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La régression des prairies et la fermeture des pentes

Le recul de l’élevage et des prairies

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Beauville, évolution des prairies et des bois entre 1950 et 2012
Le recul des prairies est très marqué sur les pentes qui se sont enfrichées et boisées, formant maintenant un cordon forestier continu entre le plateau et la vallée.

La régression des prairies dans les paysages lot-et-garonnais correspond à une conjonction de plusieurs facteurs. D’une part on assiste à une diminution régulière de l’élevage (bovin lait et viande, ovins) dans le département au profit des cultures, tendance que l’on observe de façon générale en France.
D’autre part l’évolution des systèmes d’élevage tend de plus en plus à remplacer la pâture et le foin issu des prés par des stabulations et des cultures fourragères. L’irrigation permet d’assurer l’approvisionnement fourrager sans à coup : en élevage laitier, 50 à 70 % de la ration alimentaire est ainsi basée sur le maïs ensilage.

Le maïs remplace la prairie

Le recul des prairies permanentes et des surfaces consacrées à l’élevage est continu depuis plusieurs années. Depuis les années 2000 les surfaces perdues en prairies permanentes ont été remplacées par des prairies temporaires et des surfaces fourragères. Prairies et surfaces fourragères occupent ainsi un quart de la SAU départementale en 2013.

Evolution des surfaces consacrées à l’élevage en Lot-et-Garonne
1980   2000   2005   2009   2013
Surface toujours en herbe en ha   78 000   30 300   27 000   26 200    22 200
Fourrages annuels et prairies temporaires en ha   55 000   33 600   39 000   38 300   43 100
Total des surfaces consacrées à l’élevage en ha   133 000   63 900   66 000   64 500   65 300

(Sources : Etat des lieux de l’agriculture de Lot-et-Garonne 2010-2011, Atlas et géographie du midi atlantique, INSEE)

La diminution des haies

La diminution des prairies et surtout de la pâture s’accompagne d’une régression des haies, ce qui a pour effet d’ouvrir le paysage des vallons.

Le boisement des pentes et la fermeture des vues

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Beauville, évolution des versants entre le début du XXe siècle et 2014
L’enfrichement des pentes masque aujourd’hui les murs d’enceinte du village, seuls les toits émergent au dessus des arbres ce qui amoindrit considérablement la lisibilité de l’implantation du village sur son éperon dominant la vallée de la Petite Séoune.

L’élevage, relégué aux sols moins improductifs, est en nette réduction. Il s’ensuit une déprise agricole sur les terrains les plus pauvres ou les moins accessibles, avec l’apparition de friches et de secteurs boisés, voire l’implantation de quelques résineux. Les boisements tendent ainsi à regagner de nombreux versants autrefois pâturés par de jeunes bovins ou par des troupeaux de moutons ou des chèvres.
Ce phénomène ne pose pas forcément de problèmes en termes de paysage. Toutefois dans certains cas, le boisement des versants a entrainé une fermeture des vues particulièrement dommageable. C’est notamment le cas sur les pentes qui environnent les nombreux villages perchés du département.

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Tournon-d’Agenais, évolution des versants entre 1970 et 2014
Le boisement des versant est net. Ce phénomène, que l’on peut observer sur la plupart des villages perchés du Lot-et-Garonne, contribue à couper les vues sur ces villages et amoindrit la perception de ces sites urbains potentiellement spectaculaires.
Sources : Lot et Garonne Richesse de la France 1971 et vue aérienne 2015