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Pourquoi un atlas des paysages

Une démarche nationale

La démarche de réalisation des atlas de paysages s’inscrit dans le cadre d’une politique nationale. La loi “Paysage” du 8 janvier 1993, puis celle du 2 janvier 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement, invitent les services de l’Etat et les collectivités territoriales à intégrer la qualité du paysage et sa préservation dans les politiques publiques d’aménagement.

Enfin, l’application de la Convention européenne du paysage en France depuis le 1er juillet 2006 implique également la mise en œuvre de cette démarche spécifique à l’échelle des régions et départements français.
« En mobilisant les acteurs conformément à l’article 5.c de la Convention européenne du paysage et en vue d’une meilleure connaissance de ses paysages, chaque partie s’engage :
- à identifier ses propres paysages, sur l’ensemble de son territoire ;
- à analyser leurs caractéristiques ainsi que les dynamiques et les pressions qui les modifient ;
- à en suivre les transformations ;
- à qualifier les paysages identifiés en tenant compte des valeurs particulières qui leurs sont attribuées par les acteurs et les populations concernées.”
Le paysage y est défini comme une : “partie de territoire, telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et /ou humains et de leur interrelations.”

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Les atlas de paysages publiés au 1er janvier 2012
Le Lot-et-Garonne est indiqué comme couvert par un atlas de paysage sur cette carte suite à la réalisation de l’étude « Paysages de Lot-et-Garonne » par le CAUE 47 en 2008
En tant qu’expression de la Convention, l’atlas des paysages dresse un état des lieux partagé des réalités géographiques, des perceptions sociales et des dynamiques paysagères de Lot-et-Garonne. Il précise quelles sont les pressions qui s’exercent sur les paysages et quels sont les enjeux de paysages de la région. Il a été élaboré en concertation avec les principaux acteurs du paysage. Qu’il s’agisse de paysages emblématiques ou de paysages plus quotidiens, une même attention est apportée à l’ensemble du territoire départemental. Et, en s’affranchissant des limites administratives, l’atlas met en évidence leurs caractères, leur singularité, leurs points forts, leurs points faibles, leurs vocations, leurs évolutions.


Enjeux liés à l’Atlas des paysages de Lot-et-Garonne

La plus-value apportée par l’Atlas des paysages de Lot-et-Garonne doit permettre :
- Pour le grand public : de découvrir ou redécouvrir les caractéristiques qui fondent l’identité des paysages lot-et-garonnais. Il sera un vecteur d’appropriation du cadre de vie autant qu’un moyen de renforcer le sentiment d’appartenance aux diverses entités paysagères qui constituent le territoire départemental. La diffusion de l’Atlas participera au développement d’une logique de participation active lors des phases de concertation des projets de planification urbaine ou d’aménagement pour le monde associatif notamment. La vocation pédagogique de l’Atlas comme un outil de sensibilisation et de diffusion de la connaissance est primordiale. La valeur pédagogique de l’Atlas par son accès via Internet, notamment auprès des scolaires, sera particulièrement recherchée et encouragée.

- Pour le Conseil général : de bénéficier d’un outil de connaissance qui nourrira les politiques d’aménagement des acteurs du territoire en fonction de leurs prérogatives et initiatives respectives. Il sera un élément vecteur d’une plus grande cohérence dans les politiques départementales.

- Pour l’Etat : de participer à la création d’une référence commune en matière de connaissance paysagère. L’Atlas permet de fournir les éléments d’analyse et d’enjeux dans les porter à connaissance, dans le suivi d’élaboration ou d’application des documents d’urbanisme et des projets d’infrastructures, dans l’élaboration de schémas territoriaux.

- Pour les collectivités territoriales : la prise en compte du paysage contribue à construire un projet global de développement, en favorisant l’approche intercommunale et au-delà. L’Atlas permet d’inscrire les projets dans une logique de développement équilibré, cohérent et soucieux de l’environnement.

- Pour les acteurs locaux : une culture partagée du paysage permet de disposer d’une référence commune qui propose une approche transversale, pluridisciplinaire et solidaire des enjeux paysagers sur leur territoire de vie.

- Pour les professionnels de l’aménagement du territoire : de constituer un fonds de connaissance précieux pour le travail d’élaboration des documents d’urbanisme, et de tout projet d’aménagement ou de valorisation des territoires.

Pourquoi un Atlas départemental des paysages de Lot-et-Garonne ?

Une attente territoriale à combler

En 2012, on pouvait compter en France 9 atlas régionaux et 54 atlas départementaux, dont certains concernant des territoires limitrophes au Lot-et-Garonne : l’Atlas des paysages de Gironde qui vient d’être réactualisé en 2012, l’Atlas des paysages du Lot, publié en 2009, l’Atlas des paysages des Landes, publié en 2004, l’Inventaire des paysages de Dordogne, publié en 2002, l’Inventaire des paysages du Gers, publié en 2002 et l’Etude Paysagère du Tarn-et-Garonne publiée en 1999.

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Les atlas des paysages dans les départements voisins du Lot-et-Garonne

Si le Lot-et-Garonne n’avait jusque-là jamais fait l’objet d’une démarche d’Atlas, il existait déjà cependant un grand nombre d’études qui se sont attachées à identifier, décrire et analyser des enjeux sur certains territoires, que ce soit sous la forme d’étude paysagère thématique ou de charte paysagère intercommunale (Voir la Bibliographie).

Parmi ces différents constats posés et partagés par de nombreux acteurs institutionnels du département :
- Une identité paysagère plurielle du territoire départemental, difficile à identifier, peu ou pas partagée,
- Une identité multiple marquée par les caractéristiques fortes des départements limitrophes (les Landes, le Gers, le Lot…) mais également caractérisée par la rencontre du Lot et de la Garonne,
- Un regard quasi-absent sur les paysages agricoles du département, non valorisés alors même qu’il existe une identité agricole, gastronomique départementale nettement revendiquée et que l’activité agricole représente plus de 53% de l’utilisation du territoire et représente 7,1% des emplois lot-et-garonnais, soit trois fois plus que la moyenne nationale,
- Une dynamique de développement urbain importante et encore peu maîtrisée (phénomènes de mitage et d’étalement urbain très prégnants), préjudiciable pour la qualité de ces paysages dit « ordinaires », non identifiés, mal qualifiés, non protégés.
Toutefois, malgré la qualité de ces études et ces premiers constats, ils demeurent partiels, thématiques ou partiaux. Ils ne sont pas suffisants pour s’apparenter à une démarche méthodologique d’Atlas des paysages, capable d’être un document de référence partagée à l’échelle départementale.

Une volonté départementale partagée

C’est pour pallier ce déficit de connaissance paysagère que le Conseil général de Lot-et- Garonne a souhaité se porter maître d’ouvrage pour élaborer l’Atlas départemental des paysages.
Ainsi l’Atlas des paysages de Lot-et-Garonne constitue :
- un outil de connaissance et d’aide à la décision,
- une démarche de partenariat et de concertation entre les différents acteurs de l’aménagement,
- un cadre de référence pour toute intervention opérationnelle sur l’espace (documents d’urbanisme, projets d’infrastructure, études d’impacts, …),
- un outil stratégique pour questionner les politiques sectorielles départementales.

Une ambition affichée

Connaître pour mieux comprendre


- Comprendre les fondements et le fonctionnement de ces paysages.
- Identifier et caractériser les unités de paysages de la région.
- Mettre en évidence les tendances d’évolution des éléments et des structures paysagères.
- Poser les enjeux en matière de protection de gestion et d’aménagement des paysages.
- Regrouper les connaissances et les informations sur les paysages, les mettre à jour et les synthétiser sous une même approche.

Connaître pour mieux communiquer

Faire émerger une culture paysagère commune à tous les acteurs de l’aménagement en constituant un document de référence, qui souligne l’opportunité d’une approche globale du paysage comme composante essentielle de l’aménagement du territoire.

Connaître pour mieux agir

Mettre à la disposition des acteurs de l’aménagement un outil d’aide à la décision qui identifie des territoires de projet, présentant une cohérence paysagère, et qui permette d’argumenter les démarches de planification territoriale et les projets d’aménagement, tant en amont qu’en aval.