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Eléments de toponymie lot-et-garonnaise

Airial

Forme urbaine des Landes regroupant quelques fermes et leurs dépendances, réparties dans une clairière au sein du massif forestier. L’airial constitue une forme d’habitat caractéristique et demeure une composante majeure du paysage et du patrimoine culturel landais. Là, sur cet espace enherbé, sont disséminés de grands chênes, de petites dépendances (grange, bergerie, poulailler…) et des maisons à ossature de bois, façades à l’est et le plus souvent à auvents pour les maisons de maîtres. (source : www.parc-landes-de-gascogne.fr)
Les airiaux d’un même village constituent ce que l’on appelle le « quartier », petit hameau ou lieu-dit isolé et à l’écart du bourg.
Airial est un terme francisé issu du gascon airiau ou ayrial ou encore éyriau. Il est exclusif des Landes. Son étymologie latine est area, « aire » ; occitan : airal, « aire », « espace vacant », « terrain autour d’une maison ».
L’airial est jusqu’au début du XXe siècle la terre communautaire de ces « quartiers », autour de laquelle s’organisent les oustaus (maisons landaises) des différentes familles de la communauté (maison du maître, des métayers, du meunier), leurs multiples dépendances, (porcheries, granges, bergeries, hangars à charrettes), four, puits (à balancier ou à crochet), poulaillers haut perchés pour maintenir les bêtes à l’abri des prédateurs et le tas de fumier. Planté de feuillus (chênes tauzins, châtaigniers, arbres fruitiers) et parfois d’un pin parasol symbolisant la propriété, il est ouvert à la circulation des hommes mais aussi des animaux de la ferme qui le fertilisent : les vaches qui y paissent tandis que les volailles, pintades et dindons y circulent en liberté.
Du temps de la lande dénudée, il pouvait être perçu comme un îlot de boisement sur zone drainée au milieu de la lande marécageuse et désertique. C’est en raison de cette situation favorisée que s’y installent de petites communautés, développant un mode de subsistance fondé sur le système agro-pastoral. Les champs, bordés de crastes, s’ordonnent autour de l’airial : ils sont cultivés sur des terres sableuses naturellement drainées (landes sèches) et fertilisées par le fumier des brebis landaises qui se nourrissaient de la végétation environnante (voir pastoralisme). Ce modèle agricole commence à péricliter avec la loi du 19 juin 1857, qui favorise la plantation systématique des landes communales en pins maritimes, pour disparaître au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. (source : Wikipédia). De nos jours la perception de l’airial s’est complètement inversée : l’airial apparait non plus comme un îlot boisé autour des maisons, mais comme une clairière au sein de la forêt.

Albret

Le Pays d’Albret (en occitan gascon Labrit / Albret) est, dans son acception moderne, une région naturelle de France située en Aquitaine, au sud-ouest du département du Lot-et-Garonne. Il correspond aux coteaux de la Gascogne, sur la rive gauche de la Garonne. Il tire son nom de l’ancien duché d’Albret, dont Nérac fut la capitale. Ce nom provient en fait de l’Albret landais voisin, dans les Landes de Gascogne, dont la maison d’Albret était originaire.
- Le Pays Cœur d’Albret, ou Néracais, est centré sur le cours inférieur de la Baïse. Il est bordé à l’ouest par l’Albret des Landes de Gascogne (délimité par la Gélise), au sud par le Condomois ou Ténarèze et à l’est par le Brulhois (au-delà de la vallée de l’Auvignon).
- le Queyran, centré sur Casteljaloux, entre Bazadais et Garonne face à Marmande ;
- Le Brulhois longeant la Garonne plus à l’est, jusqu’au Tarn-et-Garonne, appartint aussi au duché d’Albret.
- Il en fut de même de la Ténarèze ou Condomois (principalement dans le département du Gers) que l’on rapprochera plutôt de l’Armagnac.
- La partie du Pays d’Albret faisant partie des Landes de Gascogne, constitue les Landes du Lot-et-Garonne (source : Wikipedia)

Agenais

L’Agenais, qui a pris la succession de l’ancienne tribu des Nitiobriges, s’étend sur la rive droite de la Garonne ; à la manière des provinces de la Loire, il est placé à cheval sur le fleuve ; il déborde sur les pays gascons. Voir Pays de Serres ( source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)

Brulhois

Le Brulhois /brüjwa/ (Brulhés /brüljes/ en gascon) est une région naturelle située le département de Lot-et-Garonne sur la rive gauche de la Garonne et fait face à l’Agenais. Il tire son nom de brogilo, un mot gaulois signifiant « talus, bordure », « taillis », « bord de rivière boisé ». Il recouvre toute la tranche des terres anciennement boisées entre Garonne et coteaux gascons. Le Brulhois est un pays de terrasses et coteaux fluviatiles bordant la Garonne.
C’est est une région viticole où l’on produit le vin noir du Brulhois (appellation Côtes du Brulhois), un vin typique de la Gascogne élaboré avec les cépages Tannat, Cabernet-franc, Cabernet-sauvignon, Merlot, Côt et Fer Servadou. Le vignoble du Brulhois apparaît avec l’arrivée des Romains sur la rive gauche de la Garonne. Les premières traces d’exploitation de la vigne remontent à l’époque gallo-romaine. (source : Wikipedia)

Cance

Les cances et joualles étaient le système traditionnel de mise en valeur agricole, encore en place en 1930 lorsque le décrit Pierre Deffontaines dans son ouvrage La Moyenne Garonne : « Le régime agricole actuel (en 1930) est marqué par une extrême polyculture. Le champ, image visible de ce régime, en est le témoignage ; il est divisé en plusieurs bandes de 6 à 7 mètres de large, bordées par des rangées de vignes, les joualles, elles-mêmes jalonnées de pruniers ; les espaces entre les vignes, cancés, tamarats ou taupels, sont occupés par des cultures qui varient dans chaque bande : céréales, maïs, fourrage et, dans ces cultures, sont installées des plantes intercalaires : artichauts, haricots grimpant autour des tiges de maïs, citrouilles ou fèves dans les blés. Les champs sont de véritables fouillis : quatre étages de végétation se trouvent assemblés ; sur les bordures, de hautes clôtures d’arbres bocagers les enserrent : étrange mélange qui rappelle de loin les cultures d’huertas et témoignent de l’intense luminosité. »

Causse

Un causse est un plateau karstique fortement érodé caractéristique des auréoles sédimentaires du sud et de l’ouest du Massif central français et dont les habitants sont dénommés caussenards. Ce toponyme orographique, au sens agraire et paysager, provient de l’occitan. (source : Wikipedia)
A l’Ouest, les Causses bordent le Pays des Serres dont les plateaux calcaires paraissent un prolongement ; mais, tandis que les Causses étalent de vastes surfaces planes, à peine ondulées par les vallées sèches, coulino ou coumbo, les calcaires agenais sont découpés en lanières par des vallées multiples et parallèles qui introduisent jusqu’à la Garonne d’étroits horizons de Causse. (source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)

Craste

Une craste (du gascon crasta, issu du latin castrum) désigne, dans les Landes de Gascogne, un fossé d’écoulement des eaux. Le terme est passé dans le vocabulaire régional courant.
Avant 1857, des crastes se trouvaient derrière chaque airial, en limite des champs. Elles s’accompagnaient invariablement du barrat, nom de la levée faite avec la terre retirée du fossé. Les Landais en font par la suite un des éléments essentiels du drainage des vastes étendues marécageuses composant leur territoire. Après la loi du 19 juin 1857, les sociétés de mise en valeur des Landes creusent toutes des crastes. C’est donc cette technique locale mais déployée à grande échelle, qui a permis la mise en valeur du territoire, permettant la culture du pin maritime. (source : Wikipédia)

Dropt

Le nom historique de la rivière est le Drot, en latin Drotius, Drogatus…, d’une racine préceltique *dur- ’rivière’. C’est au XVIIIe siècle, qu’a été introduite la graphie Dropt avec un p non étymologique (comme dans Rupt). Le Dictionnaire géographique et administratif de la France (édition de 1892) met en garde : « Aucune des anciennes formes latines : Drotius, Drucum ou françaises : Droth (1004), Drot (1053), Droz (1095), n’autorise le p dont on affuble souvent le nom de cette rivière en l’écrivant Dropt ».
Aujourd’hui les deux graphies Drot et Dropt cohabitent mais c’est la seconde qui jouit du prestige de Le Dropt matérialise du XIIIe siècle au XVe siècle la frontière entre fiefs des puissants comtes de Toulouse et des ducs d’Aquitaine - rois d’Angleterre. Les deux camps adoptent une stratégie de jalonnements frontaliers par la création de villes nouvelles sur le Dropt, des « bastides » : bastides françaises de Castillonnès (1259), Villeréal (1267), Eymet (1270), bastides anglaises de Monségur (1265), Monpazier (1284).figurer sur les cartes. (source : Wikipedia)

Garonne

La Garonne prend sa source dans le Val d’Aran (Pyrénées espagnoles) et coule sur 647 km avant de se jeter dans l’océan Atlantique en traversant successivement les départements français de Haute-Garonne, de Tarn-et-Garonne, de Lot-et-Garonne et de Gironde. La Garonne conflue avec la Dordogne au Bec-d’Ambès formant l’estuaire de la Gironde.
La vallée de la Garonne, traverse la totalité du Lot-et-Garonne, formant un large couloir naturel, support des infrastructures et des agglomérations urbaines majeures du département. Dans tout le Sud-Ouest, on dit Garonne sans article comme s’il s’agissait d’un personnage, témoignage de la place que la rivière tient dans la vie du pays.

La Garonne est-elle une barrière ? Durant toute l’histoire, elle a été une rivière sans pont et elle ne compte pas de ces villes équilibrées sur les deux berges, témoignage d’un actif passage, comme on en rencontre si fréquemment au long de la Loire : Agen, La Réole, Marmande sont localisées sur une seule rive. L’instabilité du cours du fleuve, la largeur et le danger de la plaine inondable, l’impossibilité d’établir des digues continues donnèrent au fleuve un rôle de limite incontestable.
Aussi certaines frontières historiques s’appuyaient sur le fleuve. Du temps de Strabon, la Garonne formait la limite septentrionale des Aquitains, c’est-à-dire des Ibères. Le fleuve séparait également les Nitiobriges (Agenais) au Nord, des Sotiates (Sos) et Lactorates (Lectoure) au Sud. Plus tard, la Novempopulanie s’arrêtait à la Garonne, de même la Spano-Gasconie du cosmographe de Ravenne. Durant le Moyen Age, la province d’Agenais s’arrêta aux rives du fleuve à plusieurs reprises : Tholin cite un acte du XIIIe siècle ou l’Agenais est divisé en quinze baylies qui ne comprennent aucune ville au Sud de la Garonne. En 1319, le pape Jean XXII forma le diocèse de Condom avec tout le territoire du diocèse d’Agen au Sud de la Garonne ; certaines cartes de l’Agenais du XVIIe siècle donnent comme limite méridionale de ce pays la vallée de Garonne. En 1715, l’intendant de Bordeaux, Lamoignon de Courson, écrivait : « Le pays d’Agenais est bordé d’un côté par la Garonne et il est traversé par le Lot ».
Cependant, le cours d’un grand fleuve constitue difficilement une limite naturelle. La large vallée déblayée représente le plus souvent un domaine uniforme, exploité au moyen de genres de vie répandus également sur les deux berges. Pour les riverains, les ribièrencs, le fleuve est un élément de rapprochement plutôt que de séparation ; les menus passages en bacs et barques suffisent à établir les liaisons ; une grande vallée ne peut aisément se couper en deux. Cela est si vrai que les communes riveraines de Garonne se servent rarement du fleuve pour marquer leurs frontières ; malgré l’absence de ponts, elles ont des portions sur les deux rives. (source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines).

Gascogne

Pays historique du haut Moyen-Age, formé à partir de l’ancienne Aquitaine impériale, par l’invasion de son territoire par les Vascons originaires des montagnes cantabriques, qui l’envahirent à la fin du VIe siècle. Pourtant, avant même cet événement, le pays entre Garonne et Pyrénées avait bien un particularisme ethnique, puisque l’ordre romain l’avait reconnu en détachant de l’Aquitaine la province de Novempopulanie. La Gascogne fut plus tard un duché carolingien dont le chef-lieu était Bordeaux et enfin un province d’Ancien Régime, dont le chef-lieu était Auch.
La principale originalité de la Gascogne est, peut-être, la difficulté qu’il y a à la définir. Le mot de Gascogne a eu autant de fluctuations ; il se rattache à d’anciens mots qui ont une valeur ethnique plus que géographique : Vasconie, pays basque, Biscaye. De nos jours, on le fixe de plus en plus dans les pays au Sud de la Garonne, pays qui ont porté jadis le nom de Novempopulanie, appellation perdue et oubliée. (sources : www.universalis.fr ; Dictionnaire des noms de lieux de la France, Pierre-Henri Billy ; La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)

Guyenne

La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes. Son nom provient d’une évolution populaire du mot Aquitaine qui est passé par le stade « Aguiaina » (en gascon ou anglais) aux XIIe et XIIIe siècles, le « a » initial disparaissant peu à peu : Aquitania → Aguidaina → l’Aguienne → la Guienne. La graphie « Guyenne » n’apparaît qu’après le rattachement au royaume de France.
Cette ancienne province du sud-ouest de la France avait pour capitale Bordeaux et se confond avec l’Aquitaine en tant que région au nord-est de la Gascogne. Le terme désigna ensuite l’ensemble des possessions françaises du roi d’Angleterre, après le traité de Paris (1259).
En 1790, la province de Guyenne est divisée en six départements à peu près complets : Gironde (à l’est de la Garonne), Dordogne, Lot-et-Garonne, Lot, Landes et Aveyron. À ceux-ci s’ajoutera le Tarn-et-Garonne, créé en 1808, et pour lequel la Guyenne contribuera pour les trois-quarts. Ce morcellement achèvera de détruire les derniers liens qui réunissaient la Basse-Guyenne, la Haute-Guyenne et la Gascogne.
Aujourd’hui, le terme de Guyenne n’a plus de réalité ni administrative, ni politique. Seul le Haut-Agenais, à la recherche d’une identité, a tenté d’exploiter le capital historique « Guyenne » en promouvant le « Pays de Guyenne » dans la partie Lot-et-Garonnaise de la vallée du Dropt. Cependant, cette acception est aujourd’hui détrônée par « Pays du Dropt » terme à vocation plus touristique. (source : Wikipedia)

Joualle

La joualle est une structure agricole caractéristique du Sud-Ouest. On la trouve essentiellement dans les vallées et sur les coteaux aux abords de la Garonne. À l’origine, elle désigne des rangs de vignes plantés de fruitiers sur une même parcelle. Chaque rang, espacé à intervalle régulier ménage un espace labourable relativement étroit, « la cance » qui accueille une production annuelle maraîchère et céréalière. Peu à peu le terme « joualle » a été employé pour définir l’ensemble de ce système de plantation. Utilisées dans un but d’autoconsommation, les associations culturales réalisées au sein de la joualle permettent d’optimiser et de diversifier la production sur la surface disponible. Ainsi l’ensemble des cultures bénéficient des soins prodigués sur la parcelle : travail du sol, fertilisation, paillage
Les espèces employées : vignes de cépages locaux, arbres fruitiers : prunier, abricotier, pêcher, pommier, cerisier, amandier ... cultures annuelles : maïs, blé, orge, tabac, pomme de terre, tomate, artichaut, betterave ...
Initialement labourée à cheval, la joualle connut un essor particulier au XVIIIe siècle. L’apparition et le développement du machinisme agricole conduisirent à son abandon progressif. Aujourd’hui, cette pratique subsiste de manière résiduelle en Lot-et-Garonne et dans les départements limitrophes. (source : Paysages de Lot-et-Garonne, CAUE 47)

Lémance

La Lémance est une rivière du sud-ouest de la France qui coule dans les départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne. C’est un affluent du Lot, donc un sous-affluent de la Garonne. (source : Wikipedia)
La Lémance, appelée également le Pays au Bois, s’entend aussi comme le plateau forestier, aux confins de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, drainé par la rivière Lémance et ses affluents.

Lot

Le Lot, que l’ancien français ou l’occitan, héritiers du toponyme gaulois, nomment Olt, comme en témoignent les appellations rive d’Olt ou pays d’Olt, prend sa source sur le versant sud de la montagne du Goulet en Lozère à l’altitude approximative de 1 300 m, dans une zone de tourbières, et se jette dans la Garonne en aval d’Aiguillon dans le département du Lot-et-Garonne. Avec un cours long de 457 km, c’est deuxième rivière la plus longue de France après la Marne.(source : Wikipedia)
Dans le Lot-et Garonne, la vallée du Lot forme une large plaine bordée au Nord par un coteau raide et au Sud par un coteau plus doux.

Pech

Du point de vue toponymique, « Pech » est la retranscription française de l’occitan puèg qui dérive du latin Podium et désigne un endroit plat et surélevé. (source : Wikipédia)
Un Puech est un piton calcaire posé sur la mollasse. (source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines )

Queyran

Le Queyran est un petit pays au nord de la Gascogne et à l’ouest du département de Lot-et-Garonne (région Aquitaine). Situé sur la rive gauche de la Garonne et centré sur Casteljaloux, il est compris entre : le Bazadais à l’ouest, la Garonne au nord, l’Albret à l’est, le pays de Lugues (Landes de Gascogne) au sud. (source : Wikipedia)
Dans le Queyran, le paysage est fourré d’innombrables boqueteaux de chênes, on trouve même une forêt de haute futaie de chênes, autour du Mas-d’Agenais, la forêt de Saint-Vincent. Jadis, les bois formaient une bordure presque continue au Sud de la vallée de Garonne et, aujourd’hui, les terres de cette zone se disent encore dans « le Bois » ; beaucoup de communes en « ribière » avaient une annexe dans le « Bois ». ( source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)

Dans cet atlas, le nom de Queyran n’a pas été retenu car il ne semble pas faire consensus de nos jours, l’unité paysagère correspondante a été nommée « Entre Landes et Garonne ».

Sauveté

Village de peuplement créé au Moyen Âge (XIe et XIIe siècles) et doté de libertés, dispenses et avantages pour y attirer des habitants ; les sauvetés ont précédé et inspiré les bastides.
Les sauvetés, en tant que zones de refuge délimitées par plusieurs bornes autour d’une église, sont à l’origine de bourgades rurales créées dans le Midi de la France à l’époque des grands défrichements, entre le XIe et XIIe siècles. Créés à l’initiative de l’Église dans le cadre du droit d’asile et de l’institution de la Paix de Dieu, elles jouissent d’une garantie de non-agression.
Un inventaire des sauvetés montre que leur création en Gascogne s’échelonne de 1027 à 1141.
Les sauvetés ont d’abord une fonction colonisatrice et de mise en valeur des terres. Lieu d’asile placé sous le contrôle d’une abbaye, d’un monastère ou d’un prieuré, elles deviennent au XIe siècle un lieu franc où l’immunité de l’individu est respectée. Considérées comme un prolongement permanent de la trêve de Dieu, elles offrent aux populations, à leurs biens et au travail de la terre la « securitas », en frappant d’anathème ceux qui la brisent.
Véritables villages neufs, elles ont pour objectif d’attirer et de fixer des populations agricoles afin d’occuper et de développer des régions essentiellement désertes. Comme dans les bastides, un périmètre était défini et les habitants disposaient d’un casal (lot pour bâtir à l’intérieur de la sauveté) et d’une tenure (terre à cultiver à l’extérieur de l’enclos). Les moines multiplient ainsi les enclos sacrés balisés par des bornes en pierre appelées « pyramides de sauveté » et surmontées de croix. De telles initiatives favorisent l’éclosion de nombreux villages, attirant parfois vagabonds mais surtout paysans du voisinage, qui cherchent refuge contre la violence des guerres féodales et qui se voient offrir des « libertas ».
Selon les sources, les sauvetés du Sud-Ouest de la France auraient eu un double rôle : celui de peuplement et de mise en valeur de terres encore vierges, mais également celui d’étapes sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle (sources : Wikipédia, France, trésor des Régions)

Pays de Serres

Serre : long plateau calcaire étroit et, par extension, pays des plateaux calcaires. Les régions d’Aquitaine et plus particulièrement la partie médiane n’ont pas fait l’effort toponymique du bassin parisien. Presque tous les « pays », c’est-à-dire les « unités de paysage », sont restés anonymes ou ne portent que des appellations imprécises et flottantes. Seuls les longs et étroits plateaux calcaires, qui séparent les deux golfes de mollasse, portent un nom : les serres, mais c’est plutôt un terme de relief qu’un nom de pays ; serre est un vieux mot fréquent dans les Cévennes et dans les Pyrénées et qui veut dire longue crête. En Béarn, on trouve Serres-Morlaas, Serres-Castet ... Le mot serre s’est appliqué jadis à toute la région calcaire centrale, on employait même le mot serrencs pour désigner les habitants des plateaux calcaires. (source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)

En Lot-et-Garonne, les serres désignent des plateaux étroits, en forme de lanières, résultant de la dissection opérée par un réseau d’affluents de la rive droite de la Garonne, orientés parallèlement nord-est/sud-ouest. Ces plateaux calcaires, longues échines ondulées ne dépassant guère 250 m d’altitude, d’où se détache parfois une butte, se sont superposés aux molasses. Ce calcaire blanc de l’Agenais, dont on extrayait les pierres de taille des constructions, et peu épais et composé de plaquettes friables. Les Serres de l’Agenais, appelées également Pays de Serres se poursuivent en Quercy blanc (dans le Tarn-et-Garonne).
La zone étendue entre la Garonne et le Lot, de Tournon d’Agenais, à Aiguillon et à Valence d’Agen était appelée Agenois, puis Agenais, depuis des temps immémoriaux. En 1932, une thèse de Pierre Deffontaines reprend le terme de « serres » pour qualifier ces lambeaux de plateaux. Depuis l’expression a supplanté « Agenais » pour désigner ces hauteurs. (source : Le guide des Pays de France. Fredéric Zégierman- Fayard -1999)

Terrat

Pour se protéger des inondations dans la large basse plaine de la région de Marmande, on construit les métairies sur des buttes artificielles appelées terrats ; une rampe permet l’accès des voitures. Le terrat porte la maison et ses annexes.(source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)