Contenu

Les enjeux paysagers liés à l’agriculture

Dans ce département rural, on est tout de suite attiré par la mosaïque des cultures : grandes cultures, maraichage, vergers, vignes et prairies se mêlent créant des paysages très diversifiés. Dans les plaines cultivées ou dans les collines, le regroupement des exploitations et l’agrandissement des parcelles ont provoqué une simplification des paysages. La place de l’arbre notamment s’est par endroit considérablement réduite. De nouveaux bâtiments sont apparus transformant les abords des fermes. L’élevage joue un rôle prépondérant dans la valorisation de terres difficiles à entretenir par la culture, notamment sur les pentes.

Accompagner l’évolution du bâti agricole

JPEG - 830.2 ko
Accompagner l’évolution du bâti agricole. Seyches
JPEG - 19 ko
Les atouts

- De beaux ensembles bâtis patrimoniaux qui ponctuent la campagne
- Des fermes souvent implantées en hauteur qui forment des repères
- Des restaurations réussies en adéquation avec les constructions alentours
- Des arbres majestueux qui signalent les fermes
- Des volumes fractionnés qui composent avec la pente
- Des bâtiments modernes à l’architecture simple, adaptés au paysage environnant
- De nouveaux bâtiments d’exploitation qui s’harmonisent avec le bâti ancien
- Des volumes discrets en périphérie des villages qui en respectent la silhouette
- Des vergers et des arbres qui accompagnent la ferme et ses bâtiments
- Des entrées et de abords d’exploitation plaisants, image de marque des productions agricoles
JPEG - 19.3 ko
Les risques

- Imposer un hangar volumineux très visible sur la crête d’une colline.
- Positionner les bâtiments le long de la voie principale d’accès au village.
- Implanter un hangar agricole imposant en entrée de bourg, sans réfléchir sur les volumes et l’aménagement de ses abords.
- Disposer les aires de stockage entre la route et le bâtiment.
- Laisser visibles des terrassements qui semblent très artificiels.
- Laisser les anciens bâtiments de pierre sans entretien.
- Accoler à la ferme ancienne un bâtiment à l’architecture standard, aux volumes massifs et aux couleurs dissonantes.
JPEG - 667.9 ko
Accompagner l’évolution du bâti agricole. Bloc-diagramme

Tenir compte de la valeur patrimoniale des bâtiments existants

Les fermes disséminées au sein des terres agricoles ou encore les maisons de maitres sont souvent composées de plusieurs bâtiments (habitation, étable, séchoir, stockage, remise…). Ils constituaient à l’origine des ensembles présentant une certaine unité. Les usages et les modes de productions ont évolués, imposant souvent la transformation de l’existant ou bien l’ajout d’autres volumes bâtis. Ces mutations opérées au fil du temps, montrent une succession d’époques de construction, de volumes et de matériaux. Dans d’autres cas la ferme a été revendue pour servir d’habitation et n’a plus une vocation d’outil d’exploitation des terres. Toutes ces transformations ou changement d’affectation ont un impact sur les constructions. Ces ensembles bâtis d’origine présentent une qualité architecturale et une adéquation remarquable avec leur site d’implantation. Une grande attention est donc nécessaire lors de leur évolution afin de conserver leurs atouts patrimoniaux et une harmonie d’ensemble. Ceci afin qu’évolution ne signifie pas banalisation.

JPEG - 2.3 Mo
Tenir compte de la valeur patrimoniale des bâtiments existants

Pistes d’actions envisageables
- Sensibiliser les propriétaires à l’intérêt du bâti et à la spécificité de son implantation.
- Créer des réseaux pour mutualiser les moyens (aide technique et financière, liens avec les associations, référence d’artisans spécialisés).
- Inventorier et réhabiliter le patrimoine isolé : moulin, pigeonnier, séchoir...
- Eviter l’accolement de lotissements ou de pavillons aux fermes ou maisons de maîtres existantes.
- Veiller à la cohérence des lots en cas de divisions de propriétés pour favoriser l’intégrité du bâti et son avenir.
- Favoriser leur visibilité en évitant l’enfrichement de leurs abords ou des plantations trop denses.
- Maintenir ou renouveler les arbres identitaires (cèdres, pins parasols) qui signalent domaines et fermes.
- Soigner la qualité des bâtiments agricoles complémentaires.
- Eviter les associations de bâtiments hétéroclites.
- Maintenir un espace entre le bâti ancien et les nouveaux hangars.
- Prendre garde à la concurrence visuelle des hangars avec le bâti ancien.

Trouver le bon emplacement pour les nouveaux bâtiments

L’évolution des modes d’exploitations, les contraintes économiques et les mises aux normes ont entraîné l’implantation de nouveaux bâtiments agricoles. Ceux-ci peuvent être isolés, joints à des bâtiments existants, ou positionnés en périphérie d’un village. En Lot-et-Garonne il existe traditionnellement une logique d’implantation forte des fermes vis-vis de la topographie comme par exemple les « maynés » du Pays de Serres situés en rupture haute des pentes des versants. L’ouverture des paysages et le relief collinaire et vallonné du Lot-et-Garonne rendent toute nouvelle implantation très visible, souvent de loin. Ces nouvelles constructions constituent souvent des points de mire dans le paysage. L’impact paysager de ces constructions demande être mieux anticipé lors de l’étude du projet. Si celui-ci s’inscrit dans une démarche de qualité architecturale, son insertion dans le paysage ne devrait pas poser de problème. En l’absence d’une telle démarche, il convient de rechercher la plus grande discrétion possible en accord avec le paysage environnant.

JPEG - 1.2 Mo
Trouver le bon emplacement pour les nouveaux bâtiments

Pistes d’actions envisageables
- Composer les volumes en tenant compte de la silhouette de la ferme ou du hameau pour conserver une certaine harmonie.
- Disposer le nouveau hangar en retrait de la route menant à la ferme.
- Éviter les emplacements dominants.
- Rechercher les positions hors des principales perspectives sur le village.
- Choisir les solutions proposant des terrassements acceptables compte tenus du site d’implantation.

Promouvoir la qualité architecturale

Tout comme les bâtiments anciens qui présentent un caractère patrimonial remarquable, on peut penser que les nouveaux bâtiments agricoles pourraient participer à la qualité des paysages du Lot-et-Garonne. En effet ils participent aussi à l’image de marque des productions agricoles et des terroirs. Mais force est de constater que certains utilisent un vocabulaire peu flatteur avec des bardages métalliques, des volumes imposants ou encore des couleurs très visibles. Leur facture paraît parfois brutale en rupture avec l’existant. Certains s’en sont rendu compte et ont réfléchi leur projet, intégrant la recherche d’une architecture simple, mais de qualité. Cette démarche, lorsqu’elle est prise en compte dès la conception, suscite des alternatives, mais pas forcément des surcoûts. Elle permet d’éviter les options les plus malencontreuses trop fréquentes avec des bâtiments standardisés.

JPEG - 981.6 ko
Promouvoir la qualité architecturale

Pistes d’actions envisageables
- Choisir une architecture sobre et discrète.
- Fractionner les volumes.
- Penser aux rapports de volumes avec les bâtiments existants.
- Orienter les bâtiments en prenant en compte les vues depuis les routes.
- Tenir compte de l’impact visuel des toitures (reflet, photovoltaïque).
- Privilégier les matériaux non réfléchissants et les teintes sombres, ou bien encore le bardage bois naturel.

Mettre en valeur les abords des exploitations

La maîtrise de l’aménagement des abords des exploitations conditionne également la qualité de son insertion dans le site. Cela concerne l’aménagement des accès aux bâtiments et de la cour, tout autant que l’implantation des aires de stockage et les dépôts de matériels. Certaines fermes comportant plusieurs volumes bâtis, cela permet d’adapter les aménagements et de distinguer la partie habitation/privée de la partie professionnelle.
Le soin apporté à l’aménagement des abords est tout particulièrement important pour les exploitations ayant une activité de vente directe ou d’accueil du public dont l’image de marque reflète la qualité de la production. Concernant l’insertion des bâtiments dans le site, l’objectif n’est pas de les masquer par des écrans, mais de créer une transition avec les champs ou les constructions des alentours. Cet enjeu est également lié à celui de l’aménagement des périphéries des villages (plantations, chemin, transition avec les champs) ou du maintien du petit parcellaire ainsi que des vergers qui accompagnent positivement les bâtiments agricoles.

JPEG - 1.9 Mo
Mettre en valeur les abords des exploitations

Pistes d’actions envisageables
- Soigner l’entrée de la ferme. Maintenir ou renouveler les arbres identitaires (cèdres, pins parasols) qui signalent l’entrée.
- Replanter des arbres isolés ou alignés le long du chemin d’entrée de la ferme.
- Planter aux abords des bâtiments pour faire une transition avec le paysage. Utiliser le vocabulaire végétal local : haie, fruitiers, arbres isolés. Proscrire les écrans de résineux.
- Maintenir une grande simplicité du terrain autour du bâtiment, sans installation disparate. Faire disparaître toute trace des terrassements effectués lors de la construction.
- Disposer les sites de stockage de préférence à l’arrière du bâtiment. Installer les stockages dans des lieux discrets.




Maintenir une diversité dans les paysages de grandes cultures

JPEG - 1014.4 ko
Maintenir une diversité dans les paysages de grandes cultures. Tombeboeuf
JPEG - 19 ko
Les atouts

- Le parcellaire « mosaïque » avec ses cultures variées, emblématiques du département
- Un parcellaire de taille variée formant un contrepoint aux grandes cultures
- Un petit parcellaire agricole arboré formant un écrin autour des villages
- Les abords de la ferme, sobres et accompagnés de quelques arbres remarquables
- Des arbres isolés majestueux en limite de parcelle, à des croisements ou au milieu d’un pré
- Les arbres, à la fois points de mire et buts de promenade
- Une ponctuation arborée qui donne une échelle au paysage
- L’aspect graphique des haies apportant un charme non négligeable
- Les haies, les rideaux ou les bosquets qui forment des transitions et des limites dans les grandes cultures.
- Un maillage de haies soulignant la topographie
- Des chemins faciles d’accès qui permettent une découverte du territoire
- Le cordon d’arbres qui souligne le passage de la rivière
- L’alignement d’arbres qui accompagne la route d’une voûte fraîche et la signale dans le paysage
JPEG - 19.3 ko
Les risques

- Supprimer les repères visuels arborés, rendant le paysage moins lisible et plus banal.
- Laisser disparaître les derniers arbres isolés, sans prévoir leur renouvellement.
- Créer de grandes surfaces uniformes en supprimant toutes les haies lors d’agrandissement de parcelles. Le paysage devient alors plus ouvert et banal. Cela révèle les bâtiments agricoles et les stockages auparavant masqués.
- Rompre les linéaires de haies qui donnent un aspect entretenu et graphique au paysage. Cela fait perdre également la continuité des corridors écologiques.
- Oublier l’utilité des haies et des rideaux d’arbres dans le confort des animaux d’élevage, la préservation de la faune et de la flore locale.
- Supprimer les chemins ruraux donnant accès au territoire au sein des grandes cultures.
- Abattre et ne pas renouveler les alignements d’arbres le long des routes.
- Simplifier les vallons en cultivant trop près du cours d’eau et en supprimant la végétation des ripisylves.
JPEG - 780.2 ko
Maintenir une diversité dans les paysages de grandes cultures. Bloc-diagramme

Conserver une diversité de taille de parcelles

Le développement des grandes cultures tend petit à petit à ouvrir le paysage, à l’uniformiser et le rendre monotone. Cela se traduit souvent par des regroupements de parcelles, pouvant aller jusqu’à recouvrir un versant de colline par un seul champ cultivé et la suppression de la présence de l’arbre. Le paysage tend ainsi à se simplifier en changeant d’échelle. Cette adaptation indispensable du parcellaire aux modes actuels de culture doit se faire en intégrant les problématiques paysagères et environnementales. Même dans ces évolutions il est intéressant de garder des contrepoints et de conserver un certain équilibre. Ainsi la présence de l’arbre joue un grand rôle qu’il est nécessaire de conforter. La répartition des parcelles de productions et la conservation d’une taille « critique » de surface d’une même culture, constituent également des points de vigilance. La perception d’une diversité parcellaire est un enjeu important pour montrer la palette des 70 productions du département, véritable image de marque du Lot-et-Garonne.

JPEG - 1.5 Mo
Conserver une diversité de taille de parcelles

Pistes d’actions envisageables
- Concilier le maintien de la trame arborée et l’évolution du parcellaire.
- Limiter la taille des parcelles, notamment sur les pentes, éviter les regroupements trop importants.
- Replanter les limites de parcelles.
- Alterner les cultures sur les grandes parcelles.
- Privilégier une diversité des cultures et notamment des cultures spécialisées : vigne, verger, maraîchage.
- Conserver le petit parcellaire en diversifiant les productions dans l’assolement.
- Maintenir ou créer un réseau de chemins agricoles accessibles sans culs de sac, surtout en périphérie des villages.
- Maintenir une présence arborée (arbre isolé, ligne d’arbres, haie…) pour accompagner le parcellaire.
- Mettre en valeur les abords des villages et leur petit parcellaire (vergers, tour de village, potagers, prairies).

Encourager la présence de l’arbre

L’évolution des pratiques agricoles et l’augmentation de la taille des parcelles depuis l’après-guerre ont entraîné une diminution de la présence de l’arbre. Cette tendance se poursuit aujourd’hui, créant des secteurs plus dénudés. Malgré tout l’arbre reste encore bien présent dans les paysages du Lot-et-Garonne. Qu’il soit sous forme de boisement, de bosquet, de rideau, de haie, de verger ou d’arbre isolé, il forme un contraste avec les cultures et structure les vues par son graphisme plus sombre et son port dressé. La présence arborée focalise le regard, anime l’étendue, ponctue les déplacements. Elle module l’échelle du paysage et lui donne des repères, participant à la création de mosaïques si représentatives du département. Le maintien de ces structures végétales contribue également à la lutte contre l’érosion des sols et à la continuité des corridors écologiques (politique Trame Bleue/Trame Verte). Cette armature arborée du paysage mérite donc une attention particulière afin de la maintenir et de la renouveler.

JPEG - 1.3 Mo
Encourager la présence de l’arbre

Pistes d’actions envisageables
- Préserver les repères arborés existants qui animent le paysage : les arbres signalant l’entrée d’une ferme ou accompagnant les bâtiments, un bosquet, un arbre isolé dans un champ, une haie accompagnant un chemin…
- Replanter quelques arbres isolés en limite de parcelle et de chemins. Renouveler les arbres vieillissants.
- Cibler les actions de replantations sur les secteurs qui se sont le plus ouverts. Concilier le maintien de la trame arborée et l’évolution du parcellaire.
- Créer ou recréer un maillage végétal minimal (ossature en liaison avec la Trame Bleue/Trame Verte).
- Gérer les ripisylves.
- Entretenir et renouveler les haies. Constituer des réseaux de haies avec des continuités sur des versants.
- Développer des projets d’agroforesterie mêlant arbres (fruitiers ou forestiers) culture et élevage.
- Créer une filière bois/énergie, apporter un appui technique à la valorisation des résidus de taille.
- Mener une campagne de gestion et de renouvellement des arbres d’alignements routiers.

Maintenir ou créer des réseaux de chemins

L’agrandissement des parcelles et de la taille des exploitations ont fait disparaître certains chemins agricoles. De nombreuses fermes sont desservies par des accès en cul de sac. Certains secteurs ont vu également la cession de ces voies communales. Tous ces phénomènes rendent difficile la continuité des cheminements en créant de véritables coupures. Pourtant à l’échelle du piéton et de l’exploitant agricole, les chemins permettent un accès et une découverte plus intime du territoire. Leur continuité, leur accessibilité et leurs abords sont donc des éléments à valoriser. Ils sont également un support intéressant pour l’environnement, par la diversité de la végétation qui peut les accompagner.

JPEG - 1.3 Mo
Maintenir ou créer des réseaux de chemins

Pistes d’actions envisageables
- Préserver un réseau de chemins agricoles autour des villages, éviter les dessertes en cul de sac.
- Effectuer des acquisitions foncières de chemins pour les rendre publics.
- Reconquérir les chemins oubliés ou annexés.
- Maintenir des continuités, des boucles ou des connexions avec des itinéraires complémentaires existants.
- Maintenir la qualité des chemins agricoles communaux et de leurs abords.
- Aménager des circuits de découverte.
- Signaler les entrées de chemins depuis les routes, par un arbre par exemple.
- Conserver des vues depuis les chemins en gérant la végétation.
- Mettre en valeur les points de vue et les belvédères.
- Donner accès aux cours d’eau.



Prendre en compte l’impact visuel des cultures spécialisées

JPEG - 802.4 ko
Prendre en compte l’impact visuel des cultures spécialisées. Birac-sur-Trec
JPEG - 19 ko
Les atouts

- Des cultures donnant une image dynamique de l’agriculture dans le département
- Des abords d’installations gérés et ordonnés
- Des plantations qui accompagnent les serres ou les tunnels
- Des filets de protection sombres moins prégnants dans le paysage
- Des installations qui respectent les sites emblématiques
- Un graphisme qui compose avec la mosaïque des parcelles
- Une alternance des serres et des tunnels avec d’autres cultures.
- Des plantations de fruitiers dont les lignes graphiques composent avec le relief
JPEG - 19.3 ko
Les risques

- Étendre trop largement les installations ce qui uniformise le paysage.
- Disposer les aires de stockage entre la route et les serres.
- Ceinturer les villages d’installations réfléchissantes.
- Implanter une installation très visible, en premier plan sous le belvédère du village.
- Marquer fortement les entrées de ville et les vues depuis les villages.
- Fermer le paysage par des plantations denses de noisetiers trop près du village ou d’une route de crête.
JPEG - 721.5 ko
Prendre en compte l’impact visuel des cultures spécialisées. Bloc-diagramme

Aménager les abords des serres et tunnels

L’évolution des modes de production des cultures maraîchères marque le paysage avec l’irruption de matériaux réfléchissants au sein des cultures : films plastiques, tunnels et serres. Toutes ces surfaces claires et brillantes focalisent les regards, modifiant ainsi la perception des lieux où elles s’implantent. Ainsi les serres et les tunnels marquent aujourd’hui le paysage des vallées du Lot et de la Garonne. L’enjeu est ici que ces installations composent au mieux avec leur entourage. Il est important de prévoir une transition plantée entre les installations et les routes, l’urbanisation ou d’autres cultures. Cela permet d’éviter ainsi des confrontations visuelles qui banalisent le paysage. Les vues depuis les coteaux des vallées doivent également être prises en compte.

JPEG - 1.4 Mo
Aménager les abords des serres et des tunnels

Pistes d’actions envisageables
- Analyser l’impact visuel des installations dans le paysage.
- Etudier l’impact depuis les points hauts : belvédère, village perché.
- Planter les limites des installations pour créer des transitions.
- Reconstituer la trame existante du paysage (haie, arbres isolés) aux abords des installations.
- Fractionner les volumes pour éviter les écrans trop importants.
- Maintenir ordonnées les parties visibles des exploitations.
- Disposer les aires de stockage en retrait des routes.
- Aménager avec soin les accès et les points de vente.

Atténuer l’impact visuel des vergers sous filets

La protection des vergers (pomme, kiwi) entraîne la mise en place de grandes nappes de filets paragrêle. Les filets les plus clairs sont très visibles et ont un fort pouvoir réfléchissant. Ceux de teinte sombre se fondent mieux dans le paysage. Cela est d’autant plus prégnant depuis les lieux en belvédère (villages, belvédères emblématiques, route de crête). Il est donc important de réfléchir à l’impact des filets depuis les lieux reconnus du département. Le développement des vergers de noisetiers peut entraîner par endroits une fermeture des paysages, liée à la densité de plantation et à la végétation importante des noisetiers. Ce phénomène doit être étudié lors de l’implantation de vergers à proximité des villages et des routes.

JPEG - 1.6 Mo
Atténuer l’impact visuel des vergers sous filets

Pistes d’actions envisageables
- Privilégier les filets de teinte sombre moins visibles dans le paysage.
- Analyser l’impact visuel des plantations dans le paysage.
- Etudier l’impact depuis les points hauts : belvédère, village perché.
- Anticiper la fermeture du paysage par les plantations de noisetiers (crête, route, villages).



Pérenniser l’ouverture agricole des coteaux et des clairières

JPEG - 988.9 ko
Pérenniser l’ouverture agricole des coteaux et des clairières. Laroque-Timbaut
JPEG - 19 ko
Les atouts

- Des respirations au sein des boisements
- Une alternance d’ouverture et de fermeture qui rythme les parcours.
- Des ouvertures qui donnent de la profondeur au paysage
- Des points de repère dans un paysage fermé et intime
- L’ambiance intime spécifique des airials au sein de la forêt
- Un écrin agricole autour des villages
- La silhouette du village visible de loin sur le coteau ou la crête
- Des belvédères sur les crêtes des collines ou les coteaux
- Une diversité d’occupation du sol qui anime les versants
- Un petit parcellaire bien visible et attractif
JPEG - 19.3 ko
Les risques

- Perdre l’ambiance des airials et l’ouverture des clairières habitées si particulières dans la forêt landaise.
- Laisser l’urbanisation miter l’espace agricole des clairières.
- Laisser s’enfricher le versant, ce qui tend à l’uniformiser et diminue la diversité du paysage.
- Laisser la forêt ou la friche gagner les pentes proches du village et fermer ainsi les ouvertures autour de celui-ci.
- Planter des boisements sur les pentes autrefois jardinées ce qui tend à fermer ou uniformiser les vues.
- Supprimer les panoramas exceptionnels et les points de vue sur la vallée en contrebas.
JPEG - 858.3 ko
Pérenniser l’ouverture agricole des coteaux et des clairières. Bloc-diagramme

Maintenir une gestion des coteaux

Les pentes fortes, les moins facilement exploitables par l’agriculture, tendent à être abandonnées et à s’enfricher. Le pâturage qui les valorisait se raréfie. Il en résulte une fermeture et une uniformisation de certains coteaux. Le maintien des ouvertures agricoles sur les versants est pourtant un enjeu fort dans certaines situations : le long des routes montant au village, autour des villages perchés ou sur les points en belvédère. Les coteaux jouent également un rôle de repère dans les vallées ou de signal avec les pechs qui émergent de l’horizon. La gestion de ces coteaux a donc son importance dans la perception du paysage.

JPEG - 1.8 Mo
Maintenir une gestion des coteaux

Pistes d’actions envisageables
- Inventorier les versants à fort enjeu paysager : abords de route, de villages perchés, de belvédères.
- Inciter à la gestion agricole de ces pâtures, ou mettre en place un pâturage de gestion en l’absence de reprise agricole.
- Maitriser le foncier pour le gérer.
- Ouvrir les terrains enfrichés par une gestion mécanique puis installer une gestion douce mettant en valeur les milieux naturels s’il n’y a plus d’usage agricole.
- Inciter la réouverture du parcellaire proche des villages pour les activités de loisirs ou les jardins.
- Mettre en valeur les points de vue et les belvédères.
- Conserver des vues depuis les chemins en gérant la végétation.
- Développer une gestion alternative avec l’utilisation du bois et de la végétation des friches pour la collecte énergétique.
- Traduire ces volontés dans les PLU.

Préserver l’ouverture des clairières

Les clairières agricoles de la Forêt Landaise et du Val Lémance apportent une respiration appréciable au sein de ces paysages forestiers. La progression des boisements dans le Val Lémance tend à refermer l’espace, à occulter les vues, supprimant les respirations et finalement la luminosité des lieux. Ceci est d’autant plus dommage que certaines clairières sont habitées. Cela gomme aussi la perception de la richesse des paysages : belvédère, verrou rocheux, sites historiques…Dans la Forêt Landaise une attention particulière doit être apportée aux abords des villages et des hameaux pour conserver l’ambiance typique des airials. Si ces espaces se referment trop ou que les arbres les animant ne sont pas renouvelés, il y aurait la perte de l’organisation de ce paysage patrimonial.

JPEG - 1.7 Mo
Préserver l’ouverture des clairières

Pistes d’actions envisageables
- Pérenniser l’ouverture des clairières par l’agriculture. Préserver des parcelles de taille suffisante pour conserver un attrait pour les agriculteurs.
- Mettre en place une gestion alternative en l’absence de reprise agricole.
- Pérenniser les vergers de châtaignier, implantés en lisière de la forêt de Lémance.
- Remettre en prairie ou en verger les parcelles de friche qui ont grignoté l’espace ouvert.
- Maîtriser le foncier aux endroits les plus sensibles (fort impact visuel, lieux stratégiques, pression bâtie).
- Surveiller la progression des friches et des micro-boisements, vecteurs de fermeture du paysage.
- Eviter le mitage par l’urbanisation au sein des ouvertures.
- Conserver la spécificité des airials. Maîtriser les ouvertures autour des villages.




Agriculture et paysage- Repères bibliographiques

Sites internet

Bâtiments agricoles : Architecture et agriculture dans les paysages
Agroforesterie

Plaquettes

Paysage et agriculture
Paysage et aménagement foncier agricole et forestier

Exemples de réalisation

Transition ville-campagne : Albi installe des maraîchers sur des friches urbaines

Ouvrage

Paysage et agriculture pour le meilleur, Régis Ambroise et Monique Toublanc, 2015, Educagri