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Les enjeux paysagers liés à l’eau

L’eau est au cœur des paysages lot-et-garonnais. Les grandes vallées de la Garonne et du Lot traversent le département d’est en ouest. Les petites vallées sont autant de voies de pénétration vers l’intérieur.
Longtemps valorisée, car indispensable aux activités humaines, l’eau a depuis été délaissée, les abords des rivières, des canaux n’ont plus été entretenus. Mais aujourd’hui la présence de l’eau est de nouveau vécue comme un atout : pour le cadre de vie des habitants, pour les activités de loisir et touristiques qui lui sont associés. Mettre en valeur la présence de l’eau dans le paysage relève de nouveau d’une logique de valorisation économique du territoire.

Mettre en valeur les paysages du Lot et de la Garonne

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Remettre le Lot et la Garonne au cœur des projets d’aménagements. Aiguillon
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Les atouts

- Le Lot et la Garonne bien lisibles dans le paysage des vallées
- Des cours d’eau dont l’image s’exporte bien au-delà du département
- Une réflexion et des actions concertées à l’échelle de la vallée
- Des bourgs qui tissent des liens avec le fleuve ou la rivière
- L’activité des anciens petits ports ou des nouveaux pontons
- La vie du fleuve accessible aux habitants
- Des liaisons douces entre la ville et l’eau
- Des centres anciens et des bâtiments historiques réhabilités, proches de l’eau
- Un fleuve emblématique qui est mis en scène
- Une végétation alluviale qui laisse des ouvertures vers le fleuve et les digues
- Des routes qui laissent percevoir la présence du cours d’eau
- Des traversés du cours d’eau fortes et majestueuses
- Des possibilités de s’arrêter près des ponts
- Des points de vue remarquables sur le fleuve ou la rivière
- De larges panoramas sur l’étendue de la vallée
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Les risques

- Oublier la force symbolique et l’image des grands cours d’eau fondateurs du département.
- Continuer à tourner le dos au fleuve dans l’aménagement du territoire.
- Développer et restaurer la ville en tournant le dos au fleuve ou la rivière.
- Ignorer la présence majestueuse du cours d’eau alors qu’il est tout proche.
- Enfermer le fleuve ou la rivière dans un carcan végétal.
- Laisser en friche les parcelles inondables près de l’eau.
- Multiplier les petits aménagements, sans démarche d’ensemble prenant en compte l’ampleur du fleuve.
- Utiliser des matériaux sans qualité pour les aménagements des berges.
- Ne plus pouvoir suivre à pied le cours d’eau sur de longs linéaires.
- Perdre la fréquentation de loisirs liée à l’eau.
- Perdre le cachet des petits lieux patrimoniaux liés à l’eau : quai, embarcadère, port, moulin…
- Ceinturer systématiquement la gravière d’un talus artificiel ou d’une haie.
- Négliger la qualité des abords des gravières : clôtures, limites, accès et entrée.
- Laisser un ancien site de gravière totalement à l’abandon avec une végétation qui le referme.
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Mettre en valeur les paysages du Lot et de la Garonne. Bloc-diagramme

Remettre le Lot et la Garonne au cœur des projets d’aménagement

Le Lot et la Garonne constituent les cours d’eau emblématiques du département. Ils occupaient tous les deux une place centrale dans les paysages de leurs vallées, mais avec la disparition des activités liées aux cours d’eau, on leur a petit à petit tourné le dos. Il existe encore pourtant de nombreux liens avec l’eau : des villages en façade sur le fleuve ou la rivière, d’anciens ports, des moulins, des ouvrages de protection (digues), barrage. Les ponts, dont certains à l’architecture remarquable, offrent des vues sur les perspectives du cours d’eau. Mais de nombreux chemins ont disparu et certaines berges se sont refermées sous la végétation. Les confluences avec les affluents restent souvent confidentielles. Chaque cours d’eau tisse un lien particulier avec sa vallée, l’enjeu est de le mettre en valeur. Une stratégie reste à trouver en matière d’aménagement du territoire pour redonner à ces cours d’eau une place et une présence plus honorifique dans le paysage. Toute occasion de voir, d’accéder et de s’approprier le fleuve et la rivière est riche de potentiels à explorer.

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Remettre le Lot et la Garonne au cœur des projets d’aménagement

Pistes d’actions envisageables
- Donner accès au cours d’eau. Créer ou rouvrir des chemins sur les berges ou les digues.
- Regagner les emprises publiques oubliées le long de l’eau pour créer des chemins.
- Ouvrir les abords du cours d’eau pour le rendre visible. Mettre en scène ces perspectives sur le fleuve.
- Gérer la végétation pour voir l’eau, notamment aux abords des ponts, des routes et des villages.
- Réfléchir à la place du peuplier dans la vallée, notamment aux endroits les plus sensibles : confluences, proximité des bourgs et des ponts.
- Mettre en valeur le patrimoine lié à l’eau : anciens ports, quais, ponts aux architectures remarquables.
- Révéler les confluences et en premier lieu celle du Lot et de la Garonne.
- Mettre en scène les façades urbaines ou les bords des villages sur l’eau. Ne pas présenter des zones d’activités ou des arrières de parcelles en bord de fleuve, mais composer des façades urbaines de qualité le long du cours d’eau.
- Aménager les espaces publics attractifs le long de la Garonne et du Lot.
- Ouvrir des vues sur la vallée depuis les routes. Mettre en valeur des points de vue sur la vallée depuis les coteaux.
- Soigner les abords des ponts (éclaircie de la végétation) qui constituent des points de découverte privilégiés des cours d’eau.

Mettre en scène les sites évocateurs

Certains lieux constituent des ambassadeurs majeurs pour faire percevoir la force et l’originalité de la présence de l’eau, de sa composition avec le reste de la vallée : le Pech de Berre, la confluence, le pont-canal, les bourgs en belvédère ou au bord de l’eau… Ils dégagent un charme singulier et laissent une impression profonde à celui qui les découvre. Ces sites historiques ou « naturels » offrent une perception remarquable liée à leur ambiance ou à leur emplacement et produisent des images fortes, garant de leur reconnaissance. Ils forment autant d’accroches à valoriser pour mettre en scène les vallées majeures, le fleuve ou la rivière. Certains sites font l’objet d’une fréquentation qui nécessite un encadrement et une attention affirmée pour les aménagements. L’important est de concilier leur fréquentation avec la préservation de leur singularité. Les choix pour l’aménagement d’un site sont majeurs pour susciter l’émotion ou au contraire la détruire et c’est là tout l’enjeu.

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Mettre en scène les sites évocateurs

Pistes d’actions envisageables
- Faire un bilan des sites à valoriser au-delà des protections existantes.
- Promouvoir et aménager des sites aujourd’hui peu valorisés.
- Réfléchir à un projet global de qualité, sobre et non banalisant.
- Maintenir et valoriser les points de vue. Gérer la végétation pour les révéler et leur conserver un pouvoir attractif. Favoriser les vues successives, lointaines à proches.
- Aménager des aires de lecture discrètes qui expliquent le site.
- Maîtriser l’urbanisation pour éviter les covisibilités.
- Aménager en respectant l’esprit des lieux et les atouts du site. Soigner les accès, le balisage et le stationnement. Allier découverte progressive et effet de surprise, dans l’approche du site. Aménager des stationnements sobres et judicieusement placés.

Prendre en compte l’impact paysager des gravières

De nombreux sites d’extractions de granulats ont vu le jour au fil des années dans les fonds de vallée de la Garonne et du Lot. Les carrières alluviales sont perceptibles depuis les coteaux et à leur approche dans le fond de la vallée. L’exploitation laisse derrière elle des étangs aux formes artificielles bordés de friches. L’implantation d’une carrière s’effectue suivant sa logique propre, bien souvent déconnectée du paysage environnant. Il est important de réfléchir à la multiplication des carrières pour éviter un mitage et les effets cumulatifs pouvant brouiller la lecture du fond de la vallée. Il est aussi nécessaire d’anticiper le réaménagement au cours du phasage de l’exploitation. Prévoir un véritable projet de reconversion du site et le préparer en cours d’exploitation constituent l’enjeu fondamental pour le devenir des sites d’exploitations. Ce projet doit tirer parti des ambiances liées à l’eau, héritées de l’exploitation. La mise en valeur du site passe par un projet d’ensemble qui allie mise en scène de l’existant, insertion dans le paysage alentour, accessibilité pour les usagers et mesures pour l’environnement. Il faut rappeler que la création de milieux naturels variés peut être obtenue en jouant simplement sur les hauteurs d’eau et les pentes, sans pour autant aboutir à des formes de plan d’eau inutilement complexes.

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Prendre en compte l’impact des carrières

Pistes d’actions envisageables
- Anticiper le seuil critique de saturation du paysage par les installations. Prévoir des préconisations particulières dans les secteurs très impactés par les gravières.
- Etudier le positionnement des machines et des bâtiments afin d’atténuer la présence de la carrière.
- Identifier le futur gestionnaire du site réaménagé, interlocuteur principal au fil du temps pour l’évolution du site.
- Déterminer l’affectation de la carrière après exploitation : espace public ou restant privé, lieu de loisirs ou à vocation naturelle…
- Intégrer la gravière dans une prévision à long terme de l’évolution de la commune.
- Faire concorder le projet futur d’utilisation du lieu avec la remise en état effectuée par l’exploitant.
- Rétablir des liaisons douces traversant le site ou y menant une fois la gravière mise en sécurité et aménagée. Reconnecter le site d’exploitation à son environnement.
- Donner à voir les plans d’eau depuis les axes routiers. Eviter une fermeture systématique des abords des gravières par la végétation.
- Privilégier des bassins aux formes simples et allongées, qui puissent évoquer des bras morts du cours d’eau ou des étangs « naturels » : éviter les îles, presqu’îles, les digues entre deux bassins, les formes complexes avec de nombreux redans qui paraissent artificielles.
- Reprofiler les berges trop raides.




Maintenir la lisibilité des vallées

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Maintenir la lisibilité des vallées. Moncrabeau
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Les atouts

- Des couloirs de vallées secondaires bien lisibles
- Des directions données par le relief
- Des lignes de force imprimées par les coteaux
- Des ouvertures et des perspectives qui filent après un dédale de collines
- Des vues en covisibilité avec le versant opposé
- Des routes donnant à lire la topographie
- Des points de vue en belvédère depuis les coteaux
- Un fond de vallée offrant des ouvertures et une continuité.
- Une ripisylve qui indique la place du cours d’eau et qui serpente dans la vallée
- Des points de basculements depuis les hauts vers le fond
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Les risques

- Refermer les vues vers la vallée depuis les hauts en raison de la végétation des coteaux.
- Cloisonner les fonds de vallons et de vallées par la végétation.
- Abandonner la gestion des prairies des versants et laisser se refermer le paysage sous la friche.
- Couper le paysage de la vallée par des peupleraies.
- Longer un cours d’eau sans l’apercevoir. Laisser un rideau végétal fermer la vue sur la rivière depuis le pont.
- Fermer les vues sur le village en belvédère.
- Perdre l’ouverture des prairies au contact du cours d’eau à cause de boisement ou de la friche.
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Maintenir la lisibilité des vallées. Bloc-diagramme

Favoriser la perception du relief

Dans les paysages ondulés des collines ou de plateau entaillé par des vallons, les vallées plus importantes constituent un événement. Ces reliefs orientent les vues par leur couloir et la déclivité. Ces directions dans le paysage sont tributaires du maintien des ouvertures agricoles sur les versants. La perception des vallons et des vallées depuis les crêtes est importante car elle en révèle l’existence. Ces vallées sont également des guides pour les routes les suivant en crête ou dans les fonds, dont la mise en valeur est nécessaire. Dans les grandes vallées, l’échelle est bien différente, l’étendue des vues est en recherche de repères. Il est donc essentiel de pouvoir se situer dans le large fond avec comme référent les coteaux qui la cadre. L’enjeu est de favoriser la perception et la lecture du relief, tant depuis les hauts que dans le fond des vallées.

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Favoriser la perception du relief

Pistes d’actions envisageables
- Conserver les vues sur la vallée depuis les hauts.
- Maintenir des vues transversales à la vallée (covisibilité des versants).
- Conserver des vues sur le cours d’eau depuis les coteaux et les routes.
- Encourager une bonne gestion des pieds de coteaux. Eviter une trop grande fermeture des versants.
- Maîtriser l’urbanisation des lieux sensibles en belvédère.
- Gérer les points de basculement pour les rendre bien perceptibles.
- Ouvrir des vues sur la vallée depuis les routes. Mettre en valeur des points de vue sur la vallée depuis les coteaux.
- Gérer et entretenir la ripisylve qui signale le passage de l’eau.
- Mettre en scène les situations particulières (falaises, verrous rocheux, confluences) en limitant la végétation pour les rendre visibles.

Eviter la fermeture des fonds de vallée

La perception du fond de la vallée joue un grand rôle dans la qualité du paysage. La lisibilité du cours d’eau, soulignée par la ripisylve, participe à une bonne lecture des lieux. Plus les vallées sont encaissés et intimes plus la vigilance doit être grande pour lutter contre son cloisonnement par la végétation arborée. La présence de prairies dans les fonds permet de garder une certaine ouverture, créant ainsi des continuités au fil de la vallée. Dans les grandes vallées il est nécessaire de réfléchir à la place des peupleraies et à leur gestion. Malgré la largeur du fond ces plantations peuvent avoir un effet de masque non négligeable, qui uniformise et réduit des vues essentielles (villages, rivière, pont). De nombreuses routes des fonds qui donnent à voir les vallées, méritent une attention particulière pour leur mise en valeur. Un équilibre est à trouver entre la végétation arborée, les ouvertures agricoles des fonds et la présence de l’eau. Les fonds de vallons forment également un atout important pour la politique Trame bleue /Trame verte en jouant un rôle écologique important (filtration, retenue des terres, continuité arborée…)

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Eviter la fermeture des fonds de vallée

Pistes d’actions envisageables
- Maintenir les espaces agricoles dans les fonds de vallons.
- Restaurer la continuité des ouvertures agricoles dans le fond de vallée. Remettre en contact les petites ouvertures proches.
- Eviter la fermeture des fonds de vallées par les boisements et les friches.
- Réfléchir le développement des peupleraies vis-à-vis de l’échelle du vallon ou de la vallée, au regard de leur impact visuel. Éloigner les peupleraies des abords immédiats des bourgs.
- Gérer les ripisylves et maintenir leur présence.
- Donner à voir le cours d’eau, ouvrir la végétation aux abords des ponts.
- Ouvrir des vues depuis les routes suivant les fonds de vallée.
- Conserver un minimum d’espaces enherbés et une végétation liée au passage de l’eau dans les fonds de vallons.
- Pérenniser l’ouverture des prairies sur certains bas de versants qui se boisent ou s’enfrichent.
- Limiter la descente des boisements vers le fond de vallée. Eviter toute plantation forestière sur les prés dans les fonds.



Voir et accéder à la rivière

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Voir et accéder à la rivière. Virazeil
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Les atouts

- L’attrait de l’eau vive
- Une longue promenade au bord de la rivière
- Un pont qui offre des vues sur l’eau
- Des berges accueillantes et naturelles
- La ripisylve qui signale le cours d’eau
- Le petit patrimoine accessible (lavoir, puit, moulin…) qui anime les parcours
- Les points de vue depuis les berges et les coteaux. De vastes panoramas sur le cours d’eau
- Le contact intime avec l’eau dans la vallée encaissée
- Un tronçon de route en contact direct avec l’eau
- Des prairies bien entretenues qui servent d’écrin à la rivière
- Les rivières et le fleuve comme fil conducteur pour la découverte du département - La rivière forestière qui anime les sous-bois
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Les risques

- Laisser les abords des berges se refermer, brouillant la visibilité de la rivière.
- Longer un cours d’eau sans l’apercevoir. Laisser un rideau végétal fermer la vue sur la rivière depuis le pont.
- Oublier la présence de l’eau alors qu’elle est au centre des vallées.
- Ne pas rétablir les accès publics à la rivière pour la balade, la pêche.
- Ne donner aucune possibilité de s’arrêter en voiture pour accéder à l’eau.
- Laisser les peupleraies masquer les points stratégiques (confluence, abords des ponts et des villages).
- Supprimer la ripisylve le long des cours d’eau passant à travers les paysages ouverts de grandes cultures.
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Voir et accéder à la rivière. Bloc-diagramme

Retrouver des accès publics à l’eau

L’eau a un fort pouvoir attractif. Sa dimension symbolique, voir emblématique, est présente dans l’esprit de chacun. C’est le lieu de nombreuses activités de détente (promenade, pêche, navigation). Pour reconnaître l’importance des cours d’eau, les voir, les côtoyer et les entretenir, il faut y avoir accès. Aujourd’hui, l’accès au cours d’eau n’est pas toujours possible en raison de la privatisation des berges ou d’une fermeture par la végétation. Les chemins publics longeant la berge sont rares. Un travail sur la maîtrise foncière publique des abords de certains cours d’eau pourrait être engagé pour favoriser l’aménagement de chemins et la mise en valeur du patrimoine (moulin, ports, quais). Ces chemins peuvent également permettre de faciliter l’entretien des berges et de la ripisylve.

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Retrouver des accès publics à l’eau

Pistes d’actions envisageables
- Retrouver des emprises publiques au bord de l’eau (achat, préemption).
- Mettre en place des conventions de passage avec les gestionnaires des parcelles jouxtant l’eau.
- Rétablir des chemins longeant les berges sur de longs linéaires.
- Ouvrir et entretenir des accès ponctuels à l’eau.
- Tirer parti des digues pour cheminer ou mettre en scène la présence de l’eau.
- Prévoir des circulations douces en relation avec les cours d’eau. Utiliser l’eau comme vecteur de visite (circuits, navigation).
- Restaurer le patrimoine lié à la navigation ou la maîtrise de l’eau : moulins, pont, quai, port. Mettre en valeur les petits ouvrages autour de l’eau.

Mettre en valeur les ponts et leurs abords

Les ponts permettent la découverte privilégiée des ruisseaux, des rivières et du fleuve qui restent souvent peu mis en valeur. Le franchissement du pont constitue un événement majeur, dont l’intérêt dépend de sa qualité architecturale et de l’aménagement de ses abords. Ce peut être aussi l’occasion de s’arrêter et d’accéder à l’eau. Le Lot-et-Garonne a la chance de posséder des ouvrages d’art d’une diversité architecturale remarquable qui mérite d’être mise en valeur au fil des itinéraires.

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Mettre en valeur les ponts et leurs abords

Pistes d’actions envisageables
- Faire attention à l’architecture des nouveaux ouvrages d’art. Restaurer les ponts anciens. Harmoniser les matériaux du pont avec les aménagements.
- Eviter un fleurissement excessif des garde-corps du pont qui finit par masquer la rivière.
- Mettre en valeur la perspective de l’axe du pont. Dégager et révéler la silhouette du pont. Éloigner les peupleraies des abords immédiats des ouvrages.
- Gérer la végétation pour ouvrir des vues sur l’eau depuis les ponts. Mettre en valeur les vues sur la rivière depuis le pont.
- Apporter une attention particulière à l’aménagement des abords. Assurer un entretien suivi des accotements.
- Proposer des accès à l’eau depuis les ponts. Connecter le pont à son environnement : accès piéton, liaison avec les berges…



Mettre en valeur le cours d’eau près du bourg

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Mettre en valeur le cours d’eau dans le bourg. Nérac
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Les atouts

- Une rivière attractive qui s’écoule dans le bourg ou à proximité
- Le cours d’eau qui forme un fil conducteur à travers le paysage urbain
- Le site d’implantation du bourg lié à l’eau, bien lisible
- Le petit patrimoine lié à l’eau, rénové et accessible
- Des ouvrages et des constructions révélant la maîtrise de l’eau (vanne, prise d’eau, barrage, pont, moulins)
- Des bords d’eau, lieu de promenade, accessibles dans la ville ou à proximité
- Des cheminements le long de l’eau qui traversent l’urbanisation
- Des belvédères sur la rivière. Des vues agréables sur les berges et l’eau
- Une sensation de fraîcheur, une plage proche du bourg
- Une végétation « naturelle » dans la ville
- Une urbanisation qui compose avec le passage de l’eau (accès, front bâti)
- Des façades étonnantes qui composent avec la rivière ou le fleuve
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Les risques

- Privatiser les accès à la rivière.
- Laisser la végétation couper le lien de la ville avec l’eau.
- Détourner la ville de sa rivière.
- Nier la présence de l’eau dans l’aménagement des espaces publics. Buser ou canaliser le cours d’eau, ou le masquer derrière des maisons.
- Nier la composante naturelle dans l’aménagement du cours d’eau intra-muros en privilégiant des solutions dures (enrochement, palplanches…).
- Oublier la présence de l’eau sous toutes ses formes dans les sites urbains.
- Ne pas voir l’eau dans le bourg alors que la rivière passe.
- Laisser se dégrader le patrimoine lié à l’eau qui a longtemps structuré la vie villageoise.
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Mettre en valeur le cours d’eau près du bourg. Bloc-diagramme

Révéler les sites urbains au bord de l’eau

Dans le Lot-et-Garonne la ville compose de multiples façons avec l’eau, rappelant une origine bien souvent liée à cette ressource (eau potable, force hydraulique, voie de transport) ou bien signalant une position stratégique (verrou ou éperon dans la vallée, point de passage). Le rapport des sites urbains avec la rivière a toujours eu une grande importance. Mais aujourd’hui la rivière passe parfois entre des fonds de parcelles sans être accessible. De nombreux espaces délaissés autour des cours d’eau ne sont pas valorisés. La présence de l’eau constitue un atout indéniable et prisé. L’enjeu est de mettre en valeur la composition de la ville avec la rivière. Cela peut s’appuyer sur sa dimension historique, de magnifiques sites urbains existent au fil du Lot, de la Garonne ou encore de la Baïse, du Dropt ou de la Lémance, ils méritent une attention particulière pour les révéler. Cela peut faire appel à de nouveaux aménagements pour révéler l’eau à proximité.

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Révéler les sites urbains au bord de l’eau

Quelques pistes d’actions envisageables
- Révéler le lien historique du bourg ou de la ville avec le cours d’eau.
- Clarifier la lisibilité du site urbain d’origine : fond de vallée, pied de coteau, confluence, verrou...
- Gérer la végétation pour mieux voir l’eau et les fronts bâtis.
- Retrouver des emprises publiques le long des cours d’eau. Favoriser l’accès à l’eau.
- Retrouver des plages sur la rivière.
- Mettre en valeur le cours d’eau comme un élément fédérateur dans la traversée du bourg.
- Utiliser l’eau comme un lien entre les quartiers dans les villes importantes (voies piétonnes et cyclables).
- Aménager des espaces publics le long des cours d’eau : quai, allée, escalier, esplanade, rue…
- Aménager les belvédères sur la vallée et la rivière.
- Eviter les développements urbains venant anéantir la perception du site d’origine de la ville.
- Mettre en scène la façade urbaine le long de la rivière.
- Orienter les opérations urbaines en tournant les façades vers le cours d’eau.
- Soigner les limites des parcelles privées en contact avec les cours d’eau.

Valoriser le patrimoine lié à l’eau

De nombreux éléments, liés à la présence de l’eau, apportent une qualité au paysage des bourgs. Ils méritent d’être mis en valeur dans la composition de la ville et des espaces publics : lavoir, petit ouvrage d’art, port, pont, puits, moulin, quai… Leur présence raconte les anciens usages de l’eau, la met en scène ou bien signale son passage. Ces éléments souffrent parfois de délabrement ou d’opérations d’aménagement qui en banalisent leur charme. L’enjeu est de les remettre à jour et de les conforter pour qu’ils continuent à participer à la qualité des lieux.

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Valoriser le patrimoine lié à l’eau

Quelques pistes d’actions envisageables
- Préserver les éléments patrimoniaux, mais aussi leurs abords.
- Conserver un vocabulaire d’aménagement simple et à l’échelle du site tout au long du cours d’eau : matériaux des parapets, margelles, signalétique, escaliers, ponceau, plantations, mails…
- Soigner les abords des ponts et leur architecture.
- Améliorer la qualité paysagère les équipements plus récents en bord de rivière (station d’épuration, vannes, ouvrages hydrauliques au pied des ponts, barrage…) dont la qualité n’est que rarement à la hauteur du patrimoine hydraulique hérité.



Valoriser le canal

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Valoriser le canal. Villeton
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Les atouts

- Une longue perspective d’eau, simple et majestueuse
- Un canal « événement » qui s’affranchit du relief
- Un savoir-faire technique qui compose avec le grand paysage
- Un patrimoine hydraulique que l’on découvre petit à petit
- Des alignements d’arbres qui forment une voûte fraîche et se reflètent dans l’eau et signalent le canal dans le paysage de la vallée
- Une composition urbaine valorisant le passage du canal
- Une voie d’eau, axe fédérateur dans la ville
- Des villages à proximité, visibles de loin depuis le canal
- Des petites maisons éclusières qui jalonnent le parcours
- Un chemin de halage qui réserve des surprises
- Un support de cheminements et de navigation connectés à la vallée ou à la ville
- Une voie d’eau au cœur de la vallée qui en permet la découverte
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Les risques

- Longer le canal sans s’apercevoir de sa présence.
- Délaisser la gestion et l’aménagement des terrains jouxtant le canal.
- Naviguer sur le canal sans voir le paysage alentour. Laisser les abords directs du canal se refermer sous les friches ou les peupleraies.
- Laisser la végétation masquer la topographie qui démontre l’ingéniosité de l’ouvrage.
- Installer un mobilier de bois anachronique par rapport à l’architecture de pierre et de métal du canal. Oublier l’échelle de l’ouvrage et son caractère lors des aménagements localisés.
- Ne pas révéler les sites et les ouvrages d’art exceptionnels.
- Laisser s’implanter des bâtiments artisanaux sans cachet le long des ports qui ne correspondent pas à la valorisation touristique et urbaine du canal.
- Abattre les alignements d’arbres sans les remplacer. Limiter leur développement par des tailles radicales non adaptées.
- Utiliser des aménagements de type routier qui banalisent les abords des canaux.
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Valoriser le canal. Bloc-diagramme

Préserver et mettre en scène le paysage du canal

Le canal latéral à la Garonne suit toute la longueur de la vallée passant de la rive droite à la rive gauche à Agen. Il tutoie ainsi les deux coteaux, les marches des terrasses et le fond de la vallée. Son parcours côtoie par endroit le cours du fleuve ou les villes. Cette variété contribue à l’attrait de son parcours depuis les berges et sur l’eau. La qualité des vues (vues lointaines, perspective du canal, perception des abords directs) constitue un atout primordial. L’intérêt est d’offrir depuis le canal une perception des points forts et de la richesse des paysages traversés. Depuis l’extérieur le fait de le voir, accompagné par endroit d’un alignement de platanes majestueux, participe à l’attractivité de la vallée de la Garonne. Cette voie d’eau et ses pistes cyclables forment l’artère principale des circulations douces de la vallée, qui doit innerver l’ensemble du territoire. Le respect de la qualité simple des aménagements connexes (port, chemin de halage, écluse, pont) et la gestion de la végétation de ses abords jouent également un rôle important dans le charme de cet ouvrage.

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Préserver et mettre en scène le paysage du canal

Pistes d’actions envisageables
- Ouvrir les vues sur les événements qui jalonnent le parcours : silhouette des bourgs, châteaux, rivières, écluses, relief.
- Dégager des vues sur le canal depuis les routes, les villages et le paysage environnant. Éloigner les grandes peupleraies des abords immédiats du canal surtout près des ouvrages.
- Maîtriser l’urbanisation aux abords du canal. Etre exigent sur la qualité architecturale et paysagère des constructions qui le jouxtent.
- Mettre en valeur les événements et les séquences qui jalonnent son parcours dans la vallée.
- Mettre en valeur les endroits en belvédère donnant à voir le canal : ouverture dans la végétation, accès…
- Gérer et renouveler les alignements d’arbres qui révèlent le tracé du canal dans le paysage, qui ajoutent à la qualité du parcours et mettent en scène les perspectives.
- Utiliser la politique Trame Bleue / Trame Verte pour mettre en valeur le canal et ses abords.

Mettre en valeur le bâti et les ouvrages d’art

Tous les ouvrages permettant de côtoyer le canal et de le franchir sont des points d’accroche intéressants à mettre en valeur. Le pont-canal à Agen en constitue un bel exemple. Les ponts offrent une découverte privilégiée du canal et en constituent les accès les plus évidents. Ils permettent de voir le canal, pas forcément toujours bien visible. Le franchissement d’une écluse ou le passage d’un pont constituent un événement, dont l’intérêt dépend de la qualité architecturale de l’ouvrage ainsi que de l’aménagement de ses abords. C’est souvent également un point de halte pour les usagers du canal, parfois groupé avec la présence d’un quai ou d’une maison éclusière. La grande diversité des ouvrages mérite d’être mise en valeur au fil de l’eau pour renforcer le pouvoir attractif du canal.

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Mettre en valeur le bâti et les ouvrages d’art

Pistes d’actions envisageables
- Entretenir le patrimoine hydraulique et les petits ouvrages d’art.
- Mettre en valeur les maisons éclusières.
- Veiller à la qualité des ouvrages contemporains.
- Utiliser des matériaux en accord avec l’identité architecturale du canal : fer et pierre.
- Soigner l’aménagement des abords du canal, particulièrement près des ports et des bourgs.
- Connecter les ouvrages à leur environnement : accès piéton, liaison avec les berges…
- Créer des possibilités de se stationner à proximité des ouvrages.
- Ouvrir le paysage autour des ouvrages. Dégager la silhouette du pont.



Eau et paysage- Repères bibliographiques

Plaquettes

- L’entretien d’un cours d’eau et de ses berges - DDT 47
- Végétation des berges et ripisylve

Ouvrages et études

- Le Schéma Directeur d’Entretien du lit et des berges de la Garonne- SMEAG
- Retour d’expériences : Pour renouer avec le fleuve- SMEAG
- Rivières et paysages La Martinière 2003, Marie-France Dupuis-Tate et Bernard Fischesser.