Contenu

Portrait des Terres Gasconnes

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Les Terres Gasconnes présentent de larges panoramas sur l’ondulation des collines. Francescas

LIMITES

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Terres Gasconnes carte unité et limites

Au nord

L’ample vallée de la Garonne avec un dénivelé de plus de 80 mètres marque une limite forte avec les collines ondulées des Terres Gasconnes.

A l’est

Les paysages des Terres Gasconnes se prolongent au-delà de la limite départementale, avec le même système de vallées parallèles et perpendiculaires à la Garonne.

Au sud

Les amples ondulations de l’unité se prolongent dans le Gers. Une continuité est établie par plusieurs vallées dont la partie amont est située plus au sud du Lot-et-Garonne.

A l’ouest

Une rupture franche s’impose avec le front boisé des Landes qui marque une limite nette, sur les versants ouest de la petite vallée de la Gélise.


PORTRAIT SENSIBLE

Un fort contraste à l’ouest et au nord, une continuité à l’est et au sud

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La vallée de la Gélise marque une limite nette entre les Terres Gasconnes et le massif boisé landais qui s’étend vers l’ouest. Nérac

Les limites de cette unité paysagère sont bien marquées sur une partie de son périmètre. La plus évidente est celle se trouvant à l’ouest. La forêt landaise débute sur le versant ouest de la vallée de la Gélise et se poursuit ensuite sur des dizaines de kilomètres. Sa lisière marque le passage à un paysage forestier aux perceptions intimes qui contrastent avec les étendues agricoles qui la bordent. Au nord des Terres Gasconnes, les reliefs collinaires deviennent plus boisés et découpés. Les vues en belvédère s’ouvrent largement sur la Vallée de la Garonne, donnant aux lieux une tout autre dimension. La ligne de crête et le basculement du coteau de la vallée marquent une limite franche. Au sud les amples collines et les couloirs des vallées vers l’aval (l’Auvignon, l’Auzoue, la Baïse, l’Osse, le Gers) se prolongent dans le département du Gers. La vigne apparaît au sud-ouest aux portes du département du Lot-et-Garonne donnant une nouvelle tonalité aux paysages.

Un paysage amplement ondulé, offrant de larges vue en belvédère

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De nombreuses routes de crête offrent de larges vues panoramiques sur les vallonnements des Terres Gasconnes. Astaffort

C’est un paysage qui se donne à voir avec bien souvent des vues très larges. Le relief des Terres Gasconnes reste ample et comporte des versants doux, surplombés de crêtes qui sont restées agricoles et non totalement boisées. Le regard peut ainsi balayer un large panorama, sans écran, mais aussi s’accrocher aux premières pentes proches et ainsi rebondir d’une crête à l’autre. L’alternance de vallonnements et de crêtes forme depuis les où rien ne fait saillie, seuls certains villages belvédères forment des repères. Des perceptions semblables se retrouvent de place en place. De subtiles nuances apparaissent au fil des déplacements. La ligne tendue d’une crête ouverte côtoie la croupe arrondie d’une colline sans rupture. La douceur des formes, parfois empreintes de sensualité et l’ouverture du paysage donnent à ce paysage une impression de confort.

De longues vallées qui donnent une orientation au paysage

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Les versants forment des plans doucement inclinés qui donnent de grandes directions dans le paysage. Astaffort

Avec ces horizons étirés, sans relief fondamentaux, les déclivités (vallons, vallées) structurent et animent aussi le paysage. Des crêtes affirmées et bien lisibles s’étendent entre l’Auvignon et le Gers, depuis lesquelles des routes de crêtes offrent d’amples panoramas. Plusieurs vallées principales (Baïse, Auvignon, Gers) forment des couloirs orientés sud-nord. La vision cartographique indique qu’elles sont parallèles entre elles mais cela n’est pas réellement perceptible in situ. Par contre leurs versants forment des plans doucement inclinés qui donnent de grandes directions dans le paysage, soulignées par la grande profondeur et largeur du fond plat sur certains secteurs. Cette perception est modulée selon la largeur et le tracé de ces longues vallées, souvent perturbés par la confluence de vallons secondaires qui atténuent la rectitude des coteaux.

Des fonds modulés par le profil des vallées

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La vallée de la Gélise forme un vaste couloir agricole entouré de versants où les bois dominent côté landais. Vue depuis Tauziette (Nérac)

Depuis les coteaux, de larges points de vue donnent à voir le couloir des vallées majeures. Une fois descendu dans les fonds, les vues et des ambiances changent, cadrées par les coteaux qui atteignent jusqu’à une soixantaine de mètres de hauteur. Les vallées offrent une grande variation de perception en fonction de la largeur du fond, souvent plat, de la dissymétrie des coteaux, de la présence de la végétation, mais également de l’amont ou de l’aval. Les coteaux forment des fronts plus ou moins fort en fonction de leur pente. Un fond plat plus large relativise leur hauteur. Les parties amont des vallées changent d’échelle avec un relief moins fort qui peut donner la perception seulement d’une ample ondulation. Dans le fond de vallée tout écran d’arbre limite fortement les vues. Sauf quand on les traverse, les cours d’eau n’apparaissent souvent que grâce à la ligne boisée de leur ripisylve mise en exergue par l’ouverture des cultures.

Des vallons qui donnent une autre échelle de perception

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Les vallons offrent des paysages aux ambiances plus intimes. Moncaut

Au sein des amples collines, de nombreux vallons animent les parcours, offrant une alternance de vues en belvédère et de vues plus limitées en contrebas. L’horizon est souvent formé par la première crête arrondie, souvent occupée par les cultures. Certains fonds deviennent intimes avec une végétation plus dense. Les petits ruisseaux discrets y sont bordés d’une ripisylve. Ces fonds donnent aussi l’opportunité de côtoyer plus intimement les éléments du paysage agricole des coteaux : arbres en limite de champ, chapelles, fermes, vergers… Ce qui de loin depuis les hauteurs composaient un vaste tableau se décompose ici en de multiples combinaisons aux légères nuances.

Un paysage agricole graphique

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Le relief ondulé des Terres Gasconnes révèle un parcellaire agricole varié, ponctué par la trame arborée. Saumont

Si le relief est doux et ample, la présence de l’arbre apporte une touche dynamique indéniable qui anime les vastes panoramas tout autant que les endroits plus intimes. Ce paysage organisé et maitrisé par l’agriculture, est animé par la perception du dessin des parcelles agricoles, qui forment un vaste patchwork. La composition du jeu des parcelles avec le relief multiplie les imbrications des formes rectangulaires ou carrées, renouvelant et stimulant les vues. La végétation arborée, bien que discontinue, vient parfaire le tableau en apportant une ponctuation complémentaire.

Des villages perchés formant des repères incontournables

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Etiré sur la crête, le village de Montagnac-sur-Auvignon forme une silhouette perchée qui domine un vaste territoire. Vu depuis Saumont

Une ponctuation majeure de ce territoire est donnée par la présence étonnante de plusieurs bourgs sur des crêtes qui forment des repères incontournables. Laplume, Montagnac-sur-Auvignon, Saumont en constituent des exemples. Leur silhouette, dense et groupée, se voit de loin bien organisée autour du clocher qui émerge au-dessus des toits. Elle se met aussi parfois tout particulièrement en scène par une route droite dont le point de mire est le bourg.

L’eau au contact des bourgs dans les vallées

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Les bourgs majeurs se sont implantés en bord de rivière dans les vallées de la Baïse, de la Gélise et du Gers. Lavardac

Si les bourgs-belvédères constituent des repères forts, les bourgs de fond de vallée offrent d’autres atouts liés à la présence de l’eau. Le rapport à l’eau est très divers suivant les bourgs ou les villages. Plusieurs bourgs comme Astaffort, Vianne, Barbaste ou Lavardac, sont implantés à côté de la rivière, seul le moulin constituant l’accroche bâtie en bord d’eau. Mais le cours d’eau peut faire partie de la composition urbaine comme la Baïse à Nérac en constitue un formidable exemple.

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Terres Gasconnes bloc-diagramme paysager
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Terres Gasconnes carte unité légendée


SOUS-UNITES

Sous-unité : Les coteaux de Garonne

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Un paysage plus intime et des belvédères

En direction de la vallée de la Garonne, les amples collines des Terres Gasconnes font place à un relief plus chahuté. Les vallons moins amples mais plus nombreux limitent et canalisent les perceptions, formant parfois de petits couloirs. De nombreux boisements cloisonnent les vues venant renforcer ainsi un coté plus intime. Plusieurs positions en belvédère contrastent, offrant tour à tour de larges panoramas vers le reste des Terres Gasconnes et vers la Vallée de la Garonne qui se découvre subitement depuis des points hauts juste avant d’y basculer. Les villages occupent des positions contrastées : sur une crête (Sainte-Colombe-en-Bruilhois, à flanc de coteau (Moirax) ou sur une petite croupe près du fond de vallon (Aubiac). En interface avec la vallée de la Garonne d’autres villages marquent le débouché des vallées (Layrac, Estillac, Feugerolles).

Une mosaïque imbriquée

Des prairies s’intercalent avec les parcelles de grandes cultures apportant une certaine diversité avec une taille de parcelle plus réduite. Cela est également amplifié avec les vignes de Buzet et du Bruilhois qui s’imbriquent avec les autres productions agricoles. Les rangées de vigne et de fruitiers soulignent les formes du relief. Des allées enherbées et des arbres isolés ponctuent les vues, participant à la perception des lieux. Cette mosaïque diversifiée forme ainsi un paysage graphique diversifié. Les boisements épars et les limites de champs arborées, parfois constitués de haies libres, viennent donner le cadre. Ils animent les horizons et participent au contraste de cette sous unité.

Sous-unité : La vallée de la Baïse

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Une vallée dissymétrique tout en nuances

La vallée de la Baïse forme un sillon irrégulier bien lisible au sein des amples ondulations des Terres Gasconnes. Mais les cours d’eau confluents modulent la perception linéaire de la vallée par les successions de vallons qui tranchent les coteaux. Des coteaux aux pentes dissymétriques ainsi que la présence de terrasses dans le fond apportent une relative diversité. La structure de la vallée elle-même, varie aussi suivant les endroits avec un jeu de rétrécissement et d’élargissement. A l’aval quand la vallée de la Baïse traverse les reliefs des coteaux de la Garonne, elle se rétrécit pour former un couloir aux coteaux boisés. Elle s’élargit à nouveau avant de déboucher dans la vallée de la Garonne. Au sud de Lavardac jusqu’à Recaillau, son lit sinue, en s’encaissant légèrement (terrasse). Plus à l’amont la rivière continue ses méandres mais cette fois à niveau du fond de vallée plat. La largeur du fond varie créant de vastes ouvertures qui minimisent alors l’importance des coteaux. Ceux-ci sont abrupts localement créant un front plus fort, modulant ainsi les vues et créant une petite ligne de force.

Une succession de bourgs patrimoniaux au fil de l’eau

Plusieurs bourgs patrimoniaux remarquables se sont implantés le long de la Baïse. Cette vallée est plus urbanisée que le reste de l’unité mais dans un registre bien différent. Alors qu’ailleurs ce sont les bourgs en belvédère qui signent le paysage, ici les bourgs se sont établis à proximité du cours d’eau. Ceux-ci offrent une grande diversité de forme, de mode d’implantation, et d’ambiances qui donnent à cette vallée un charme indéniable. Nérac s’est établi de part et d’autre de la Baïse quand la vallée se resserre. Le bourg compose avec le passage de l’eau (pont, quai, belvédère). La bastide de Vianne avec ses remparts offre le contraste intime d’une ville close. Le passage des murs par des portes monumentales révèle une densité urbaine organisée en quadrillage. Les moulins (Barbaste, Vianne, Lavardac…) forment l’accroche entre le bourg et le cours d’eau. L’urbanisation s’est étendue en marge des centres anciens, sans en conserver la logique. Elle s’étend sur les coteaux ou le long de la RD 930 aboutissant à une conurbation de zones d’activités entre Nérac et Barbaste. Cet axe routier offre par ailleurs encore sur certaines sections un alignement de platanes majestueux.

Sous-unité : La vallée du Gers

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Une vallée ouverte ample et bien lisible

La vallée du Gers est la plus ample des Terres Gasconnes, orientée également nord-sud. La hauteur des coteaux est localement plus haute et le fond de la vallée plus large. Ce dernier varie avec le resserrement des coteaux par endroit. Le profil variable de la vallée est, comme dans la vallée Baïse, dissymétrique avec la présence de terrasses. À l’est le coteau à dominante boisée forme un contraste bien visible dans le paysage. Au-dessus des boisements, des crêtes dégagées et des pentes cultivées offrent des panoramas sur la vallée. Le coteau ouest, quand à lui, est modelé par des ruisseaux perpendiculaires au Gers. Il présente des pentes agricoles souvent plus douces. Celles-ci sont animées de petits boisements, d’arbres isolés et de limites arborées des champs. Les méandres du Gers sont soulignés par une épaisse ripisylve bien lisible en raison de l’ouverture des grandes cultures du fond de la vallée.

Une vallée avec peu de villages

Les deux villes principales, Layrac et Astaffort, se sont implantées à chaque bout de cette courte portion de la vallée du Gers. Entre les deux quelques fermes et un habitat isolé ponctuent les vues. Seul le village de Fals offre une situation en belvédère, avec son église implantée en limite de pente. Les centres anciens denses se sont installés à l’écart mais non loin du Gers en léger surplomb. Layrac joue un rôle d’interface au débouché dans la vallée de la Garonne. Les développements urbains plus récents se sont surtout effectués sur le coteau, ce qui notamment pour Layrac, les rendent très visible. On retrouve également en marge des deux bourgs la présence de moulins sur le cours d’eau dont les abords constituent toujours un lieu remarqué avec la chute d’eau. L’axe majeur de perception de la vallée est la RN 21, accompagné de façon discontinue par des alignements de platanes qui cadrent l’itinéraire et le rendent bien perceptible depuis les coteaux.


LES PAYSAGES URBAINS

Il y a deux grands types de paysages urbains qui se distinguent dans l’unité des Terres Gasconnes, d’une part les silhouettes perchées qui ponctuent l’horizon des collines de loin en loin et d’autre part les bourgs et les villes implantés dans les vallées, qui se découvrent au fil des routes, et notamment les routes départementales.
Mais ces deux grandes « familles » méritent d’être nuancées et chacune comprenant elle-même des formes de paysages urbains différentes.

Les silhouettes perchées

Les silhouettes perchées se sont toujours adaptées au plus près à la topographie du site, si bien que selon la morphologie du terrain, la forme urbaine édifiée est différente. Si nous choisissons de les distinguer c’est qu’en termes de paysage, l’effet n’est pas le même.

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Dans certaines conditions météorologiques, la chaîne des Pyrénées se dresse à l’horizon. La magie de ce grand paysage motive certaines extensions bâties sur les versants sud. St-Vincent-de-Lamontjoie

De l’intérieur de ces villages la vue porte très loin, quelquefois jusqu’à la chaîne des Pyrénées. Mais souvent ces panoramas sont réservés aux habitants, rares en effet sont les espaces publics qui permettent de profiter de ces situations de belvédère. Un autre point à signaler est la concurrence faite aux clochers des églises, par les châteaux d’eau en premier lieu, puis par les pylônes de téléphonie mobile qui perturbent l’équilibre de ces silhouettes bâties. En d’autres lieux, ce sont les silos dont les imposants volumes en bardage clair « ton pierre » accrochent le regard au dépens des clochers.

Les villages sur crête
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La silhouette étirée de Montagnac-sur-Auvignon perçue depuis Saumont

L’implantation en crête produit en général des villages étirés dressant des fronts bâtis allongés sur plusieurs centaines de mètres qui se perçoivent de loin. Les maisons qui forment le « tour de ville » sont en général édifiées sur l’ancien rempart, elles sont mitoyennes et présentent plusieurs niveaux, l’épannelage des volumes est régulier. L’ensemble de ces facteurs concourt à donner un caractère urbain à ses villages et une grande qualité architecturale qu’il est loisible de repérer à des centaines de mètres à la ronde. Dans ces villages sur crête, les lignes structurantes en termes de paysage restent horizontales. Le revers de ces formes étirées adaptées à la crête est une faible épaisseur de bâti, que desservent une ou deux rues longitudinales et peu de rues traversantes. La densité est forte, les jardins rares, les espaces publics peu nombreux, sauf quand ils ont été gagnés sur la démolition d’îlots.
Une autre caractéristique tient à la trame viaire. Si au XVIII ème siècle, comme le montre la carte de Cassini, les routes conduisaient aux villages, l’évolution des modes de déplacement a modifié les parcours de transit qui désormais circulent en bordure de ces villages. Cette évolution a sans doute permis de conserver l’intégrité des formes urbaines qui n’ont pas « explosé » sous l’effet de la circulation automobile. Par contre, plus récemment ces routes sont devenues le vecteur d’extensions urbaines pour un habitat résidentiel qui gagne la campagne, à la recherche d’un bon ensoleillement et d’une belle vue.
Exemples : Laplume, Montagnac-sur-Auvignon

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Laplume, cadastre napoléonien, 1808
Le cadastre ancien montre qu’en 1808, il n’existait qu’une épaisseur de bâti. Les maisons disposaient de jardins établis sur les remparts. L’église était hors les murs. Au-delà du chemin de ronde, les bâtiments étaient peu nombreux.
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Laplume, forme urbaine et paysage
L’originalité de chacune de ces silhouettes perchées tient à la manière dont l’implantation bâtie a dialogué avec les nuances du relief. A Laplume la crête orientée nord/sud suit une légère courbe qui a généré une façade urbaine convexe côté ouest, disposition qui contribue à la perception « théâtrale » de la silhouette dans le paysage. Le franchissement du col par la route départementale RD 931 marque bien l’entrée dans le village.
Les villages sur butte

L’adaptation à la topographie de la butte a donné des formes arrondies. La silhouette est plus ramassée, elle semble coiffer la butte. Les maisons semblent s’élever les unes aux dessus des autres. Deux autres paramètres se sont conjugués pour distinguer ces villages sur butte, d’une part l’emplacement des routes, qui ont accompagné le développement des faubourgs anciens puis des quartiers nouveaux et d’autre part, les versants, plus ou moins abrupts et donc plus ou moins aptes à la construction.
Exemples : Calignac, Espiens, Francescas, Moncaut, Mongaillard

Les villages en proue
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L’église de Fals se dresse à la proue du relief, dominant la vallée du Gers.

Un troisième type de village perché se distingue dans le paysage, ce sont les villages qui occupent l’extrémité d’un relief, une avancée de plateau qui s’avance au-dessus d’une vallée. Ce type d’implantation donne des silhouettes particulières, pincées en quelque sorte à leur extrémité, ce sont les villages en proue (par analogie à la proue des bateaux).
L’extrémité est souvent occupée par un édifice important, le château au Fréchou, l’église et l’enclos du cimetière à Fals, qui contribuent à « signer » la silhouette par leur élévation imposante. La bastide de Lamontjoie est un autre exemple de village en proue. Elle occupe l’extrémité ouest d’un relief qui domine deux petits vallons dont la confluence a permis de créer un lac. La forme régulière de la bastide est enserrée dans un bâti qui s’est développé sur les pentes de cette extrémité de relief, sous une forme de U. Une caractéristique de ces villages en proue tient à leur visibilité depuis la vallée qu’ils dominent de manière plus ou moins spectaculaire. Si Fals domine la vallée du Gers de plus de 100m, Lamontjoie ne s’élève qu’à 30m au-dessus du lac. Mais cette implantation permet de les découvrir d’en contre-bas, ce qui est une perception peu fréquente dans les paysages de l’unité des Terres Gasconnes.

Exemples : Fals, Lamontjoie, Le Fréchou

Les implantations en vallées

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Les bastides de vallées, comme ici Lavardac, sont peu visibles en vue lointaine.
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Lavardac, forme urbaine et paysage
La route départementale tangente le quadrilatère de la bastide si bien que le visiteur peut passer sans deviner l’origine médiévale du bourg. En comparant le cadastre napoléonien et le cadastre actuel, on constate que le rectangle d’origine n’était pas entièrement bâti au début du XIXe mais que ce tracé orthogonal a été respecté et qu’il s’est « rempli » progressivement. Un élément très intéressant et identitaire de Lavardac est l’articulation entre la bastide et les faubourgs XIX ème implantés le long de la départementale, par un ample espace public, généreusement planté de platanes et orné d’un kiosque à musique. La résolution de l’articulation entre deux formes urbaines différentes par un espace public est une réponse urbaine qualifiante que l’on retrouve dans plusieurs villages du département.
Les implantations dans les vallées sont relativement fréquentes dans cette unité au regard de ce que nous avons constaté dans le département. Les vallées affluentes de la Garonne qui s’écoulent depuis le sud, étaient pour certaines des voies importantes de liaison, voies de transit, voie de terre et voie d’eau qui permettaient d’écouler les marchandises produites en amont. C’est le cas en particulier de la vallée du Gers et celle de la Baïse. Les vallées de l’Auvignon et de l’Osse étaient moins empruntées. De ce fait, les plus grosses cités sont sur les deux vallées principales. Nous avons relevé des implantations sur terrasse, plus ou moins hautes par rapport aux berges et des implantations sur versant. Quelquefois la terrasse s’interrompt et le versant s’infléchit.

L’unité comprend des bastides au plan régulier, deux en rive de Baïse, Lavardac et Vianne et une autre en rebord de terrasse au-dessus de la Garonne, Caudecoste. L’absence de contrainte topographique a permis de décliner le plan régulier de la ville nouvelle sans déformation, si ce n’est dans sa relation avec la rivière pour les bastides en bord de Baïse et ce plan régulier a perduré jusqu’à nos jours.
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La grande place publique assure la transition entre l’urbanisme régulier de la bastide et les extensions du XIX ème siècle organisées en fonction de la route. Lavardac

En terme de paysage, c’est en arpentant les rues de ces cités que l’on est frappé par l’homogénéité et la densité du bâti et le caractère urbain de ces petites villes. S’il existe quelques jardins en cœur d’îlots, depuis l’espace public, le paysage reste principalement un paysage bâti. Compte tenu de leur situation topographique, il y a peu de vues sur le paysage alentour et elles sont peu visibles en vues lointaines.

Les cités en bord de rivière, implantées sur versant ou sur une légère terrasse
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Layrac, forme urbaine et paysage
Layrac domine la vallée du Gers, non loin de sa rencontre avec la Garonne. La cité s’est implantée à la faveur d’un rebord de terrasse occupé par l’église Saint-Martin et l’ensemble monastique fondée par les Bénédictins à la fin du XIe siècle. La terrasse se poursuit au sud, sur quelques centaines de mètres, offrant un balcon sur la vallée puis le versant s’infléchit et les maisons « dégringolent » dans la pente jusqu’à la rivière. A partir du XIXe siècle, le développement se poursuit en partie haute.

Ce type d’implantation concerne les cités les plus développées des Terres Gasconnes. Comme cela était rappelé en introduction, elles tiraient profit d’une implantation sur une voie de passage. Ancienne capitale de l’Albret, Nérac est un cas particulier, dont le développement s’est opéré des deux côtés de la Baïse, ce qui est assez rare. (cf paysages urbains les enceintes urbaines).
Ces villes disposaient de moulins qui sont encore visibles aujourd’hui, ils accompagnent le franchissement de la rivière et marquent l’entrée de ville avec la chaussée attenante qui forme une chute d’eau.
L’implantation sur versant donne des rues en pente et un bâti qui s’étage, ce qui confère un caractère pittoresque à ces quartiers anciens. L’impression donnée est celle d’un tissu bâti organique, avec peu de repères, peu d’espaces publics, mais beaucoup de force de caractère. Les extensions récentes s’opèrent plutôt sur le haut du versant.

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Layrac et Astaffort, des cités en bord de rivière, implantées sur versant ou sur une légère terrasse.
La place triangulaire de la mairie, en pente vers le Gers, avec ses cornières. Layrac.
Le franchissement du Gers et la vue sur le moulin et sa chaussée marquent l’entrée sud dans Astaffort.
L’étagement des maisons et des toitures au gré de la pente conditionne la silhouette d’Astaffort.

Un habitat dispersé de corps de ferme, de châteaux ou de petits hameaux

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Le bâti rural tapi dans la pente et à l’ombre de ses arbres. Laplume
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Les hautes silhouettes du cèdre et des feuillus signalent la présence d’une maison de maître ou d‘un château. Calignac

Le paysage est émaillé de petites unités bâties, corps de ferme, châteaux, maisons de maître ou petits hameaux. Ce n’est pas tant l’architecture qui se signale dans le paysage, que l’accompagnement végétal de ces ensembles bâtis qui forme des bouquets denses, et protège les habitants des regards extérieurs. Ces ensembles mêlant toitures et végétaux ponctuent le paysage. De préférence ils sont implantés en haut de pente, sur des croupes intermédiaires ou sur de légers replats à mi-versants. Les nouvelles constructions « évadées » dans les champs ont rarement suivi ce modèle de discrétion.


LES ELEMENTS DU PAYSAGE

Les éléments liés à l’eau et à la roche

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La Baïse à Lavardac
La rivière
La rivière est perçue souvent dans une découverte de proximité ou lors de son franchissement. Sa présence se fait plus discrète dans les vallons ou elle coule dans un petit sillon encaissé avec des débits variables.
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La ripisylve du Gers. Fals
La ripisylve
Cette ligne arborée accompagne le passage de la rivière. Dans les fonds de vallées relativement ouverts (Baïse, Gers) cette ripisylve est bien visible et accompagnée par endroits de boisements qui lui donnent une certaine épaisseur. Elle constitue un repère en signalant le passage de l’eau, participant à sa lisibilité dans le paysage. C’est aussi un support pour les continuités environnementales.
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L’étang collinaire. Moncaut
L’étang collinaire
Ce miroir d’eau implanté dans le creux d’un vallon constitue la présence de l’eau la plus visible. L’étang collinaire, artificiel, témoigne d’un système agricole nécessitant l’irrigation. Il apporte une touche fraiche dans ces paysages aux terres ocres lumineuses baignées de fortes chaleurs l’été.

Les éléments liés à l’agriculture

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La vigne. Vianne
La vigne
La vigne apporte par son implantation ordonnée et permanente une certaine rigueur. Les rangs de vigne jouent avec le relief et en soulignent la pente. Le graphisme des rangées de vignes et des parcelles s’imbriquent dans les prairies, les boisements ou les parcelles de grandes cultures, participant à la création d’une vaste mosaïque.
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Le verger. Feugarolles
Le verger
Peu présents à travers cette unité paysagère, les vergers sont surtout situés au nord de l’unité à proximité de la vallée de la Garonne. Ils apportent un complément de diversité appréciable du paysage, intercalé avec d’autres productions.
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Le vaste champ. Francescas
Le vaste champ
Les parcelles de grandes cultures forment de vastes ouvertures. Dans le fond des vallées elles permettent de voir de loin la ligne des coteaux. Sur les hauts, depuis ces champs, de vastes panoramas s’ouvrent sur les vallées. Leur présence en crête met en exergue les formes douces du relief en formant ainsi des lignes tendues. Leur répétition et leur agrandissement tend par endroit à rendre le paysage monotone en faisant disparaître les structures végétales (haie, arbres) en limite de parcelles.
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Le petit champ. Moncaut
Le petit champ
Les petites parcelles, souvent accompagnées de haies ou d’arbres, donnent une toute autre ambiance au paysage : un mélange d’intimité et de graphisme. Leur répétition forme une mosaïque qui anime les reliefs.
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La prairie. Nerac
La prairie
Les prairies sont surtout présentes au sein de la sous-unité des Coteaux de la Garonne, ou dans les fonds de vallons. Elles apportent un contrepoint aux cultures ou créent des transitions avec les cours d’eau, les vignes ou les grandes cultures.

Les éléments liés à la forêt et à l’arbre

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Le cèdre. Astaffort
Le cèdre (ou le pin parasol)
Sa silhouette persistante et architecturée se remarque de loin et constitue un repère. Il signale les entrées de chemin ou les carrefours, constitue des alignements bordant le chemin vers un domaine ou une église, accompagne les parcs des châteaux ….
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L’arbre isolé. Saint-Vincent-de-Lamontjoie
L’arbre isolé
Il apporte une ponctuation du paysage particulièrement remarquée au sein des grandes cultures. On le retrouve également comme un jalon à la croisée d’une route ou d’un chemin. Suivant les cas il joue un rôle de point de mire ou de repère par son isolement, parfois un but de promenade.
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Le bois. Ste-Colombe-en-Bruilhois
Le bois
Les bois donnent avec les haies un certain cadre au paysage et participent à la création du vaste patchwork de cette unité paysagère. Ils rythment les vues.
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La haie, la bande boisée. Moncaut
La haie, la bande boisée
Encore bien présentes mais souvent de façon discontinue en limite de parcelles, ces structures végétales animent les amples ondulations du relief de leurs lignes ou ponctuations plus sombres. Elles forment une « ossature » verte à travers le territoire.
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La peupleraie. Lasserre
La peupleraie
Les alignements des peupliers imposent leur marque dans le paysage. Ces plantations apportent un fort contraste avec le fond de vallée ou les cultures alentours. Leur rigueur quand elles sont bien gérées apporte un nouveau graphisme. Leur volume et leur hauteur tendent à masquer les reliefs ou les vues.
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La lisière. Mezin
La lisière
Le long de la Gélise, la lisière forme une rupture franche entre les Landes et les Terres Gasconnes en limite ouest de l’unité. Elle est modulée par de petites avancées boisées ou des bosquets.

Les éléments liés à la route

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L’alignement d’arbres. Lasserre
L’alignement d’arbres
Accompagnant les routes principales en fond de vallée ou parfois en belvédère le long des vallons secondaires, les platanes jalonnent et cadrent les parcours. En animant les itinéraires ils participent à la qualité des vues et créent une transition avec l’espace alentour.
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Le pont. Astaffort
Le pont
C’est parfois le seul endroit d’où il est possible de découvrir le cours d’eau. Son architecture est souvent de qualité et compose avec le site.
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La route de crête. Laplume
La route de crête
La route sur la crête, ou parfois en balcon sur le rebord du versant, offre de larges panoramas sur les ondulations du relief. De longs itinéraires aux vues renouvelées traversent ainsi les Terres Gasconnes. Ils relient bon nombre de bourgs en belvédère.
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La route de fond de vallée. Nerac
La route de fond de vallée
Caractéristique des vallées principales, ces axes nord/sud empruntent les vallées dans toute leur longueur. Accompagnés d’alignements de platanes, ils donnent à voir le fond plat, la frontalité des coteaux et la succession des bourgs qu’ils tutoient ou traversent.

Les éléments liés au bâti

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Le village sur la crête. Laplume
Le village sur la crête
De nombreux villages trônent sur une crête. Visibles de loin sur les hauteurs ils forment des points de mire et de repère incontournables. Le clocher dépasse des façades qui l’entourent densément. Sa silhouette groupée le singularise, en équilibre sur le relief avec le ciel en toile de fond.
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La place. Vianne
La place
Lieu de rencontre, de représentation ou de commerce, cet espace est très utilisé. La place constitue une ouverture lumineuse dans le bâti dense du centre ancien. Parfois bordée de cornières, ou ombragée d’un mail, elle forme alors un ensemble urbain de grande qualité.
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La chapelle/l’église isolée. Lannes
La chapelle/l’église isolée
On la découvre au détour d’une route. Parfois visible de loin elle constitue un point focal. Avec son aura de mystère, une ambiance toute particulière l’accompagne toujours. Elle est souvent accolée à un petit cimetière. Un alignement de cèdres peut y mener venant asseoir sa situation.
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La ferme isolée. Astaffort
La ferme isolée
Constituées de volumes simples, parfois accompagnées d’arbres de haut jet, les fermes isolées sont éparpillées sur les coteaux des Terres Gasconnes. Elles ponctuent l’espace, formant un élément répétitif qui anime les vues, leur donnant une tonalité habitée.
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Le château. Espiens
Le château
Accompagnant les vallées principales (Château de Pomarède ou de Lahitte) ou plus à l’intérieur des reliefs collinaires, ils sont répartis sur une bonne partie des Terres Gasconnes. Discrets pour partie, ils ne sont pas toujours visibles depuis les routes et s’articulent parfois avec un domaine agricole (Espiens par exemple).
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Le Moulin et l’écluse. Vianne
Le moulin de fond de vallée
Il constitue avec sa chute d’eau et ses ouvrages de maitrise de l’eau un évènement le long du cours d’eau. Ses volumes simples avancent en proue sur le cours d’eau pour générer un bief et un ressaut dans le lit de la rivière. Il est souvent visible depuis le pont menant au bourg.