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Les mots de la géographie

Alios

Concrétions ferrugineuses dans les sols des Landes de Gascogne, formés par lessivage, c’est-à-dire entraînement et concentration des minéraux en profondeur par les eaux d’infiltration, et contribuant à l’imperméabilité des sols. (Source : Roger Brunet, France, Le trésor des régions)

Alluvion

Formation sédimentaire issue du dépôt de matériaux sur une longue distance par des cours d’eau. Typiquement, l’observation d’alluvions en coupe verticale montre un tri des matériaux selon leur taille, les éléments les plus grossiers étant situés en-dessous. C’est également le transport par alluvionnement qui arrondit les éléments grossiers et les transforme en galets. L’alluvionnement peut également se traduire par le dépôt de limons de recouvrement à l’occasion du débordement du lit des rivières lors de crues exceptionnelles.

Artigue

Essart, de même origine que ce mot (de art, qui brûle, comme ardent). (Source : Roger Brunet, France, Le trésor des régions. site web)

Bassin versant

Un bassin versant est une aire délimitée par des lignes de partage des eaux, à l’intérieur de laquelle toutes les eaux tombées alimentent un même exutoire.

Boulbène

Ces sols caractéristiques d’Aquitaine sont des limons faciles à travailler mais réputés instables car ils tendent à se compacter en masse, souvent asphyxiants pour les racines, souvent acides. Ils se forment sur le manteau de limons déposé par les crues des rivières et par le vent lors des dernières périodes glaciaires. Le substrat est plus ou moins sableux, qu’il s’agisse des collines de molasses, ou des terrasses des vallées. Ils sont assez légers, donc faciles à travailler, et ils ont attiré les celtes, puis les romains qui les ont mis en culture. Ils ont apprécié particulièrement les terrasses basses des vallées, souvent plus sableuses et plus faciles à travailler, et les boulbènes de bas de versant, plus profonds et plus fertiles : Garonne, Lot, Baïse, Gers.
Les boulbènes ne constituent pas de grandes plaines céréalières pour plusieurs raisons :
- Ils sont répartis en langues discontinues de quelques centaines de mètres de large, atteignant quelques kilomètres au plus, et courent sur les hauts et les bas de versants dans des paysages de collines. Ils ne forment pas des terroirs à perte de vue.
- Acides en surface, leurs rendements sont restés modérés faute de richesse minérale jusqu’à l’usage des engrais minéraux.
- Beaucoup d’entre eux sont restés en forêt ou en parcours jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Au sommet des plateaux de la rive gauche de la Garonne, le lessivage les fait évoluer vers des podzols acides. La terre de surface devient grise, sableuse, quasiment cendreuse.
Sur les terrasses des graves, la formation d’une couche ferrugineuse continue (grep) les rend hydromorphes, les faisant évoluer vers des planisols.
Le premier obstacle a souvent été levé à la fin du XIXe suite à du chaulage (apport massif de chaux, ou de marnes calciques), ce qui a permis d’y cultiver de la céréale, et surtout du maïs. Le second obstacle a été levé après-guerre par un drainage lourd. .

Brunisol

Anciennement sol brun. Sol fertile, souvent défriché en sol agricole, sinon bon sol forestier. Il est caractérisé par la formation d’un horizon (B) d’altération, coloré en brun par les oxydes de fer liés à l’argile. Ce type de sol est fréquemment rencontré dans la région sur des matériaux non calcaires (schistes, certains grès, …) ou préalablement décarbonatés, bénéficiant d’un climat tempéré (anciennement sol brun).

Calcisol

Anciennement sol brun calcique. Sol peu ou pas calcaire dans les couches supérieures, classique sur terreforts. Le calcium Ca2+ et le magnésium Mg2+ encore très abondants, déterminent les caractéristiques chimiques.

Calcosol

Anciennement sol brun calcaire. Sol assez superficiel calcaire, sur dalles calcaires, communément appelé « petite terre à cailloux » sur dalle calcaire. Il est effervescent à l’acide car le calcium Ca2+ fixe les propriétés chimiques.

Colluvion

Dépôt de bas de pente, relativement fin, formé d’éléments arrachés aux versants et ayant subi un faible transport (à la différence des alluvions). De ce fait les matériaux des colluvions sont beaucoup plus anguleux que ceux des alluvions, ils sont très proches en composition des matériaux qui leur ont donné naissance et ils ne bénéficient pas d’un tri granulométrique (éléments grossiers et éléments fins sont mélangés dans toute l’épaisseur d’une coupe). Enfin ils occupent souvent des positions caractéristiques dans le paysage : milieux ou bas de pentes. Le colluvionnement est le nom du processus générant les colluvions.

Dénatalité

« Je citerai seulement cette rareté de bras qui se consacrent au travail de la terre. L’ambition cupide porte les jeunes époux à n’avoir qu’un enfant, c’est la règle dans nos campagnes ; on signalerait à la vindicte publique le ménage où il y en aurait deux. Il faudrait alors un partage, et on veut l’éviter à tout prix ; il faut créer un droit d’hérédité unique, dès qu’on ne pourrait transmettre autrement le domaine qu’on aurait arrondi à grands frais. » M. Termes-Du Broca, notaire à Aiguillon, enquête agricole départementale de 1866.
Bertillon publie dans une étude datée de 1911 les renseignements suivants qu ’il a recueillis au cours d’une enquête en Lot-et-Garonne : « Une seconde grossesse passe pour une honte ; l’homme qui a des enfants est méprisé, même par les femmes ; les beaux-parents se fâchent et viennent accabler leur gendre de reproches. »
Arsène Dumont, dans une étude sur la dépopulation dans le canton de Sainte-Livrade publiée en 1895, écrit : « C’est devenu presque un dicton de dire quand on annonce la naissance d’un troisième enfant : un troisième, il ne vivra pas ! » (source : citations par Pierre Deffontaines, Les Hommes et leurs travaux dans les pays de la Moyenne-Garonne (Agenais, Bas-Quercy), 1932)

Etiage

Abaissement exceptionnel du débit d’un cours d’eau. Le terme de « basses eaux » désigne un abaissement plus normal et plus fréquent.

Garluche

Concrétion ferrugineuse extraite de l’alios, servant jadis aux forges et à la construction. (Source : Roger Brunet, France, Le trésor des régions)

Grave

Cailloutis fluvial des terrasses de la Garonne en Bordelais, et par extension vignoble de qualité sur ces cailloutis. (Source : Roger Brunet, France, Le trésor des régions)

Grep

Horizon d’accumulation formant un ciment ferro-manganique enrobant les couches caillouteuses. Carapace très dure à la pioche et impénétrable aux racines située sous le sol de certains boulbènes sur grave, dans des secteurs hydromorphes : moyenne terrasse mal drainée, ou basse terrasse au contact de la nappe. Fait de galets de quartz, quartzites, cimentés par un enduit ferrugineux noir à ocre, le grep apparait surtout dans les régions plus proches des Pyrénées, au-delà de Toulouse, où la teneur en fer est plus importante.

Grès

Roche sédimentaire détritique constituée essentiellement de sable quartzeux aggloméré au fil du temps par un ciment. Dans les molasses plus encore qu’ailleurs, le sable originel est souvent mêlé à des calcaires (coquilles), des argiles, ce qui modifie le ciment de la roche, mais aussi les sols qu’elle génère. On parle de grès argileux, calcaires, ferrugineux ou siliceux.

Luvisol

Anciennement sol lessivé. Sol bien différencié dans sa morphologie par la migration d’argile et de fer au détriment des horizons supérieurs vers les horizons inférieurs. Le profil typique comprend un horizon E appauvri en argile et un horizon BT de 1.4 à 2.0 fois plus argileux, souvent luisant.

Marne

Roche sédimentaire meuble et plastique, constituée de calcaires argileux. Les marnes sont moins compactes que les calcaires et moins plastiques que les argiles. Elles happent à la langue et sont effervescentes à HCl.

Molasse

Formation sédimentaire détritique épaisse constituée de d’une succession de dépôts. La molasse en tant que matériau désigne surtout un grès tendre à ciment calcaire. La molasse en tant que série désigne une succession de matériau hétérogène. Les molasses d’Aquitaine se sont généralement déposées dans un delta côtier au Burdigalien (Miocène). La séquence type est un premier dépôt épais dans un paysage de lits de rivières charriant des matériaux détritiques et grossiers : conglomérats, graviers, sables, grès. Le dépôt est ensuite celui d’un littoral, avec des matériaux progressivement de plus en plus fins : marnes, limons sableux. Viennent enfin des dépôts au fond de lacs, lagunes, marais, solidifiés par précipitation chimique : plaques de calcaire, « molasses » de sables cimentés de calcaire.
L’érosion sculpte dans ces épaisses molasses des collines aux formes assez douces où alternent, sans logique évidente, des sols contrastés. Les vallons tracent une première entaille dans les plaques calcaires, puis ils en découpent les rebords en dentelle. Une couche de sable et d’argile subsistent souvent sur ces plateaux, faute d’avoir été déblayée ; les sols ne sont donc pas des argilocalcaires classiques. Là où des limons ont été récemment déposés -par le vent entre deux glaciations, ou par une rivière lors d’une crue- la terre légère : ce sont des boulbènes. Là où le sol repose directement sur une argile, une marne, la terre est lourde : ce sont les terreforts.
Certaines ruptures de pente, plus marquées, correspondent à l’affleurement d’un banc de roche dure portant des sols superficiels : sols de podzols, voire de ranker sur un affleurement de grès, sols de rendzine sur une table de calcaire dur.

Palus

Plaque d’argile déposée par les crues, mêlée à des limons et des sables.

Peyrusquet, ou perruche

Nom local d’un sol superficiel calcaire à cailloux situé sur un affleurement de dalle calcaire, de la famille des rendosols.

Pignada

Forêt de pins (Landes). Le terme est normalement masculin. (Source : Roger Brunet, France, Le trésor des régions)

Podzol

Le podzosol ou podzol est un type de sol lessivé qui se forme sous les climats froids et humides sur substrat au pH très acide. Il est très peu fertile pour l’agriculture.
Ce sont des sols caractérisés par un horizon A0 épais de type mor, un horizon A2, cendreux, décoloré et sans structure, et un horizon B dit spodique composé d’une accumulation de matières organiques (acides fulviques, principalement) et d’oxydes de fer, appauvri en aluminium, plutôt siliceux.

Planosol

Sol comportant un plancher imperméable sous la surface, et restant donc asphyxiant tout l’hiver. Ces sols sont fréquents dans les landes où l’alios forme une dalle imperméable, mais le phénomène est également courant sur certains boulbènes dont l’horizon d’accumulation d’argile retient une nappe d’eau sans écoulement, générant un horizon de gley toxique pour les racines.

Pruneau d’Agen

La prune d’ente aurait été introduite d’Orient à l’époque des Croisades et fut multipliée d’abord dans les vergers du monastère bénédictin de Clairac (Lot-et-Garonne). Ce sont probablement les moines qui, les premiers, ont pratiqué le séchage de la prune. Cette variété était appelée autrefois prune d’Agen ou prune datte. L’appellation « d’ente » semble avoir été donnée pour la première fois en 1846, car à cette époque, on remarqua qu’il était préférable de « l’enter » (ce qui veut dire greffer en vieux français). »
Des preuves demeurent de sa culture au XVe siècle. Le Dr Tarry, de la Société d’agriculture d’Agen, a publié en 1821 un article justifiant l’utilisation du terme « pruneaux d’Agen » pour cette production. En effet, l’épicentre de la production se trouve 30 à 40 km plus au nord, vers Sainte-Livrade-sur-Lot et Villeneuve-sur-Lot, mais c’est bien du port d’Agen que partaient autrefois les embarcations vers Bordeaux puis le reste du monde.
Le pruneau était un aliment favori des marins au XVIIe et XVIIIe siècles et des colons au XIXe siècle, grâce à son aptitude à conserver ses qualités de fruit au cours de longs transports, assurance contre le scorbut. La culture du prunier d’ente a été installée au XIXe siècle dans le Nouveau Monde.
Cette culture, à partir de plants importés de la région d’Agen, a connu un grand succès en Californie, mais aussi en Afrique du Sud, en Australie, en Argentine et au Chili, pays devenus concurrents du pruneau d’Agen sur les marchés internationaux. (Source Wikipédia)

Ranker

En pédologie, un ranker est un type de sol peu épais sur sous-sol siliceux. L’humus et la litière reposent directement sur la roche-mère. Un ranker est le résultat de l’action de la végétation pionnière sur la roche. Le terme « ranker » d’origine germanique, fait allusion à la discontinuité qui existe souvent entre l’horizon humifère superficiel, très foncé, et la roche-mère dure sous-jacente : dans certains cas, la couche humifère, feutrée par les racines, peut facilement se séparer du substrat et s’enrouler comme un tapis. Sur sol calcaire, on parle de rendzine. (Source Wikipédia)

Ribière

Les grandes vallées n’ont guère réussi à conquérir un véritable nom de pays. Aucune ne possède d’expression équivalente au mot ((Val de Loire ». Pour les désigner, on emploie le plus ordinairement le mot de plaine ou ribière qu’on oppose au mot coste qui veut dire coteau. On distingue la « haute plaine » ou « haufure », c’est-à-dire les terrasses, et la « basse plaine » ou bassure qui désigne la partie inondable. Les gens qui habitent cette zone se dénomment quelquefois les ribiérencs ». (source : La Moyenne Garonne, Pierre Deffontaines)

Ripisylve

(Du latin ripa, « rive » et silva, « forêt ») Formation végétale composée d’arbres et d’arbustes installée sur les rives d’un cours d’eau.

Rouget

Sol argileux rouge, dominant par ex sur les terrasses hautes de la Garonne.

Serre

Longue colline escarpée, couronnée en Moyenne-Garonne par une corniche de calcaire résistant. (Source : Roger Brunet, France, Le trésor des régions)

Terrefort

Le terrefort est le nom donné en Gascogne aux sols argilo-calcaires lourds mais fertiles. Ils sont profonds et riches en argiles, ce qui confère des sols plastiques et adhésifs lorsqu’ils sont humides. Ils nécessitent une grande puissance de traction. Sur le plan hydrique, la présence d’argiles permet une bonne rétention en eau. Chimiquement, c’est un sol non calcaire dans la masse mais saturé en calcium. (source Wikipedia)
L’unité paysagère des « Collines de Guyenne », encadrée des vallées de la Garonne, du Lot et du Dropt est parfois appelée « Terreforts ». Il s’agit d’un vaste plateau au relief peu prononcé, rythmé par le moutonnement de douces collines molassiques et sillonné par un réseau hydrographique dense. (source CAUE 47)