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Paysage et agriculture, les enjeux exprimés par les habitants

En quelques mots

Le parcellaire agricole a fait l’objet de discussions dans tous les groupes. Les perceptions ont clairement différencié trois catégories de parcellaires : les « carrés de champs » en mosaïque, à dominante de culture : les paysages d’élevage où domine la prairie, plus rares ; la plaine maraîchère avec ses filets, tunnels, serres.
Les vignes, les petits carrés de bois particpent à la mosaïque des paysages. Tous les participants ont reconnu l’importance et la variété des productions agricoles pour l’économie locale. Les débats ont porté sur la rapidité des changements de culture et leurs impacts sur le paysage.

Plusieurs enjeux apparaissent


- Préserver la mosaïque des cultures et notamment les prairies.
- Développer les noisetiers sans fermer le paysage
- Maintenir des viticulteurs habitant sur place.
- Estomper l’impact visuel des filets et des tunnels de la plaine maraîchère, et expliquer leur intérêt.
- Promouvoir la diversité des cultures qui font la richesse agricole du département.

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’’Avant s’était de petites exploitations d’une quinzaine d’hectares. Maintenant en élevage ça tourne autour de 40 hectares. Les céréaliers ont plus grossis, il y a des exploitations de 200 ha. Si on ne maintient pas un peu d’élevage, même simplement des allaitantes, c’est la friche ou le noisetier qui couvriront les pentes. ’’ Monbahus
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’’Le maraîchage et les vergers c’est bien, mais il y a de plus en plus de plastique, de verre, on ne voit plus que ça. Pour les vergers, les filets anti-grêle noir ou gris passent mieux, ils sont plus discrets.’’ Aiguillon
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’’Aujourd’hui on a une opportunité avec la noisette il ne faut pas la laisser passer. La crainte c’est que ça ferme trop le paysage à certains endroits.’’ Monbahus
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’’Jusqu’où se développera la viticulture à distance, sans que le personnel habite au village ?’’ St-Pierre-de-Buzet
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’’Si un mot peut qualifier ce département c’est polyculture : ici on fait de tout ! C’est un atout extraordinaire, ça se voit aussi dans la cuisine. Il faut saisir l’opportunité des productions agricoles pour valoriser l’image du département.’’ Penne-d’Agenais

Ce qui a été dit

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Les points forts exprimés

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Les vignes au milieu des cultures
’’Le vignoble ici c’est varié, il y a des bois, des vergers. Ce n’est pas comme dans le bordelais.’’ St-Pierre-de-Buzet
La mosaïque agricole sur la colline
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’’Si un mot peut qualifier ce département c’est polyculture : ici on fait de tout ! C’est un atout extraordinaire, ça se voit aussi dans la cuisine.’’ Penne-d’Agenais
’’Dans ce paysage c’est super, je trouve qu’il y a tout.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’La variété des cultures fait des damiers intéressants au niveau visuel, y a jamais deux cultures identiques côte à côte, ça change souvent.’’ Penne-d’Agenais
’’Il suffit de regarder autour, les dénivelés, les parcelles découpées dans tous les sens, moi j’aime ces paysages. Je sais, je dois être un peu un marginal chez les agriculteurs quand je dis cela, mais je viens d’une région où tout est plat. ’’ Monbahus
’’Ici, c’est chouette c’est vraiment la campagne. Ces petits carrés de céréales, de bois, de vergers, de plans d’eau, l’église à l’horizon ’’ Monbahus
’’C’est calme, on entend les oiseaux.’’ Monbahus
’’Ici, on a un tourisme de gens qui veulent du calme, de l’espace.’’ Penne-d’Agenais
’’Ici on vient pour le vert. Ce n’est pas comme dans le midi ou tout est sec et où ça cogne. Ici c’est irrigué, c’est cultivé, ça donne de la fraîcheur.’’ Penne-d’Agenais
’’D’en haut on voit bien tout le parcellaire : le maïs irrigué, ce beau colombier au milieu d’un champ.’’ Penne-d’Agenais
 
Les vignes au milieu des cultures ’’Le vignoble ici c’est varié, il y a des bois, des vergers. Ce n’est pas comme dans le bordelais.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’Ici c’est varié : il y a la forêt, les vignes, les coteaux, les champs. Ça parait immuable.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’La cave de Buzet a ses fûts. Ça a évité d’avoir une multiplication de petits chais dans les vignes.’’ St-Pierre-de-Buzet
 
La plaine de maraîchage intensif ’’Les serres (agricoles), c’est peut-être moche -et encore !- mais c’est vraiment nécessaire pour la vie du territoire. ’’ Aiguillon
’’Notre richesse c’est le vert de l’été. Ici c’est le sud, mais on irrigue. ’’ Penne-d’Agenais
’’La polyculture, ici on la retrouve du champ à l’assiette. On a la cuisine qui va avec.’’ Penne-d’Agenais
’’On travaille avec plusieurs conserveries. C’est la clef de tout ici : on négocie des quotas de tomate de conserve, maïs doux, haricots verts… Les industriels viennent chercher ici le climat. ’’ Penne-d’Agenais
’’On est assez au sud pour avoir une longue saison hors gel, mais l’été reste plus tempéré que celui des italiens.’’ Penne-d’Agenais
’’Les alluvions de Garonne sont les plus riches au monde ! C’est pourquoi c’est invraisemblable de planter en peupliers en vallée de Garonne, et là c’est l’agriculteur qui vous parle !’’ Aiguillon
’’Regardez ces limons sableux des champs de carotte : ce sont les bons boulbènes d’ici. Mais voyez : il a un peu plu, et la croûte de battance commence déjà à se former.’’ Penne-d’Agenais
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Les points faibles exprimés


Les filets, tunnels et serres
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’’La vallée de la Garonne? Je n’y vais que pour acheter des légumes.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’Le maraîchage et les vergers c’est bien, mais il y a de plus en plus de plastique, de verre, on ne voit plus que ça.’’ Aiguillon
’’Les serres, ça reste toute l’année, c’est pas un cadeau.’’ Aiguillon
’’Ici avec les serres, les tunnels, les filets, on dirait l’Andalousie ’’ Aiguillon


Les évolutions relevées

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Le recul de l’élevage et des prairies
’’L’élevage laitier a presque disparu. Maintenant l’élevage c’est que des bêtes à viande. Dans tout ce secteur on n’a pas vu une vache. C’est quelque chose qui a changé, ça. Il y avait plus de haies avant. Y a que l’élevage pour maintenir les haies.’’ Monbahus
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Le verger de prunier recule
’’Avant il y avait des pruniers partout, de la vigne, des prés. Il y en a toujours un peu, mais moins.’’ Monbahus
Le recul de l’élevage et des prairies
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’’Dans tout ce secteur on n’a pas vu une vache. C’est quelque chose qui a changé, ça.’’ Monbahus
’’Il y avait plus de haies avant. Y a que l’élevage pour maintenir les haies.’’ Monbahus
’’L’élevage laitier a presque disparu. Avant il y avait 30 fermes laitières il n’en reste plus que 3. Maintenant l’élevage c’est que des bêtes à viande.’’ Monbahus
’’Avant s’était de petites exploitations d’une quinzaine d’hectares. Maintenant en élevage ça tourne autour de 40 hectares. Les céréaliers ont plus grossis, il y a des exploitations de 200 ha.’’ Monbahus
’’La vallée de la Baïse : il y a des signes de déprise ou d’une agriculture fragile par endroits.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’L’élevage bovin a beaucoup régressé, ovin aussi. Tous les anciens parcours se sont enfrichés.’’ Penne-d’Agenais
 
Le changement des cultures ’’L’agriculture ici n’a pas arrêté de changer. Avant s’était les cances, un système de petites parcelles étirées avec des rangées de fruitiers et des cultures. ’’ Penne-d’Agenais
’’ Il y avait un peu de maraîchage déjà. Mais s’était essentiellement une agriculture sèche, très peu de cultures étaient arrosées.’’ Penne-d’Agenais
’’Avant 1960, on exploitait presque tout en sec. On a d’abord irrigué le maraîchage, tout équipé de 1960 à 1980, les kiwis depuis 1972. Avec cette irrigation, l’agriculture est devenue riche. Le maraîchage s’est beaucoup développé, le tabac. Dans les années 2000 ça a rebasculé sur les céréales, les cultures de semences. Le tabac s’est arrêté à cette époque, il n’en reste que très peu. Depuis, on continue à irriguer surtout les céréales, les semences de betterave, d’oignons, de maïs, et les noisetiers.’’ Penne-d’Agenais
’’Le maraîchage a énormément régressé, et le nombre d’exploitants avec. On fait davantage de céréales. Leur prix avait explosé en 2013 mais il est retombé.’’ Penne-d’Agenais
’’Les prés, ce sont souvent d’ancienne vignes.’’ Monbahus
 
Le verger de prunier recule ’’Dans la plaine, ici, les vergers ont aussi régressé mais on retrouve davantage de maïs, et quelques cultures de plein champ.’’ Aiguillon
’’Ces deux prés marquent les deux derniers vergers qui ont été arrachés’’ St-Pierre-de-Buzet
’’Je connais depuis 40 ans, c’est immuable, il y a toujours eu des vignes et des forêts. Mais ça bouge quand même. Les vergers sont en friche et dans le vallon c’était des jardins communaux qui sont partis en friche.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’Les vieux paysans qui avaient le verger sont morts. Maintenant les vignes sont exploitées par des gens d’en bas. Les vergers sont en friche et la ferme est transformée en habitation.’’ St-Pierre-de-Buzet
 
L’irruption des filets, tunnels et serres ’’La plaine est couverte de serres, tunnels, filets.’’ St-Pierre-de-Buzet
’’Les vergers fruitiers ont presque disparu, les légumes de plein champ ont beaucoup régressé. Ce qu’on voit partout ce sont des serres, des kiwis.’’ Aiguillon
 
Le verger de noisetier ferme les vues ’’Le noisetier, en quelques années il referme complètement les vues.’’ Monbahus
’’On s’est arrêtés ici parce que la pente est encore en prairie, d’ici on voit encore le coteau d’en face. La route de crête est devenue un couloir entre les rangs de noisetiers.’’ Monbahus
’’Quand on arrête le lait, on aménage un lac dans le fond et on plante toute la pente en noisetier. C’est ce qui va sûrement arriver encore ici.’’ Monbahus
’’D’ici 10 ans, on aura des noisetiers partout’’ Monbahus
« Les plantations de noisetier se systématisent dans les petits vallons argileux. Le noisetier se substitue rapidement à l’élevage ruminant. » Monbahus
’’Le paysage peut basculer très vite. En ce moment c’est les noisetiers qui progressent. La crainte c’est que ça ferme trop le paysage à certains endroits.’’ Monbahus


Les enjeux évoqués

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Préserver la mosaïque des cultures et notamment les prairies
’’Avant il y avait des pruniers partout, de la vigne, des prés. Il y en a toujours un peu, mais moins. Maintenant ce sont les céréales et les noisetiers qui gagnent de l’espace’’ Monbahus
Préserver la mosaïque des cultures et notamment les prairies ’’Si on ne maintient pas un peu d’élevage, même simplement des allaitantes, c’est le noisetier qui couvrira toutes les pentes. ’’ Monbahus
’’Sur les flancs de Penne on a au moins 250 ha d’ancien parcours enfrichés. Comment le rouvrir : Débroussailler puis monter un écopastoralisme ?’’ Penne-d’Agenais
 
Promouvoir la diversité des cultures qui font la richesse agricole du département ’’Il faut saisir l’opportunité des productions agricoles pour valoriser l’image du département.’’ Penne-d’Agenais
’’Ici, on a des choses à dire et à montrer.’’ Monbahus
’’C’est quoi cette culture ? Aucun de nous n’a su le dire !’’ Penne-d’Agenais
 
Développer les noisetiers sans fermer le paysage ’’Dans les années 1980, on a laissé partir les cultures légumières de plein champ, parce que l’on a raté le virage de la mécanisation. Aujourd’hui on a une opportunité avec la noisette il ne faut pas la laisser passer.’’ Penne-d’Agenais
’’Je crains que les plantations de noisetiers ferment toutes les vues.’’ Monbahus
 
Maintenir des viticulteurs habitant sur place ’’Jusqu’où se développera la viticulture à distance, sans que le personnel habite au village ?’’ St-Pierre-de-Buzet
’’Quel avenir pour la filière du vin de Buzet ?’’ St-Pierre-de-Buzet
 
Estomper l’impact visuel des filets et des tunnels de la plaine maraîchère, et expliquer leur intérêt ’’Les filets anti-grêle noir ou gris passent mieux, ils sont plus discrets.’’ Aiguillon