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La rivière oubliée

De la rivière au cœur de la vie locale…

La rivière a longtemps été au centre de la vie économique : voie de transit permettant l’exportation des produits agricoles et manufacturés, source d’énergie alimentant les moulins… Mariniers, lavandières et pêcheurs animent les quais et les bords du Lot, de la Baïse et de la Garonne sur les cartes postales du début du XXe siècle.
Les bords d’eau sont progressivement devenus également des lieux de loisirs et de fête. Des promenades sont aménagées au bord de la Garonne (le Gravier à Agen) des plages sont ouvertes le long du Lot (Clairac, Aiguillon…). Des fêtes nautiques sont organisées sur le Lot et sur la Garonne.

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Au début du XXe siècle, les bords de fleuve et de rivière sont des lieux de loisirs et de fête

Ces activités vont péricliter progressivement au cours du XXe siècle et pendant plusieurs décennies les populations vont se détourner des cours d’eau.

…A la rivière cachée, peu accessible

Avec le déclin de la navigation fluviale au profit du chemin de fer et de la route, l’entretien des diverses infrastructures (écluses, chaussées, berges, chemin de halage...) n’a pas été poursuivi. Les abords des rivières ont alors considérablement évolués. Dans bien des cas les chemins de halage ou de bords de rivière ont été envahis par la végétation et les accès au cours d’eau sont devenus difficiles. Dans la vallée de Garonne, les peupleraies ont été plantées en lieu et place des prairies inondables, refermant ainsi le paysage au bord du fleuve. En bord de Garonne des projets d’infrastructures et de lutte contre les inondations ont également contribué à couper le lien entre certaines villes et le fleuve (Agen, Port-Sainte-Marie).

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Evolution des bords de Garonne à Agen, début du XXe et 2014
La voie sur berge et la digue forment une coupure aujourd’hui entre la ville et le fleuve

Le renouveau de la rivière, pôle de loisirs

Le potentiel touristique et de loisir des voies d’eau émerge à partir des années 1970. Dès cette époque le tourisme fluvial se développe énormément sur le canal latéral à la Garonne, les bateaux amenant les visiteurs à la rencontre d’un cadre naturel et historique exceptionnel. En 2007 la création de la voie verte le long du canal de Garonne, longue de 87 Km, a contribué à renforcer le rôle du canal comme artère touristique et de loisir.
Au début des années 90, le Conseil général de Lot-et-Garonne se lance dans la remise en navigation de la Baïse, du Lot et de leur liaison par la Garonne. Un tronçon de 78 km est ouvert d’Aiguillon (confluence du Lot avec la Garonne) à l’aval de Saint Vite.
Le renouveau de la navigation de loisir n’a pour l’instant eu que peu d’impact sur la reconquête des berges et sur le regard porté sur la rivière. Sans doute est-ce là le prochain défi à relever.
En 2012 la Communauté d’agglomération d’Agen lance un vaste programme d’aménagement et de valorisation d’espaces de nature et de loisirs en lien avec Garonne, au travers du projet de Parc naturel urbain fluvial Agen Garonne (PNUFAG), dont le premier acte est la création du Parc communautaire Passeligne-Pélissier, d’une superficie de 60 hectares, composé autour de deux plans d’eau.