou au contraire en angle obtus sur les rues adjacentes héritées de l’ancien tracé. Le traitement d’angle de ces immeubles est alors l’occasion de réponses architecturales inventives.

Les places et les squares

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Kiosque à Musique de la place du gravier à Agen

Une autre caractéristique de cet urbanisme est l’importance accordée aux espaces publics : les avenues sont assez larges pour que les trottoirs soient plantés d’arbres en alignement. L’espace autrefois occupé par les enceintes est converti en boulevard ou promenade publique. Des squares voient le jour, ornés de kiosques à musique, de fontaines. Il est intéressant de noter que de nouveaux espaces publics sont également aménagés dans le cas d’extensions bâties, ils servent alors d’articulation entre le nouveau faubourg ou le nouveau quartier et le noyau ancien, que ce soit dans les grandes villes ou dans les cités plus modestes. C’est le cas par exemple à Prayssas ou à Laugnac comme l’exprime assez clairement le cadastre napoléonien.

Entre urbanisme raisonné et opération immobilière

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Ce lotissement du XIXe siècle présente un caractère très urbain avec ses maisons mitoyennes aux façades alignées sur le rue et des jardins privatifs en coeur d’ilot. Agen
Source : Géoportail
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Les maisons présentent en général un minimum de 2 voir 3 niveaux, elles sont composées avec 2 ou 3 travées, ce qui donne un aspect citadin à ces rues. Agen

Des quartiers entiers vont voir le jour en périphérie des centres anciens, avec principalement des programmes de logements. Plusieurs exemples de lotissements de la fin du XIX ème siècle sont encore bien visibles dans le paysage des villes. Les maisons présentent en général un minimum de 2 voir 3 niveaux, elles sont composées avec 2 ou 3 travées, ce qui donne un aspect citadin à ces rues. La plupart du temps, les maisons disposent à l’arrière d’un jardin de la largeur de la façade. En fond de parcelle, il est mitoyen du jardin de la maison construite sur la rue suivante.
Ce modèle d’urbanisme qui fait ses preuves depuis plus d’un siècle, a généré un cadre de vie agréable tant pour l’habitant de la maison que pour l’usager de l’espace urbain.

Le XIX ème siècle et l’affirmation du bâtiment public

Tout autant que son empreinte urbaine, le XIX ème siècle a laissé des marques fortes que sont les bâtiments publics. L’évolution politique et sociale du pays a rendu nécessaire la construction de bâtiments qui répondaient à des fonctions d’usage spécifique, et dont l’architecture devait exprimer le poids des administrations et par voie de conséquence le pouvoir de l’Etat. Cet élan de construction a gagné toutes les communes, disséminant mairies et écoles sur le territoire. Certains projets étaient réservés aux plus grandes villes, comme les équipements sanitaires, bains-publics, hôpitaux, ou bien comme les équipements culturels, les théâtres, ou bien encore les bâtiments liés aux administrations, les postes, les tribunaux, les prisons, les gendarmeries, les archives et les casernes.
Les halles, ou le marché couvert est un équipement qui existait depuis plusieurs siècles. Au XIX ème, l’aspect de ces bâtiments sera complètement transformé par les progrès de la construction métallique. De grandes halles verront le jour, à la manière des “pavillons Baltard” également des volumes plus modestes supportés par une structure métallique. Certaines villes ont conservé ces marchés tout en les affectant à d’autres fonctions, comme Marmande ou Villeneuve. La mode de la construction métallique s’exprimera également au travers de grands auvents, profonds, en rez de chaussée de commerce, soutenus par de fines colonnes métalliques. Les cartes postales anciennes sont nombreuses qui montrent ces grandes terrasses abritées. Quelques bâtiments ont conservé ces éléments comme à Tonneins par exemple.

Un vocabulaire architectural éclectique

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Boulevard Scaliger à Agen, une maison d’inspiration mauresque s’est glissée entre deux immeubles plus standards

Cette période a laissé en terme d’architecture, une très grande diversité de bâtiments. Le vocabulaire “néo-classique” assez neutre a souvent été utilisé pour les immeubles de ville, les immeubles de rapport et pour les bâtiments publics qui se devaient de rester sobres, comme les écoles, les casernes, les hôpitaux... Dans le style néo-classique, les ornements sont discrets, les travées sont régulières, le traitement des façades est symétrique.
Mais ce n’est pas toujours le choix de la discrétion et de la sobriété qui a été fait. Certaines réponses architecturales étaient plus démonstratives, soit qu’il s’agissait d’affirmer la fonction du bâtiment soit que le propriétaire souhaitait se démarquer.

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Maison ornée de cariatides, ornementation insolite dans le paysage urbain de Lauzun
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Grande qualité de l’ornementation sculptée qui conjugue des styles architecturaux divers, boulevard de la République, Agen

Plusieurs facteurs se sont combinés pour donner lieu à tant de diversité : la diffusion des connaissances par le biais des publications sur l’architecture et les progrès techniques, le goût de l’exotisme et des voyages et l’intérêt nouveau pour l’architecture ancienne. Si bien que l’on peut rencontrer une villa mauresque (comme à Castelmoron en bord de Lot) ou des maisons à cariatides (comme à Lauzun), etc. Pour les lieux de culte, la “mode” était plutôt au style néo-gothique qui permettait d’inscrire dans le paysage de hauts clochers qui se repéraient de loin.

L’architecture au service de l’activité économique

Au XIXe siècle, l’activité s’est diversifiée et a nécessité de construire de nouveaux bâtiments, soit liés à la production, soit à l’administration. Ces implantations industrielles ou artisanales qui s’étaient faites aux portes des villes ont progressivement été englobées, puis repoussées à l’extérieur. Mais il en reste quelquefois de grands volumes bâtis, monumentaux ou élégants, comme la brasserie Laubenheimer à Nérac, ou les “Etablissements Thomas” à Agen.

Dans le nord du département, l’activité de hauts fourneaux du Fumelois a continué à se développer, entraînant la construction de bâtiments de production mais aussi, à la fin du siècle, la construction de logements pour les ouvriers, c’est-à-dire le début de la cité ouvrière. La cité sera agrandie au début du XX ème, il reste aujourd’hui environ 300 logements.

Le développement du réseau viaire se poursuit

Engagés dès le XVIII ème siècle, la modernisation et le développement des voies de communication se sont poursuivis. Il est intéressant de noter que les grands alignements de platanes qui bordent certaines portions des routes datent de ces campagnes de travaux.
Mais les efforts d’investissement se diversifient. A la route, s’ajoutent le train et le canal latéral qui doit relier le canal du midi à la Garonne. Ces nouvelles infrastructures irriguent le territoire, facilitent le déplacement des personnes et des marchandises mais également elles traversent les villes et en changent la physionomie. Dans les villes desservies, se développe le “quartier de la gare”. En rive du canal, outre la construction des maisons éclusières à chaque extrémité de bief pour surveiller le fonctionnement de l’écluse, des ports sont aménagés. Ces modernisations du XIX ème siècle sont maintenant agrégées dans un tissu composite qui s’est encore étendu.
Ces dynamiques d’aménagement du territoire vont s’interrompre avec la première guerre mondiale et peu de changements interviendront jusqu’à la fin de la seconde guerre, excepté quelques exemples d’architecture moderne ou d’architecture Art Nouveau qui viendront s’insérer dans le tissu des villes.

La rupture des années d’après-guerre

L’architecture moderne s’invite en centre-ville

Portés par un élan d’enthousiasme et de foi dans le progrès, des bâtiments modernes vont prendre place dans les paysages urbains, principalement des bâtiments publics dont l’architecture inspirée des mouvements modernistes sera en complète rupture avec l’architecture traditionnelle. En général, ce sont de belles réussites du point de vue de l’architecture mais qui continuent de surprendre, parfois, par leur décalage avec l’environnement. A cette même période, les bâtiments vont prendre de la hauteur et vont perdre leurs toits. Agen aura sa tour comme nombre de préfectures de province.

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La Tour Victor Hugo dépasse largement l’horizon des toitures du centre d’Agen
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L’ensemble du Floréal avec au premier plan, la cité des fleurs, ensemble de logements associant grand immeuble et maisons en bande, réalisés au tout début des années soixante, en lisière de la ville d’Agen
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L’église Sainte-Jehanne au Passage d’Agen, édifice moderne des années 1960 fait partie d’un ensemble urbain composé d’immeubles autour d’une esplanade. Agen
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Le nouveau bâtiment de la préfecture construit vers 1963 arbore une architecture résolument contemporaine alors qu’il voisine avec l’ancien séminaire, bâtiment du XVIIe siècle et les archives départementales, bâtiment du XIXe. Agen

La nécessité de logements conduira à construire des immeubles parallélépipédiques, avec des toitures terrasse, présentant 5 à 6 étages, voire plus, soit bien plus hauts que l’immeuble traditionnel, que l’on appellera les “barres”. Ces immeubles prendront place, le plus souvent, en lisière des villes.
Dans les années 70/80, une autre dynamique viendra transformer les centres villes d’une manière plus radicale. Conçus dans une approche plus urbanistique qu’architecturale, ces projets prendront place sur des îlots entiers, modifiant d’une part de grands linéaires de façades urbaines mais influant également sur le rapport à la rue, tant pour le piéton que pour la voiture.

La fabrication du paysage péri-urbain à partir des années 60/70

Progressivement la voiture va se démocratiser et modifier la notion des distances. Du trajet donné en kilomètres, on va passer au trajet quantifié en minutes.
Les routes vont être élargies et améliorées pour faciliter les déplacements et réduire les risques mais la conséquence la plus impactante de ce progrès technique sera de transformer le paysage. Les distances étant “raccourcies”, la ville va s’étendre, voir s’étaler.
D’une part, la maison individuelle va partir à la campagne, d’autre part, les zones d’activités commerciales et artisanales vont s’éloigner des centres, à la recherche d’un foncier abordable en lien direct avec des nouvelles routes, bretelles ou déviations. Cette évolution profonde de la société, en termes de manière d’habiter et de consommer n’est pas propre au Lot-et-Garonne mais dans le département, elle va se traduire par une modification radicale des paysages. En effet, l’absence de contraintes physiques fortes excepté le risque d’inondations, ajoutée aux difficultés du monde agricole vont accélérer la mutation des terres cultivées en parcelle à bâtir, si bien que partout, dans les villages, les villes, et même « dans les champs » vont surgir des maisons individuelles. Les zones d’activités vont se développer aux entrées de ville et se déplacer au gré des évolutions du réseau viaire et de sa modernisation.

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Carte du bâti en Lot-et-Garonne
La répartition du bâti est le fruit d’une longue histoire urbaine et rurale.
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Carte du bâti en Lot-et-Garonne sans le relief
La répartition spatiale met en évidence la grande diffusion du bâti dans les campagnes, à l’exception de la forêt landaise où la densité chute drastiquement. L’étalement urbain à partir des années 60/70 est également particulièrement marqué autour des principaux pôles urbains qui ont vu leur enveloppe croître de façon exponentielle.

Deux modèles qui s’imposent dans les paysages

Ces évolutions de la société qui tendent à étendre et multiplier l’emprise des zones urbanisées, sur les zones naturelles et agricoles, se doublent d’une autre tendance, à savoir le recours à deux modèles architecturaux.
Pour l’habitat, le modèle de la maison individuelle est largement majoritaire à toutes autres formes de logement. Généralement de plain-pied, la maison est construite dans une parcelle, sans souci d’alignement ni de cohérence avec la rue ou avec le voisin. Le terrain est souvent fermé par une haie, ce qui souligne le parcellaire. Ce mode d’habiter n’est pas propre au Lot-et-Garonne mais il est très fréquent et très visible.
Le deuxième modèle est l’architecture à ossature métallique, composée de grands volumes, couverts par des bardages métalliques ou en bois, qui abritent des surfaces commerciales et artisanales. Selon les entrées de ville et les documents d’urbanisme, les couleurs varient.
La conséquence de ces modèles de bâtiments largement répandus y compris hors département est la banalisation des paysages urbains, en particulier des entrées de ville, la perte de repères et l’effacement de la notion de contexte et de territoire.

Une sensibilisation croissante au patrimoine

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Rue Garonne, cœur de ville d’Agen, inclus dans la ZPPAUP. La restauration du bâti est accompagnée par les services compétents.

Parallèlement aux grandes tendances d’uniformisation des paysages urbains par les “modèles” et les procédés constructifs, une attention croissante au patrimoine se fait sentir. L’attitude de la “tabula rasa” qui prévalait dans les années 70/80 ne semble plus de mise. Des collectivités se sont dotées de Zones de protection du patrimoine urbain et paysager (ZPPAUP transformées en AVAP en 2012) pour accompagner l’évolution de leur centre ancien. Elles ont réinvesti des bâtiments, programmé des opérations “façades” ou réaménagé leurs espaces publics. Des associations œuvrent pour la sauvegarde et la reconnaissance du petit patrimoine rural, ou pour la restauration d’un édifice en particulier. Elles sont aidées par les institutions, l’administration, le Département, le CAUE, la Fondation du Patrimoine. La restauration de ces éléments anciens va à l’inverse de la tendance de banalisation, elle redonne une originalité, une authenticité à un paysage urbain et le caractérise en fonction de son histoire particulière.

L’architecture rurale

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Un semis de bâti ancien ponctue le Pays de Serres
A gauche, un ensemble agricole implanté sur une croupe à mi-versant. Il se compose de plusieurs bâtiments, pigeonnier, maison, grange avec une longue toiture rampante, séchoir en bois. Un bouquet de grands arbres, d’essences de parc (cyprès, marronniers) accompagne ces architectures et les ombrage.
Au centre, exemple d’une grange traditionnelle, longue toiture à deux pans avec petite croupe sur l’avant, partie latérale maçonnée et grand auvent.
A droite, le hameau de Noaillac groupé autour de l’église Saint-Martin, commune de Pujols

Dans ce département où l’activité agricole tient une si grande part, l’architecture rurale mérite un paragraphe. Dans son ouvrage “Architecture paysanne de Guyenne et Gascogne” A. Cayla introduit le chapitre sur l’habitation paysanne de Lot-et-Garonne, en comparaison avec le chapitre sur les Landes qu’il vient de traiter en insistant sur l’absence d’unité et choisit pour appuyer son propos de citer Pierre Deffontaines :” La maison ne s’est pas formée sur place par une lente adaptation aux conditions locales, elle est née ailleurs, parfois loin. Plusieurs types se partagent le territoire garonnais, non pas en domaines bien séparées, mais en zones enchevêtrées ; le plus souvent, la maison est faite d’un assemblage de formes aux origines différentes.”(extrait de “La moyenne Garonne”). Pierre Deffontaines décrit les différents types d’habitation des régions limitrophes qui ont été déclinées jusqu’en Lot-et-Garonne, à savoir la maison à grange centrale, de type basque, la maison à grange étable de type limousin ; la maison des causses du Quercy, la maison à logement central du Bas-Quercy, la maison de type languedocien et l’échoppe bordelaise. Il marque une différence entre les maisons de charpentiers, comme le type de la maison basque à grange centrale et les autres types d’habitation qui sont davantage œuvres de maçons. Cette différence est surtout fondée sur la ressource en matériaux, ce qui explique en partie la répartition des types constructifs. Ces différents “modèles” venus des franges, qui se sont adaptés aux besoins de l’exploitation, aux ressources en matériaux et sans doute aux savoir-faire, ont produit une grande variété dans l’habitat rural du département.
En général, l’habitation est séparée de la grange, c’est un volume indépendant. Elle peut être de plain-pied, en rez de chaussée avec un étage d’attiques ventilé par des occuli ou elle peut avoir un étage, desservi par un escalier intérieur ou extérieur. Elle est construite en pierres assisées, ou en moellons enduits, ou en briques, ou en torchis, ou même en galets dans les vallées. Quelquefois, deux matériaux sont mêlés. Les toitures sont à deux ou à quatre pans. Les couvertures sont généralement en tuiles canal.
La grange est un second volume, plus grand, plus simple, souvent précédé par un auvent. A ces deux premiers bâtiments, peuvent s’ajouter d’autres constructions, selon l’activité de l’exploitation, une seconde grange, un pigeonnier, un four à prunes, un séchoir à tabac, etc.

Pour en savoir plus lire Le bâti rural de Lot-et-Garonne